EFFETS DES COMMUNES
résister à l'empire; des juristes qui, dans les assemblées, pourront lutter contre les chefs de la féodalité; des docteurs pour occuper les chaires , des clercs qui parviendront aux évêchés et même au trône pontifical.
Les magistrats civils, appelés scabins en allemand, parce que leur office principal était de juger, portaient autrefois le nom de consuls; on qualifiait encore de consuls les chefs des corporations et des compagnies mercantiles, dont l'intluence sur l'institution des communes fut plus grande qu'on ne le croit généralement. Les villes, à mesure qu'elles s'affranchissaient, confiaient les pouvoirs à ces magistrats , qui passèrent alors des attributions juridiques aux fonctions administratives, des particulières aux publiques. L'évéque de Luni était en guerre avec le marquis de Malaspina, qui fit la paix, en 1 1 24, par l'intermédiaire des consuls deLucques (l). Ils étaient deux ou plus. Pérouse, qui, dit-on, faisait déjà la guerre à Chiusi en 101 2, à Cortone en 1049, à Foligno en 1080 et 1090, à Assise en 1094, était gouvernée par dix consuls en 1130, lorsque les hommes de l'île Palvese firent leur soumission sur la place Saint-Laurent (2). Bergameen avait dix ; Milan, six ou sept pour chacun des trois ordres, capitaines, vavasseurs et citoyens (3). Ailleurs, probablement, on les choisis-
(i)Momim. hist. patrias, Chart. ii, 204.
(2) Bartoli, S^. di Perugia, toinei, p. 216.
(3) Cum très ordines, id est capitaneonim, valvassorum et plebis esse noscantur, ad reprimendam superbinm, non de uno, sed de singiilis consules eliguniur (Otto Frisi.ng., m, 13 ). Mosè, le poêle bergamasque, dit :
Tradita cura viris sanctis est hœc tluodenis Qui populum justis urbis moderantur habenis ; Hi sanctas leges scrutantes nocte dieque Dispensant œquo cunctis moderamine quœque. Annuus bic honorest, quia men» liumnna tumore Tollitur assiduocum sublimatur lionore.
Muratovi, dans la préface à ce poëme, croit que les consuls ne commencèrent à Bergame qu'en 1184; mais déjà, en 1100, on trouve le nom du consul Ripaido dei Capitani di Scalve. D'autres figurent aussi dans une charte de 1117. En 1 1 14, un procès fut jugé par quinze consuls de Ciiine ; mais il ne s'agit que de consuls des plaids, ce que sont encore ceux qu'on nonmic dans un document de Giulini de 1117. Lupi( ii, 945), nous en fournit un autre plus important, puisqu'il donne le nom de tous les consuls : Nomina quorum consniinn sunf , Arialdus vesconfe, Arinldtis Grasso , Lanfrancus Ferrarius, Lanfrancus de Corfe, Arnnldus de Rode, Arnaldus de Sexto Azofonte, Mainfredus de Selara, Alhericfis de la Ttirre, Anselmus avocatus; capitanei islhis civitatis. Joaniies Mainerii , Ardcricns de Pâlazzo, Gtiazzo Arrestaguida, Malastrena, Otlo de Fenebiago, Ugo Cri-