‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 304 sur 365 · TITRES · texte numérisé non relu

TITRES

du métier ; les troisièmes, des surnoms, et les autres, de la localité ou du genre de culture, comme les Démonte, Dell'era, Dellavalle, Delprato, Delpero, Dellavernaccia. Enfin, par un choix bizarre, on prit des noms qui formaient consonnance ou contraste avec cognom; d'où Castruccio Castracani, Spinello Spinelli, Nero Neri, Buontraverso de Maltraversi, etc.

Les Latins employaient le tu^ et disaient simplement: César salue Mécène. Auguste refusa obstinément le titre de dotninus, et s'irrita quand on voulut l'offrir à ses neveux. Ses successeurs néanmoins ne tardèrent pas à l'accepter, et, jusque sur les médailles, on le trouve substitué à celui de divus; alors commença l'irruption des titres pompeux de nohilissinms , felicissinms, piissimus. Après la conversion des donatistes d'Afrique, un concile qualifia Constant de religiosissimus ; puis le sénat, dans les acclamations, prodîaua aux empereurs les qualifications laudatives. Alors on cessa de parler directement à leur personne, pour s'adresser à leur clémence, à leur grandeur, à leur éternité. Dans l'organisation du Bas-Empire, nous avons vu la hiérarchie des charges distinguée par les titres de illustris, illustrissimus, excelsus, clarus.

L'ancienne simplicité reparut avec les barbares, mais le vous remplaça Xetu. Le titre de domnus, particulier aux évéques, aux abbés et aux rois, devint commun à tous les moines. Plus tard les laïques mêmes s'approprièrent ce mot, réduit à la syllabe don. Chacun ambitionnait le nom de j;to:gyXmi. signifiait homme dejettres par opposition à celui de laïque ou d'illéjtré(l): indice d'un temps où tonte la science était renfermée dans le sanctuaire.

Dans le quatorzième siècle, on qualifiait un prince de l'Eglise de monseigneur., le chevalier ou le gentilhomme de messire, et sa femme de madame ; on donnait le titre de maître à l'avocat, au magistrat ou bien à quiconque était connu par son savoir, comme le font encore les Anglais. Dans les ambassades du seizième siècle, nous voyons les républiques et les princes tutoyer encore les envoyés. « S'il ne s'agit pas d'une personne de

(1) Orderic Vital^ ch. 3, dit : Rodolplms, qii'mltis frater, clericiis cognominatus est, quia peritia litterarum, aliariimque reriim apprime imbutus est. Le secrétaire s'appelait aussi clericits, d'où l'épitaphe de Guillaume Ambiense (ap. Moreri) : Clericzis angeUci fuit hic régis. Le mot clerc est resté aux Français pour désigner le scribe. Une chronique milanaise ( Rer. Ital. Script., m, 60 ) dit qu'Etienne Vimercato/iî<«/ in sxculo valde honorabilis clericus, etc., etc.

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