‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 310 sur 365 · GUERRE DE CÔME · texte numérisé non relu

GUERRE DE CÔME

porain (i), qui gémit d'avoir à publier la douleur plutôt que la joie d'un peuple florissant depuis plusieurs siècles. Les Comasques avaient élu canouiquement Guido des Grimolbi de Cavallasca; d'un autre côté, Landolphe de Carcano , destiné à ce siège par Henri V, reçut l'ordination du patriarche d'Aquilée, partisan de cet empereur. L'intrus cherchait à se maintenir malgré le peuple ; après s'être fortifié dans le château de Saint-George, près de Maliaso, sur le lac de Lugauo, il dissipait en privilèges et donations le patrimoine de la mense épiscopale. Résolus à faire disparaître le schisme et les dévastations, les consuls comasques, Adam del Pero et Gaudenzio de Fontanella, avec les vassaux de Guido, assaillent Landolphç, le font prisonnier et le livrent à son rival.

Othon, illustre capitaine de Milan, avait péri dans la mêlée ; Gjordano de Clivio, archevêque de cette ville, au lieu de conseiller la paix et le pardon, expose dans la basilique de Saiut- Ambroise les vêtements ensanglantés, et fait comparaître les veuves des morts, lesquelles demandent vengeance à grands cris; l'église est fermée, et l'archevêque déclare que les sacrements seront suspendus jusqu'à ce que le sang versé soit vengé.

Dans ces assemblées tumultueuses, dont la passion était l'unique conseillère et où les cris l'emportaient sur la raisou, la guerre fut décrétée. Les Milanais, après avoir envoyé un héraut pour dénoncer les hostilités, assaillirent Côme, et commencèrent une guerre comparée au siège de Troie pour la durée, mais qui lui ressemble bien mieux par la coalition des forces lombardes contre upe seule cité.

Les guerres d'alors n'avaient pas une issue prompte et décisive, comme les expéditions dirigées par une volonté unique et forte. Une commune avait-elle reçu une offense, la cloche sonnait plusieurs jours afin que leshorames en état de combattre se munissent d'armes; mais ces hommes, occupés jusqu'alors de leurs champs et de leurs métiers, sans aucupe expérience militaire, avec des armes et des costumes divers, ne songeaient qu'à vaincre et à faireà l'ennemj le plus de mal possible. Dans une saison favorable, on ftiisait sortir le carrocçio, à la suite et autoui* duquel les bourgeois armés s'avançaient sur le territoire ennemi, ravageant les campagnes, renversant les habitations , enlevant les troupeaux

(1) Quesque mets ocuHs vldi, potius reserabo. Anonyme de Côme, dans les Réf. IL Script., v.

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