CONQUÊTES DE ROGER DE SICILE
l'exemple extraordinaire d'interdire la capitale du monde chrétien jusqu'à ce qu'Arnauld fût expulsé. Le peuple, effrayé, d'autant plus que la solennité de Pâques approchait, chassa le réformateur, qui se réfugia auprès d'un comte de la Campanie.
Roger, qui ne caressait les pontifes que lorsqu'ils pouvaient lui être utiles, ue tarda point à rompre avec eux ; il dévasta leurs domaines et pilla Mont-Cassin. La guerre contre les Barbaresques d'Afrique fut plus glorieuse ; il assaillit Tripoli, asile de corsaires, Bone, Tunis, et transporta comme esclaves les femmes en Sicile. Les empereurs d'Orient, qui ne voyaient dans les Normands que des usurpateurs de leurs possessions, ne cessaient de les molester ; Roger envoya donc une flotte vers l'Epire, prit Corfou, Céphalonie, Corinthe, Négrepont, Athènes, d'où il enleva, outre d'immenses richesses, une foule d'individus pour repeupler la Sicile, mais surtout des ouvriers en soie. L'empereur byzantin , beau-frère de Conrad III, l'exhortait à descendre en Italie pour réprimer l'orgueilleux Normand ; mais Roger eut l'audace de se présenter devant Constantinople , et de lancer des fusées incendiaires contre le palais impérial. Néanmoins il perdit Corfou, et sa flotte fut battue par celle de Venise et de Gênes.
Conrad se disposait à venir en Italie pour se faire couronner
*^32. et combattre Roger, lorsqu'il mourut à Bamberg, empoisonné,
dit-on, par des médecins de la fameuse école de Salerne, qui
s'étaient réfugiés auprès de lui sous prétexte d'échapper à la
tyrannie de Roger.