‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 44 sur 365 · MISSION AVEC LES VAINQUEURS · texte numérisé non relu

MISSION AVEC LES VAINQUEURS

bards ; les Lombards seuls intervenaient dans la sanction des lois , et ces lois, faites uniquement pour eux, prouvent que les vainqueurs et les vaincus ne furent jamais confondus. Bien plus, alin de prévenir le mélange, la loi défendait le mariage entre les deux races. Cette interdiction frappait, non-seulement les vaincus, avilissement que la loi repoussait, mais encore les Romains des pays non subjugués ; c'est à ces derniers que je rapporte le statut d'après lequel , si un Romain épouse une Lombarde, celle-ci perd ses droits, et ses enfants restent soumis à la loi paternelle 11], c'est-à-dire ne jouissent pas des privilèges de la nation dominatrice.

La vie sociale, pourtant, n'était pas subordonnée à des règles entièrement exclusives, et n'appartenait à aucun système absolu. Quelques faits indiquent comment la fusion pouvait s'opérer. Les Lombards avaient coutume d'enrôler les esclaves dans leurs armées (2), leur ouvrant ainsi, quelle que fût leur origine, le chemin du courage et, par suite, des grades militaires, bien qu'ils ne pussent atteindre aux plus élevés. S'il était vrai que l'esclave émancipé suivait la loi de celui qui l'avait affranchi, ce privilège aurait offert aux vaincus un nouveau moyen pour entrer dans la société des vainqueurs ; mais le texte sur lequel s'appuie cette conjecture n'autorise pas une telle interprétation (3).

Quelques affranchis obtenaient des terres à titre de tenanciers libres , ou se livraient à une industrie non servile, ce qui formait un tiers état. Les ecclésiastiques, qui jouissaient des privilèges romains pour ce qui tenait au sacerdoce, étaient assimilés aux Lombards pour le droit civil, bien que nés Romains ; en outre, ils avaient droit au wehrgeld et pouvaient soutenir la vérité avec le glaive. Le Lombard lui-même finit par s'attacher au champ que le sort lui avait donné ; il accorda aux aidions qui dépendaient de sou

(1) Si romamis fiomo mttlierem longobardùm (ulerit, et mundium ex ea fecerit... romana ef/ecta est ;filii qui de eo matrimonio nascuntur, xecundum legcm patris, romani siut. ( LtiiPK. 74.)

('2) Lonrjoburdi, xU bellatoritmjwssintampliare numenim, plûtes a jiKjo ereptos od libertalis statum perducunt ,titque rata eoitim posstt hoberi libertax, snticiunt more sotito per sagittaui, iminutantes iiihilominus, ob rdjinnitatem, quxdam patria verba. (Pml Diacre, liv. i, c. 13.)

(3) Omnes liberi, qui a doininis suis longobardis liber tatem mêmerunt, legihus dominontm suorum et benef/ictonini vivere debeant, secundîiin quaslibet a suis dominis propriis concessuui/ucrit. (Rot. 259.) Tci le mot lex signilio « les conditions imposées par les maîtres à chaque esclave émancipé. »

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