‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 43 sur 365 · PRIVILÈGES DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

PRIVILÈGES DU CLERGÉ

la nationalité s'était donc réfugiée dans l'Église , et c'est là que nous la trouverons longtemps.

Lorsque Théodolinde eut assuré le triomphe du catholicisme, ce que les évêques avaient d'abord fait arbitralement fut reconnu légalement; ils continuèrent à prononcer sur les affaires de juridiction volontaire , sauf à porter devant le roi l'appel de leurs sentences. Néanmoins ils n'acquirent jamais le caractère public, et ne furent admis dans les assemblées qu'au temps de Charlemagne.

Les monastères se multiplièrent à cette époque, et plusieurs même obtinrent l'immunité comme les biens des évêques, c'està-dire une juridiction indépendante. Or, comme ils avaient sous leur dépendance beaucoup d'individus , colons ou autres , pour lesquels ils étaient tenus de fournir la vadia ou garantie, et de payer en cas de délits, ils acquéraient sur eux le muncl , tutelle lombarde qui s'introduisait ainsi dans la législation ecclésiastique. Quelques-uns offraient \sl vadia aux villes, d'autres au roi lui-même, et ces derniers étaient les plus considérés; aussi leur abbé le cédait à peine en dignité aux juges et aux gastalds. Le roi lui-même exemptait parfois un monastère de la juridiction des ordinaires ; d'autres étaient affranchis de tout impôt, et c'est ainsi qu'ils formaient de petites républiques indépendantes.

Nous sommes donc loin de penser, à l'exemple de quelques auteurs, que les Lombards et les Romains s'étaient fondus en un seul peuple jouissant de droits politiques égaux. Quel motif aurait pu déterminer les Lombards, maîtres du pays, à renoncer à leurs privilèges? L'Italie était pour eux une proie, non une patrie. Leur domination, toute militaire, se maintint, mais ne se consolida point ; ils restèrent deux siècles sur le sol italien, comme les Turcs sont restés dans la Grèce, et les Hongrois dans la Pannonie, foulant aux pieds la tourbe servile.

Les successeurs d'Alboin s'intitulèrent toujours rois des Lora-

citc ennemie, puisqu'elle obéissait à l'empereur. » Annales, an 641. Autant vaudrait trouver un témoignage de la moilératiou du Grand Turc ou du Soli de la Perse dans le l'ait que nous avons parmi nous les évoques de Corinthe ot d'Édesse.

Cet écrivain , d'ailleurs , parle trop souvent des Lombards avec admiration. Mais que dire des Allemands , ces panégyristes emph;itiques des Lombards, et surtout de Léo , qui les appelle anges libérateurs {befreyende Engel)?

Jamais aucuneépoque historique n'a été décrite avec plus de lieux communs; Machiavel ,Giannone et tant d'autres, éblouis par quelques apjtarences, n'ont que des éloges à donner aux Lombards. On a déjà vu s'ils les méritent.

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