‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 59 sur 365 · LES PAPES · texte numérisé non relu

LES PAPES

de sang. Âmmien Marcellin disait à cette occasiou (i) • * Lors- « que je considère le faste mondain qui couvre la dignité pon- « tificale, je ne m'étonne pas que l'on ait recours à tous les « moyens pour l'obtenir. Aussitôt qu'ils l'ont acquise^ ils sont « certains d'être enrichis par les offrandes des matrones dévo- « tes, d'aller par les rues de Rome en carrosse et magnifique- « ment vêtus, de faire des banquets qui n'aient rien à envier à « la somptuosité des rois ou des empereurs. Ils seraient plus « heureux si, au lieu d'excuser ces excès par la grandeur et la « magnificence de Rome, ils réformaient leur manière de vivre « sur le modèle de quelques évêques de province; ces dignes « prélats, par leur sage frugalité, par leur pauvre costume, par « leurs regards inclinés vers la terre, rendent vénérables , de- « vant Dieu comme devant ses véritables adorateurs, la pureté « de leurs mœurs et la modestie de leur conduite. »

Damase eut pour ami et secrétaire saint Jérôme; outre quelques ouvrages eu prose , il fit des vers, des épitaphes de martyrs, où l'on désirerait plus de sentiment et moins d'art. L'in-

^ci. vasion d'Alaric offrit à Innocent l'occasion d'exercer sa charité et d'interposer sa médiation pacifique entre la faiblesse et la férocité; Léon, digne du titre de Grand par son savoir et ses actions, tint la même conduite avec Attila. Il nous reste de ce pape quatre-vingt-seize sermons^ d'une éloquence pleine de sentiment toutes les fois qu'elle n'est point gâtée par les antithèses, et cent-soixante-treize lettres^ qui attestent un zèle infatigable pour la pureté de la doctrine et la paix de l'Église.

461. Hilaire, son successeur, établit deux bibliothèques dans le

baptistère de Latran ; il joua un rôle actif dans le concile de Chal-

/^j.^ cédoine, mais ne sut pas échapper aux embûches des novateurs. Simplicius eut à faire de grands efforts pour maintenir l'unité de l'Église ; car, après la chute de l'Empire d'Occident, Acace , patriarche de Constantinople , prétendait à la suprématie , comme inhérente au siège impérial.

L'élection du pape, dans l'origine, était faite par un sénat ecclésiastique de vingt-quatre prêtres et diacres , à l'imitation des vingt-quatre vieillards qui entourent le trône de Dieu. Après Sylvestre, comme la cour pontificale avait reçu des biens temporels, le peuple et le clergé concoururent à la nomination. Puis, lorsque la richesse fit ambitionner ce poste, les empereurs intervinrentdans

(1) Lib. xxvn, cli. 3.

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