SUPRÉMATIE DES PAPES
siaire pour traiter de leurs affaires; mais, comme les empereurs étaient éloignés , les exarques , faibles et mal vus du peuple , la dépendance diminuait chaque jour davantage; puis, la conquête ayant interrompu les relations avec l'exarque de Ravenne , le pape, qui se trouvait à la tête des corps municipaux conservés intacts à Rome, éludait l'autorité du duc siégeant dans cette ville , correspondait directement avec Coustantinople , et devenait une espèce de souverain.
381. Pelage II écrivait à Auuacaire, évêque d'Auxerre, de ne rien
négliger pour détourner le roi des Francs de faire amitié avec les Lombards , race perverse , ennemie des Romains , sur laquelle la vengeance de Dieu ne tarderait pas à tomber, vengeance qu'il était bon d'écarter de sa propre tête. Il envoya même à la cour de Ryzance un diacre chargé d'implorer les secours de l'empereur : « Représentez-lui que les perfides Lombards, contre la « foi jurée, nous ont fait souffrir tant de maux qu'il serait trop » long de les énumérer. Si Dieu n'inspire pas à l'empereur d'en- « voyer au moins un maître de la milice et un duc , nous sommes « dénués de toute assistance , surtout le territoire de Rome , qui « est dégarni de troupes. L'exarque nous écrit qu'il ne peut nous « secourir, attendu qu'il suffit à peine à la défense des environs « de Ravenne. Dieu veuille que l'empereur nous vienne en aide « avant que cette abominable nation se soit emparée de tout ce « qui reste à l'empire (i). »
590. Les Italiens considéraient donc le pontife comme le représen-
tant , non-seulement de la véritable foi , mais de la nationalité ; cette opinion domina bien davantage , lorsque la chaire de saint Pierre fut occupée par Grégoire le Grand, qui sentait l'importance de ce haut rang , dont il déploya toute la dignité. Issu de l'ancienne et très-riche famille Anicia, il dirigea, dans sa jeunesse, vers l'étude des sciences , une vive intelligence et une capacité extraordinaire. Justin II le nomma préfet de Rome, l'une des plus hautes fonctions de l'empire ; mais , dégoûté du monde , et suivant l'exemple de ses parents, il se retira dans le couvent de Saint-André , qu'il avait fondé dans sa propre demeure, ainsi que six autres en Sicile. Après avoir retrempé sa vigueur dans la retraite, il obtint du pape la permission d'aller porter en Bretagne la lumière de la foi ; mais le peuple de Rome , toutes les
(1) Labbë, Concil. toine v, p. 959 ; Epist. du 4 octobre 584. ap. Jean Le
DiACllE, I, 31.
UHÉGOIRE LE GRAND. 91
fois qu'il voyait passer le pontife , lui criait : « Vous avez offeosé saint Pierre, vous avez détruit Rome en laissant partir Grégoire ! » et Benoit le rappela. Envoyé comme ambassadeur à Coustantinople pour implorer des secours , il acquit dans cette cour l'estime et la bienveillance , au point que l'empereur Maurice voulut qu'il tînt son fils sur les fonts baptismaux.
Pelage mourut , et Grégoire apprit avec effroi que les suffrages s'étaient réunis pour le nommer son successeur; il fallut le chercher durant trois jours , pour le découvrir dans la retraite où il était allé se cacher parmi les corbeilles de quelques merciers. 11 écrivit même à l'empereur Maurice pour le conjurer, au nom de leur amitié , de ne pas confirmer son élection ; du reste, il regretta toujours sa tranquillité première : « Je ne saurais retenir mes « larmes ( écrivait-il à Léandre de Séville), quand je reporte ma « pensée vers cet heureux port d'où j'ai été arraché. Mon cœur « gémit au seul souvenir de cette terre ferme à laquelle il ne " m'est plus possible d'aborder. »
Grégoire , en effet , pouvait être effrayé. Le pontife se trouvait responsable, par son éminente position, de tout ce qui arrivait à Rome, et pourtant il n'était pas libre d'agir; le duc, le préfet impérial, le sénat, les décurions, inhabiles à gouverner, entravaient tout. Autour de la papauté, des peuples idolâtres ou païens ; au-dessus, des empereurs qui se mêlaient de théologie et semaient le trouble par leurs controverses ou leurs prétentions ; parmi le clergé des pays nouvellement convertis, la simonie et le dérèglement (i); aux portes de Rome, les Lombards menaçants; l'Italie déchirée par un long schisme à propos des Trois Chapitres, et, pour combler la mesure, les ravages d'une peste horrible.
Pour gouverner « un bâtiment vieux, entr'ouvert et battu « parla tempête », comme il appelait Rome, Grégoire employa les prières et un caractère indomptable. D'un bout du monde à l'autre, il étendit sa sollicitude pour répandre la vérité où elle n'était pas connue, pour combattre l'erreur et soutenir la mo-
(l)Un canon (lu second concile de Vaison, de l'anné 52», rapportée parle père Thomassin ( Disciplina de Benejiciis, part, ii, cli. 88, u. 10) rend à l'Ilalic cet important témoignage ; Omncs j^resbyteri qui sunt in parochiis constitua, secundum consuetudiuein, quam per totavi Italiiim satis salubriter teneri cognoviinus, juniores lectures secum in domo letineunt, et eos qicomodo boni patres spiritualiter nulrienles, psalmos parure, diiinis lectionibus insistere, et in lege Dominï erudire contendant^ut sibi dignos sticcessores provideant.
raie. Ferme autant qu'indulgent envers les hérétiques , il écrivait à l'évêque de Naples d'accueillir quiconque voudrait rentrer dans le sein de l'Eglise : « Je prends sur moi tous les désagré- « ments qui peuvent résulter d'une fausse réconciliation; vme « sévérité excessive serait nuisible au salut de leurs âmes. » Il défendait à ceux de Terracine, de Cagliari, d'Arles, de Marseille, d'user de violence envers les Juifs, « afin que la source où l'on « renaît à la vie divine ne devînt pas pour eux l'occasion d'une « seconde mort , que l'apostasie rendrait plus funeste que la pre- « mière ; qu'on leur rende, ajoutait-il , leur synagogue , et n'em- « ployez avec eux que la douceur et la charité (1). «
Il réunit un concile à Rome pour remédier au schisme d'Aquilée, ce qu'il put faire du moins en partie ; pour convertir l'Angleterre,
gye il envoya quarante missionnaires italiens, conduits par l'abbé Augustin, qui fut le premier archevêque de Gantorbéry. L'Irlande , à son tour , fournissait des moines à la Péninsule, qui lui dut surtout le célèbre Colomban ; après avoir parcouru la Gaule et la Suisse, ce religieux s'établit à Milan, et le roi Agilulf lui fit donation de Saint-Pierre de Bobbio avec un territoire d'une étendue de quatre milles ; c'est là que le saint fonda son fameux monastère^ d'où sortirent des moines qui bâtirent d'autres cou-
612. vents dans la Ligurie et ailleurs. Grégoire envoya de nouveaux missionnaires aux Barbariciens , idolâtres de la Sardaigne , et dans des pays lointains.
Ce pape, tout en maintenant l'éclat de son siège , employait ses riches revenus à faire des aumônes, a fonder des écoles et des hôpitaux, à fournir des secours aux diocèses éloignés , à exercer l'hospitalité. Chaquejour, il faisait convierpar son chapelain douze étrangers , et la gratitude populaire raconta que le Christ en personne vint une fois s'asseoir à sa table. Quant à lui , modeste dans ses habitudes, économe pour sa table, exact dans la pratique des règles monastiques , il ne recherchait point ses aises , ne faisait aucun cas des honneurs ou des avantages du monde , et ne songeait qu'à son propre devoir.
Grégoire énumère lui-même dans ses lettres les soins nombreux, extérieurs et séculiers, dont le pape avait à s'occuper (2). Il ac-
(1) Epist. H, 35.
(2) Hoc in loco, quisqu'is pastor dicitur, curis exterioribus graviter occupadir, ila ut sxpe incertum sit titrum jmstoris officium, an terrent proceris agat. (Epist. i, 25).
complit même des actes qui paraissent tenir de la souveraineté temporelle : il envoie un gouverneur à Népi, en commandant au peuple de lui obéir comme au pontife suprême; un tribun à Naples pour veiller à la défense de cette grande ville. Il recommande à l'évêque de Terraciue de ne laisser personne se soustraire à l'obligation de monter la garde sur les murailles. Puis, des soins du monde, il descendait aux moindres détails de l'admiiiïstration patrimoniale, afin que ceux qui travaillaient sur les terres de l'Église ne fussent pas vexés. Comme les races de chevaux qu'on élevait sur les terres de Sicile étaient trop dispendieuses , il voulait qu'on les vendit, pour ne conserver que quatre cents étalons. Il écrivait à Pierre , économe des biens de Sicile : « Vous « m'avez envoyé un mauvais cheval et cinq bons ânes ; je ne « puis monter le premier, parce qu'il est mauvais ; ni les autres, « parce que ce sont des ânes. » Et ailleurs : « J'apprends que « l'on paye le grain aux paysans à un prix inférieur dans les « temps d'abondance ; ne le faites pas, mais qu'il leur soit payé « au prix courant, et sans déduction de ce qui périt par naufrage. « Les fermiers, non plus , ne doivent rien payer ni faire de cor- « véesau delà de ce qui est convenu, ni donner le blé à pi us grande « mesure ; et, pour que personne après ma mort ne les surchage, « donnez-leur un tarif par écrit qui détermine le prix. Je sais « que plusieurs ont dû, pour acquitter le premier terme , em- « prunter à une usure excessive ; vous leur fournirez donc ces « capitaux des deniers de l'Église, et les recouvrerez peu à peu , « de manière qu'ils ne soient pas forcés de vendre leurs denrées « à bas prix. Nous ne voulons en aucune façon que les coffres « de l'Église soient souillés par un gain sordide (l). »
Il parlait aux évêques et aux rois avec la dignité douce mais ferme d'un chef universel. Il défendit contre les vexations impériales la liberté de l'Église, en mettant autant de hardiesse dans les faits que d'humilité dans les paroles. Dans une lettre à l'empereur Phocas , il disait : « Les empereurs gentils sont seigneurs « d'esclaves , et les empereurs chrétiens , d'hommes libres : « telle est la différence qui existe entre eux. » Il s'efforçait de maintenir en bonne harmonie l'empereur grec et les Lombards; mais il exhortait les Siciliens à détourner par des prières hebdo-
(1) Lib. n, Epist. 11 et 31 : — Quia comperimus muUoa se muronim vigiliis excusare, sit fraternilas vestra sollicita ut nullum usque, per nostrum vel Ecclesix nonien, aul quolibet aiio modo, defendi vigiliis patiatur, sed omnes generaliter compellantur. (E\»ii\. i, ^2.)
vu GRÉGOIRE LE GRAND.
madaires une invasion dont les menaçaient les Lombards , « et, pour savoir combien ils sont à craindre, vous n'avez, leur disait-il, qu'à jeter les yeux sur la désolation de l'Italie (1). » Lorsque le roi Agilulf vint assiéger Rome, il lui opposa une résistance énergique.
Grégoire défendit d'exiger un salaire pour la sépulture, afin de ne pas mêler des idées de lucre aux solennités de la mort. Il ordonne à Venance, évêque de Gènes , de ne pas souffrir que des cbrétiens restent au service des juifs ; seulement les colons doivent à leurs maîtres une juste indemnité. Quelques restes du paganisme se conservaient encore à Terracine, où les habitants immolaient aux idoles, rendaient un culte à certains arbres et sacrifiaient des têtes d'animaux. Grégoire en fit des reproches à l'évêque de cette ville, comme il écrivit à l'impératrice Constantine pour se plaindre que les magistrats grecs de Sardaigne permissent l'idolâtrie moyennant rétribution. Cette impératrice lui ayant demandé quelques reliques, il lui répondit qu'en Occident on regardait comme un sacrilège de porter la main sur les corps des saints , et qu'il s'étonnait que les Grecs eussent une opinion différente; qu'on ne donnait que des morceaux des chaînes de saint Pierre ou du gril de saint Laurent , ou bien des linges qui , renfermés dans une boite, avaient touché le corps du saint. Il ajoutait que son prédécesseur, ayant voulu changer quelque ornement d'argent sur le corps de saint Pierre , avait été épouvanté par une vision terrible, bien qu'il se trouvât à quinze pieds de distance, et que plusieurs chapelains et moines qui avaient vu celui de saint-Laurent, étaient morts au bout de dix jours.
A l'occasion de la peste qui sévissait alors , il établit la procession que l'on fait encore le jour de Saint-Marc , sous le nom de Grandes Litanies; c'est le premier qui signa les brefs avec le jour et le mois comme on le fait aujourd'hui. L'Eglise, avant lui , n'avait pu introduire dans la liturgie cette unité qui est son caractère ; Grégoire tenta de le faire au moyen du Sacramentaire, qui, avec son Antlphonaire et le Béné dictionnaire ^ constitue le missel romain.
Dans le concile romain, il décida que les habitudes graves des diacres et des prêtres répugnaient à la vaine étude de la musique ; qu'il ne convenait pas aux fonctions spirituelles, pour lesquelles il faut un maintien majestueux, que la dignité de l'âme se perdit au milieu des passages et des roulades , et que l'on usât dans le
{\) Epiât. X, 51, XI, 51,
chant la voix destinée à prêcher la parole divine, à fortifier les âmes dans la pratique des vertus chrétiennes. En conséquence , il désigna des sous- diacres et des clercs inférieurs pour chanter les psaumes et les sujets sacrés avec un ton grave , sérieux et posé; dans ce but, il institua des écoles, qu'il dirigeait en personne, et qui duraient encore trois cents ans après sa mort.
Grégoire, s' étant aperçu que, des quinze tons de la musique, les huit derniers ne sont que la répétition des sept premiers, comprit que sept signes suffiraient pour tous les tons, à la condition d'être répétés haut et bas , selon l'étendue du chant , des voix et des instruments (1). Cette mélodie majestueuse, dans laquelle nous ont été conservés de précieux restes de l'ancienne musique des Grecs, accrut la splendeur du culte divin; mais les motifs simples et grandioses se perdirent dans la suite pour faire place aux compositions profanes de nos jours, où des airs de guerre et de théâtre viennent distraire la dévotion.
Ce pontife , au milieu de tant d'occupations , trouva du temps pour écrire un grand nombre de lettres, qui, non moins que ses vertus, lui valurent le surnom de Grand. Ces lettres, dont la plupart sontrelatives à la discipline, prouvent quel soin infatigable il apportait au gouvernement de l'Église , ainsi que sa connais-
(1) D'après le peu que nous savons, il semble qu'autrefois le chant ecclésiastique subit des mélanges arbitraires. La simplicité naissait nécessairement (le la disette des moyens ; mais quelques-uns tenaient du mode hébraïque , d'autre de l'ionique, d'antres en(in d'un genre mixte. Saint Ambroisc voulut réformer ce chant , en partant de la mélopée grecque. Le système musical des Gi ecs avait pour base les tétraconlcs et les modes qui en dérivaient. Ambroise, voyant que beaucoup de mélodies sacrées étaient, sinon des mélodies grecques transportées , au moins des motifs composés sur les modes musicaux <le ce peuple, et qui ne dépassaient pas les limites d'ime octave, résolut de substituer au système tétracorde des Grecs le système plus simple et plus facile de l'octave, en empruntant aux Grecs les quatre modes primordiaux qui devinrent la base du chant ecclésiastique. Voici comment il établit ces modes :
dorique
ré.
mi.
fa.
sol.
la.
si.
do,
ré
phrygien
mi,
fa.
sol,
la,
si.
do.
ré.
mi
lydien
fa.
sol,
la.
si,
do.
ré,
mi.
fa
mysolydien
sol,
la,
si.
do.
ré.
mi.
fa,
sol
De là est sorti un chant rhytbmiquc cadencé , plus en rapport avec la musifpie grecque que le chant grégori n , qui, procédant généralement par notes de valeur égale , est monotone et sans cadences.
On ignore quelles notes servaient au chant grégorien ; mais il est question de lettres de l'alphabet, de clefs , de lignes en Itaut él en bas.
sance profonde des choses divines et humaines. Il commenta -lob et Ézéchiei , fit des homélies sur les Évangiles , et adressa la Itèqle pastorale à Jean, archevêque de Ravenue ; dans cette règle, il traite, en quatre parties, des voies par lesquelles on entre dans le saint ministère , des devoirs qu'il impose , de la manière d'instruire les peuples , des moyens de se sanctifier soi-même , tout en s'occupant de la sanctification des autres, afin de ne pas perdre, par un excès de confiance dans son propre mérite , le prix des efforts que l'on a faits. L'empereur Maurice en voulut une copie, et l'envoya à Anastase , patriarche d'Antioche, pour qu'il la fit traduire en grec et répandre dans les églises d'Orient. Le roi Alfred en fit une version saxonne pour les évêques d'Angleterre. Les églises de France et d'Espagne la proposèrent pour modèle aux évêques , enfin Charlemagne et ses successeurs ne cessent de la recommander dans leurs capitulaires.
Dans ses dialogues , il raconte beaucoup et trop même d'histoires merveilleuses de saints italiens , afin de prouver les vérités fondamentales au moyen de révélations faites par des morts ressuscites. Le saint, que ses œuvres sont loin de nous montrer comme un ignorant , et qui cite chaque fois son auteur, suivit le goût de son siècle et se mit à la portée de ceux qu'il voulait convertir. Cet ouvrage fit grand bruit ; envoyé à Théodolinde, il contribua beaucoup à la conversion des Lombards , sur qui tombaient plusieurs des miracles racontés. Il fut même traduit en arabe , et il plut tant aux Grecs qu'ils lui donnèrent le surnom ditDialogos.
Il composa des hymnes (l), ouvrit des écoles, et se fit peindre dans le monastère de Saint-André à Rome ; dans les copies de ce portrait qui se répandirent, on représentait habituellement, audessus de sa tête, le Saint-Esprit sous formede colombe : nouvelle preuve que la peinture était en usage à cette époque.
Et cependant des écrivains l'ont surnommé l'Attila de la littérature, parce que, disent-ils, il ordonna l'incendie de la bibliothèque Palatine , et détruisit les monuments de la grandeur romaine, afin que l'admiration qu'ils inspiraient ne détournât point de vénérer les choses saintes. Quoi! était-il souverain de Rome pour avoir droit d'agir ainsi ! Il est vrai, cependant, qu'il
(1) Les hymnes de saint Grégoire sont : Primo dierum omnium, Aocle surgentes vigilemus omnes ; Eccejam noctis tenuantis umbne ; Clarum decusjejunii : Audi, bénigne Conditor; Mngno salutis gmidio; Rex Chrisle factor omnium.; Jam Ciirtstns astro ascenderat.
montra de l'aversion pour les auteurs anciens, qui , remarquables par la forme , étaient dangereux par l'attrait du beau , dans un temps où il n'avait pas encore fini de lutter avec le vrai. Dans le premier de ses dialogues, il dit qu'il n'a point conservé les mots propres des interlocuteurs, parce que leur grossièreté les aurait déparés ; et pourtant il écrit ailleurs : « Je ne fuis pas « la collision du mytacisme , je n'évite pas la confusion du « barbarisme, je néglige de conserver aux propositions leur place « et leurs modes , estimant indigne que les paroles du céleste « oracle soient astreintes à se conformer aux règles de Donat ( i ). » Ainsi on trouve dans ses ouvrages des taches qui proviennent des erreurs du temps et des siennes propres ; il a peu de critique, une érudition inexacte, des locutions vicieuses. Son style est diffus, obscur, embrouillé ; il se répète souvent , s'épuise à tout dire de chaque sujet qu'il traite, et manifeste un penchant excessif pour l'allégorie.