X EXARCHAT DE RAVENNE
712 LuiTPRANn , règne 32 ans.
744 HiLDEPRAND, SOU nevcu, associé au trône en736; détrôné par le penpie. 744 Rachis, duc du Frioul, abdique en 749, et se retire à Mont-Cassin. 749 AàTOLFHE, son frère, meurt à la chasse.
756 Didier, duc d'istrie; peut-être il s'associe son fds, 758. Dépossédé par Ciiarlemagne, 774.
L'Italie était partagée entre trois dominateurs : les Grecs, représentants d'un passé évanoui sans retour ; les Lombards , expression de la force brutale , et destinés à périr, mais après un long règne et en laissant leur nom à la plus belle partie de la Péninsule; les papes, puissance d'avenir, surgissant à peine, mais qui devait jeter des racines durables au milieu des ruines de ses deux rivales.
Les anciennes formes de l'empire se conservaient dans la partie soumise aux Grecs. L'exarque, siégeant à Ravenne, administrait directement la Pentapole, c'est-à-dire les territoires d'Aucône, de Rimini , de Pesaro, de Fano et de Sinigaglia; elle était bornée au nord par la Marrecchia , à l'occident par le Tibre , au midi par le Musone, au levant par l'Adriatique. Venait ensuite l'exarchat, qui comprenait le littoral de la Véuétie avec Oderzo, Trévise, Padoue, et le pays borné au nord par le bas Adige , à Toccideut par le Scultenna ( Panaro ) et les Apennins, au midi par la Marecebia, au levant par l'Adriatique; là se trouvaient les villes de Ravenne, Bologne, Faënza , Forlimpoli, Ferrare, Adria, Comacchio, Forli, Césène, Robbio, Cervia. L'exarque, outre cette administration directe , avait sous ses ordres les ducs qui gouvernaient Rome et les pays méridionaux (1). Ces duchés se composaient de quelques villes de la Lucanie ou Basilicate, de l'ancienne Galabre, aujourd'hui Terre d'Otrante, du Brutium ou Calabre Ultérieure. Plus tard, les Lombards perdirent la Terre de Bari et la Capitanate , où se trouvaient Otrante, Gallipoli, Rossano, Reggio, Gerace, Sainte-Séverine, Crotone ; dans la Campanie, on leur enleva le territoire maritime compris entre Gaëte et Naples.
De Gaëte, qui s'élève entre les monts Cécube et Massico , les
(1) Le nom A' Exarchat a une double signification; dans le sens le plus étendu, il embrasse toutes les provinces soumises à l'empire, et nommément la Vénétie, partie des côtes ligurimmes, l'Emilie, la IHauiinie, le Pici'num et le duché de Kome; dans le sens restreint, il indique la partie orientale de l'Emilie et la Flaminie , c'est-à-dire la Homaj^ne d'aujourd'hui, il est distinct de la l'entapoleet du duché de Rome, qui comprenait une partie de l'Étrurie , avec la Sabine , la Campanie et partie de l'Ombrie.
Grecs pouvaîfeut défeodie !es plaii«?s du Gaiigliaivô fet les embouchures de ritri et du Fondi. Sorreuto, qui sépare les golfes de Naples et de Salerne dépendait de Naples; cette ville put Se soutenir, bien que la principauté de Bénévent s'étendît jusqu'à Salerne, et que les Grecs eussent perdu beaucoup de places situées à l'est jusqu'à Goseuza, et toutes celles qui se trouvaient dans l'intérieur. Les institutions municipales se conservaient dans les possessions grecques , et la valeur militaire se réveillait pour résister aux Lombards. L'illyrie était aussi une province grecque; un patrice grec administrait la Sicile, et les iles des lagunes vénitiennes reconnaissaient, au moins de nom, la suprématie impériale.
Quelques villes, comme Venise, s'étaient affranchies de toute dépendance; d'autres, continuellement menacées, étaient de temps à autre envahies par les Lombards. Lorsque ce peuple était engagé dans des guerres civiles ou étrangères, les exarques l'attaquaient pour ressaisir quelques lambeaux du territoire limitrophe; mais bientôt ils étaient resserrés dans leurs étroites limites, sans jamais jouir de la paix, réduits à renouveler chaque année dés trêves, à les acheter parfoiis au prix d'un tribut de trois cents livres d'or. L'argent , afin d'acquitter ce tribut ou d'entretenir les armées, était l'unique mobile des exarques ; sans distinguer amis d'ennemiS;, ils couraient à Rome pour dépouiller les églises et les monastères, ou pillaient le sanctuaire de Saint- Michel sur le mont Gargano , qui domine Siponte , en face des iles Trémiti. L'archange Michel, au temps du pape Gélase, apparut , dit-on, sur cette montagne ; les Grecs , dès lors, lui témoignèrent une grande dévotion et lui bâtirent plusieurs églises. Ils furent imités par les Lombards , qui allaient en pèlerinage au mont Morgan, et avaient le saint pour patron , comme saint Jean-Baptiste était celui des Lombards de la haute Italie.
Ravenne, assise au milieu des marais et facilement secourue par les flottes grecques , se soutint toujours contre les barbares. Sa situation même lui offrait de grands avantages pour empêcher les progrès des Lombards dans la basse Italie , puisqu'elle pouvait y débarquer des troupes et les prendre par derrière ; les villes grecques de la Campanie n'avaient donc à redouter que les attaques de Bénévent.
Ravenne , affectant de jouer le rôle de capitale de toute l'Italie, refusait de se soumettre à Rome , même pour les choses spirituelles. A l'intérieur, elle était régie par les institutions munici-