‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 68 sur 365 · LES PAPES ET LES EMPEREURS GRECS · texte numérisé non relu

LES PAPES ET LES EMPEREURS GRECS

623. Honorius eut le bonheur de voir Aquilée et l'Istrie réunies à

l'Église universelle, dont elles avaient été séparées par la question des Trois Chapitres ; mais la subtilité des Grecs le lit tomber dans l'erreur des monothélite^ , qu'il répudia, du reste , aussitôt qu'il s'en aperçut. A sa mort,, les officiers grecs voulurent saccager le palais ; arrêtés dans leuv tentative, ils décidèrent l'empereur à s'emparer du trésor qui s'y trouvait déposé. Ce fut alors que l'exarque Isaac songea à payer ses troupes avec les richesses de la ba^Uque de Latran. Le cartulaire Maurice, d'accord avec lui, répondit à la soldatesque qui demaftdait la paye, toujours refusée, que l'empereur l'avait envoyée à Séverin ; mais ce pape, 9JQuta-t-il , au lieu de distribuer l'argent, l'avait déposé avec ses autres richesses, trésor stérile, tandts qu'i^ pouvait servir à défendre lacUé: U n'eu fallait pas tant pour entraîner les soldats au palais ; mais les parents de Séverin défendirent le trésor , et ce ne fut que trois jours après que Maurice put entrer dans le palais et tout mettre sous les scellés. Il en prévint alors l'exarque , qui se rendit à Rome et relégua les ecclésiastiques dont il avait à craindre l'opposition ; puis il envahit le trésor, qu'il pilla durant huit jours, et dont il envoya une partie à Constantinople (l). Maurice, peu de temps après , se révolta contre l'exarque ; mais Isaac expédia des troupes qui le yainquirent, le prirent et le tuèrent. Ses complices attendaient dans les fers un sort pareil , lorsque la mortd'Isaaç les sauva.

Constant II, pour arrêter les querelles théologiques qui se renouvelaient, publia le Tijpe ou formule de foi ; mais les catholiques le rejetèrent comme çutaçhé d'erreur et violemment imposé. Constant poursuivit les récalcitrants, et donna l'ordre à l'exarque Olyntxpius de prendre vivant ou mort le pape Martin , qui avait condamné cette formule. Olyrapius, reculant devant une violeujce ouverte, feignit de vouloir communier de sa main , et aposta un assassin pour le frapper dans ce moment solennel ; mais le meurtrier déclara que, sur le point de com,metlrç le crime , il n'avait plus aperçu le pontife- On cria au miracle, et Olympius, confessant sa faute, en implora le pardon.

Théodore Calliopes, son successeur^ se moqua de ses scrupules ; s'étant rendu à Rome, à la tête de l'armée , il fouilla le palais pontifical, afin de s'assurer s'il était vrai qu'il y eût un dépôt d'armes , et, bien qu'il n'en trouvât point, il emmena durant la nuit le pape

(l) Anastasb BiBL., Vita Severtm.

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