‹ Histoire des Italiens (volume 4)Chapitre 67 sur 365 · EXARCHAT DE RAVENNE · texte numérisé non relu

EXARCHAT DE RAVENNE

se soulevèrent sous la conduite de Georges , fils de Giovaniccio , et leur exemple fut suivi par Sarsina, Gervia, Césène, Forlimpoli, Forli, Faënza, Sinola, Bologne. Georges organisa ces villes militairement, et Ravenne elle-même eut différentes bannières , c'est-à-dire la première^ la seconde, la nouvelle , Yinvisible,\a. constantinopolitaine, la ferme, la joyeuse^ la milanaise, la véronaise, lac/asewse, etcellede l'archevéqueavec le clergé (l). Il parait que ces villes se soutini'cnt tant que l'empereur vécut; Philippicus, son successeur, rendit la liberté à l'archevêque Félix, qui fit acte de soumission au pape et probablement apaisa les habitants de Ravenne.

La domination grecque n'était donc ni plus intelligente ni plus tranquille que celle des Lombards; en outre, les empereurs, qui n'avaient pas encore renoncé à leurs prétentions héréditaires de supériorité sur l'Église , voulaient se mêler des discussions religieuses et des élections des pontifes. Nous avons dit comment Grégoire le Grand avait su obtenir auprès d'eux du respect pour sa personne et sa dignité ; mais la charité généreuse avec laquelle il avait distribué du blé ne fut point imitée par Sabinien , son successeur, et les pauvres, rassemblés en tumulte, lui criaient de 604. ne pas ôter la vie à ceux auxquels Grégoire l'avait conservée tant de fois. Sabinien, qui nourrissait de l'envie contre son prédécesseur, au point de vouloir détruire ses écrits (2), se montra au peuple en s'écriant ; « Taisez- vous 1 si Grégoire vous fit des dis- « tributions pour acheter vos éloges, je ne me soucie pas de vous « rassasier à ce prix. »

Il eut pour successeur Boniface III. Boniface IV obtint de l'empereur Phocas le Panthéon d'Agrippa , qu'il consacra à la vierge Marie et à tous les martyrs ; la fête de la Toussaint fut instituée à cette occasion.

(1) Agnelli, Vita Felicis, I. cit.

(2) Ainsi s'exprime Paul Diacre et d'autres après lui ; mais Oldoïno , dans ses notes sur Ciacconio, tome I, page 422 de l'édition de 1677, cite un passage tout différent , extrait du canonique romain dans la description de la basilique du Vatican : Sabinianus papa,sub cujus tempore fuit famés gravis, perfecta pace cum génie Longobardonrm, jussit aperiri horrea ecclesicC, et venundari frumentum populo per unum solidum triginta modios tritici; mïsericordiae enim visceribus, ultra quam dici possit , afjluebat, et qxiantum m se nullum a beneficio misericordix excludebat.

L'inculpation d'avoir voulu détruire les livres de son prédécesseur, attribuée à des envieux par des auteurs anciens , et à Sabinien par Mabillon , n'est pas même bien prouvée.

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