STATUTS DE SAVON AROLA
étaient sûrs de trouver un appui. Depuis ce moment, des germes de guerre , non moins funestes que la maladie i-épandue par U96 l'armée du petit roi, furent inoculés à l'Italie.
Ferdinand, après avoir débarrassé le royaume des Français, s'occupait de rétablir l'ordre, lorsqu'il mourut à vingt-neuf ans, avant de perdre l'amour de ses sujets; néanmoins, à son lit de mort, il commanda de décapiter l'évêque de Teano^ et, dans la crainte que ses ordres ne fussent pas exécutés , il voulut voir sa tête. Il eut pour successeur^, quatrième roi en trois ans, son oncle Frédéric II, qui, par Tindulgence et la modération, s'efforça d'assoupir les jalousies, les haines, et de gagner les Angevins.
A Florence , après l'expulsion des Médicis, la balia voulait mettre à la tête du gouvernement leurs cousins, issus de Laurent, frère de Cosme l'Ancien ; mais la démocratie réunissait le plus grand nombre de partisans, au nombre desquels brillait surtout Savonarola, qui n'avait cessé de prêcher contre les tyrans, et de menacer la ville du plus grand des fléaux, la domination étrangère. Son crédit personnel et celui des piagnoni ou frateschi fut accru par la réalisation des malheurs qu'il avait prédits. Des personnes de toute condition accoururent à Florence, et menaçaient d'exterminer les Médicis ; il fallait donc commencer par calmer les esprits, et le moine y parvint. Puis, jaloux d'associer la rehgion, la morale et la liberté, il introduisit un gouvernement populaire, mais sur le modèle de Venise, dont la constitution était admirée comme un chef-d'œuvre (1), sauf à limiter le pouvoir de la Seigneurie, pouvoir jusqu'alors absolu.
Dieu règne au ciel, le Christ dans Florence; les seigneurs sont
(1) « Je ne crois pas qu'il y ait de constitution meilleure que celle des Vénitiens; prenez-la donc pour modèle, mais en suppiimant quelques-unes des choses qui ne conviennent pas et n'ont aucun rapport avec nos besoins, comme le doge. » (Sermon sur Aggée, troisième dimanche de l'Avent, 1494.)
Son aversion pour le vote universel direct est attestée par la strophe qu'il avait fait écrire dans la salle du conseil; elle parut prophétique lorsque, au moyen de ce suffrage, les Médicis se firent nommer princes. La voici :
Se questo popolar consiglio e certo Goveino, popol, de la tua cittate Conservi, chc da Die t'fc stato offerte, In pace siarai sempre e in libertate.
Tiun dunquc l'occhio de la mente aperto, Clie moite insidic ognor ti fiau paiate ; E sappi che chi vuol far parlamento Vuol torti da le mani il reggimento.