‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 159 sur 352 · LA LOMBARDIE AU POUYOIR DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LA LOMBARDIE AU POUYOIR DES FRANÇAIS

Le More, conduit à Lyon en plein jour, au milieu de l'insultante curiosité du peuple, demanda vainement à voir son vainqueur impitoyable, qui le tint prisonnier à Loches les dix dernières années de sa vie. Là il put réfléchir sur les déplorables résultats de sa politique versatile; cependant il conserva une telle opinion de sa propre sagacité qu'il v(mlait encore donner des conseils et régler les destins du monde. Dans son testament, inspiré par une misérable politique, qui faisait consister toute la force dans Taffaiblissement des autres, il ne sait recommander d'autre expédient que la peur, peur des condottieri, peur des ministres, peur des savants, et conseille de ne pas s'entourer de personnes d'un rang trop élevé.

Les Milanais, après Taveu qu'ils s'étaient montrés déloyaux envers le roi et le maréchal, obtinrent leur pardon, et se trouvèrent sous la domination des Français. Trivulce, devenu lieutenant, « fit pendre deux Gascons à un chêne, au dehors de Porta Ticinese, pour un pain violemment enlevé; pour une poule volée, il fit pendre un Galicien; puis il fit étrangler un Français sur le pont Vetro, pour avoir dérobé un manteau à un Milanais; pareillement il lit pendre sur ce même pont monseigneur de Valgé, chevalier français, parce qu'il avait embrassé témérairement en public une jeune iille (Puato). » En un mot, il fit pendre ses soldats par douzaines. Néanmoins leurs excès, rapportés par de simples chroniqueurs, étaient si nombreux qu'on voudrait pouvoir les attribuer aux exagérations habituelles de la peur et des partis.

Les seigneurs gibelins souffraient avec impatience Trivulce , et, sous l'inspiration de Morone, son ennemi imjdacable, ils excitèrent le peuple,, qui, divisé par paroisses, signa sur des registres

do\ic aurait passé inaperçu parmi les Suisses si l'uu d'eux, nommé Anson, de lui bien connu, et qui avait l'ail marché avec le bailli de Dijon moyeimant 200 ducats, ne le lui avait montré avec le doigt. On peut le croire, car alors même les Comasques l'envoyèrent à Novare poiu- haranguer le comte de Ligny, et dans cette ville il put s'entretenir avec l'illustre prisonnier : Cœpi lacrymis duceni in mula iedentem salutare, qui me inlerrogavit de statu Mediolani, cui multa reinli, et lacrpnando recessit cum Gallis. Paul Jove, dans l'histoire de son temps, dit que le duc et les siens furent dénoncés par Rodolphe de Salis, surnommé le Long Grison, et par Gaspard Silen d'Uri, qui étaient à la solde du More. Ainsi parle Belcario {Cumni. ter. gall., m, 240). Mallet {Hist. suisse, part. Il, ch. 6) nomme un certain Turman d'Uri, qui lut condamné à mort dans sa patrie ; il se plaint que Voltaire ait écrit que les Suisses avaient terni leur gloire par soif de l'or, et vendu la foi doimée.

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