‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 158 sur 352 · RETOUR DE LUDOVIC ET SA CAPTURE · texte numérisé non relu

RETOUR DE LUDOVIC ET SA CAPTURE

la Suisse, arsenal commun. Après avoir recruté une grosse bande,

il repassa les Alpes et le lac de Côme, tandis que Trivulce, mau- 1500

dit et insulté de tous, se retirait en égorgeant.

A la vue d'un maréchal qui fuyait de sa ville, le peuple milanais devint audacieux, et se mit à saccager sa maison et celles des chefs guelfes ; ainsi Ludovic rentra applaudi, en février, dans cette Lombardie dont il s'éloignait exécré en septembre. Dirat-on que le peuple est léger? mais il désire être mieux, et croit ceux qui lui promettent de le soulager; quand il se voit trompé, il hait encore, non pas le nom changé, mais les institutions non améliorées. A qui la faute?

Le More se vit bientôt entouré des petits princes, auxquels il rendait les seigneuries confisquées par les Français, ou qui profitaient des circonstances pour recouvrer ou usurper des possessions. Mais le roi Louis ne s'endormait pas ; il envoyait des secours avec une grande promptitude, et, au nom de ses nouveaux traités, il obligea les Suisses à rappeler leurs compatriotes qui se trouvaient à la solde du duc. C'était briser le glaive dans les mains d'un combattant, et Ludovic se retira dans Novare ; mais les Suisses qui en formaient la garnison refusèrent de se battre pour lui, et, afin d'obéir à leur gouvernement, ils se disposèrent à retourner dans leur patrie. Tout ce qu'il put obtenir, à force de larmes, ce fut de pouvoir se glisser travesti dans leurs rangs, pour sortir avec eux; mais, signalé par un Suisse à ses ennemis, il fut pris avec trois frères Sanseverino. Le cardinal Ascagne, qui tenait le château de Milan, s'enfuit à Hivolta, auprès de Con- " «vrii. rad Lando, son ancien ami, qui le livra avec d'autres de sa maison et des nobles milanais (1).

(1) Des lellres de Jérôme Morone , secrétaire du duc, qui se trouvent dans les archives de Côme (Rovelli, m, 383), nous apprennent que Sforza, en voyant diminuer ses troupes , envoya Galéas Visconti auprès de la diète des Suisses, siégeant à Lucerne, pour l'engager, afin d'amener la paix, à rappeler les soldats de son pays, force principale des deux partis. En effet, la diète imposa un armistice, et l'ordre en fut envoyé aux deux armées par deux courriers différents ; mais Antoine Baissey, bailli de Dijon, ambassadeur de France, corrompit le courrier envoyé à l'armée française , de sorte qu'il allongea son voyage ; tandis que l'autre, sans perdre de temps, apporta l'ordre de suspendre les hostilités aux Suisses qui servaient Sforza. La bataille s'engage le U avril , et ces derniers baissent leurs lances; mais leurs compatriotes qui sont avecles Français, ne sachant lien de l'armistice, font usage de leurs armes, et c'est ainsi que Sforza est vaincu.

Quant à la capture du duc, le chroniqueur Muralto de Côme dit que Lu-

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