‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 24 sur 352 · REPRÉSENTATIONS · texte numérisé non relu

REPRÉSENTATIONS

raître Jason avec la toison d'or, Apollon berger, Diane chasseresse, Orphée chantre, Atalante avec le sanglier calédonien , Iris, Thésée, Vertumne , en un mot toutes les divinités de la mythologie, chacune offrant des dons selon sa nature : Hébé versait le nectar et l'ambroisie ; Apicius répandait des sauces sur les viandes; le Pô, FAdda et le Tessin versaient des eaux mellitiées; le Verbano et le Lario fournissaient des fruits en abondance. Après le banquet, il y eut un spectacle où figurèrent des personnages historiques et allégoriques : Sémiramis , Hélène , iMédée et Cléopâtre chantaient leurs prouesses honteuses; elles étaient mises en fuite par la t'oi conjugale, qui introduisait Lucrèce, Pénélope, Judith, Porcia, Sulpicie, pour célébrer la pudeur et la modestie. Enfin Silène, ivre, vint amuser les spectateurs par sa démarche vacillante et ses chutes (1). A Milan, Léonard de Vinci dirigea les fêtes , et fit une machine figurant le ciel avec toutes les planètes représentées par des divinités qui tournaient selon leurs lois; chacune portait un musicien qui chantait les louanges des époux.

En 1473, Éléonore d'Aragon passant à Rome avec un cortège de plus de quarante mille chevaux , le cardinal Pierre Riario donna des fêtes magnifiques; il offrit à ses hôtes trois salles d'une splendeur indicible, et quatorze chambres tapissées, une plus richement que l'autre, avec des couchettes de satin, de damas, d'étoffes d'or, des draps de linon d'une seule pièce et des fourrures; la place de Saint- Apôtre fut couverte de tentures. «11 serait trop long (s'écrie Gorio) de décrire la magnificence de cet illustre monseigneur saint Sixte; on l'aurait pris, non pour un religieux, mais pour le fils de César, premier empereur. Je m'y perds entièrement, et serais incapable, non pas de rapporter, mais même de me rappeler une minime partie de ce luxe. » Toutes les tables étaient servies en argent, et jamais aucun plat ne fut enlevé du buffet; les mets figuraient des animaux et des faits historiques. Des Florentins représentèrent Susanne « dans les scènes les plus vraies et avec un mérite incomparable; » puis, les jours suivants , saint Jean-Baptiste , saint Jacques, le Christ qui vide les limbes; enfin, avec plus d'appareil, le tribut que le monde entier apportait à Rome, spectacle où l'on vit défiler soixante-dix mules chargées, chacune avec un caparaçon de drap orné des armes respectives (1).

(1) Tkistani Calcui, Nupt'iœ Mediol. Diicum, vi.

(2) Dicrio d'iM EssuKA. (Rer. II. Scripl. ni, part. Il, p. IFiâ.)

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