‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 279 sur 352 · CENSURE DES ABUS ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

CENSURE DES ABUS ECCLÉSIASTIQUES

le monde, entré dans la voie du repentir, corrigera ce déplorable gouvernement du peuple du Christ.

Ces mêmes idées, dans le siècle précédent, avaient fait rêver à quelques âmes pieuses la venue d'un pape angélique. Du reste, dire que la cour romaine était corrompue, sa politique perverse, la daterie vénale, mépriser les excommunications, tourner les moines en ridicule, désapprouver le trafic des indulgences, attaquer les décrétales, étaient des faits habituels en Italie.

Lorsqu'un pouvoir n'est pas contesté, et qu'il conserve aux yeux de tous son caractère sacré, on peut le juger et pourtant le vénérer : il ne résulte aucun danger du blâme jeté sur les abus, non sur l'essence, surtout quand l'individu qui l'adresse et celui qui le reçoit n'y ajoutent pas, l'un l'idée d'une insulte, et l'autre l'idée d'une offense. Il en est tout autrement alors que , lirrétlexion ayant détruit le respect, on voit le discours se raftiner, le savoir se répandre, le doute érudit ou les railleries sur la religion s'introduire partout. Des hommes très-pieux et beaucoup d'évêques, dans leurs sermons et leurs pastorales, gémissaient, mais avec plus de modération, sur les abus ecclésiastiques, et réclamaient un prompt remède. Le cardinal Sadolet, catholique rigide, ne cesse, dans ses lettres, de rappeler cette nécessité (1). Jérôme Negro dit que ce prélat « a fornié le projet d'écrire un livre de Republica, et de censurer toutes les républiques de notre temps, surtout celle, non de l'Église, mais des prêtres. » Sans revenir à Savonarola, la première année du pontificat de Léon X, un certain frère Bonaventure prêchait à Rome (|u'il était le Sauveur du monde, élu par Dieu, dont l'Kglise aurait Sion pour capitale; plus de vingt mille personnes accoururent en lui baisant les pieds comme vicaire de Dieu. Il écrivit un livre « sur cette prostituée d'Église romaine, coupable d'apostasie, chassée et maudite par Dieu, » dans lequel il excommuniait le

(1) Jacobi Sadoleti cardinalis De christiana Ecclesia.

Ad Joliannem Salviatum cardinalcm, ... Majores nostri sapient'issimi liomines, o[j/imis illis temporihus (jitibiis ecc/esiaslica lùgebat disciplina, quœ ntiiic lola pœne nohis e manihiis elapsa est, taies cligebant et consacrabant sacerdoles, quos docirina vitaque cximios, fgregic et pusse et velle intelligerent, docere populum publiée, ttnbcre concione.s, pnecipcre plebibus quœ Jacieitda cuique esseiit... Solis tiim presbyteris et sacerdolibus Dci liœc concioiiuiidi et dicendi provincia in tempUs et sacris locis erat demandata , rctiquis omnibus de populo, etiam ex ea vila quant monasticam 'vocamus, qitain- ^^is doclis et prudentibus ab hoc omni munere penitits exclusis.

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