‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 288 sur 352 · DOCTRINES DE LUTHER · texte numérisé non relu

DOCTRINES DE LUTHER

rés parce que, semblables à Pilate, ils louvoient entre le Christ et Barabbas, déploraient ce schisme, mais jugeaient plus convenable de ne pas s'y opposer pour ne pas aigrir les esprits, pour ne pas enlever toute espérance de réconciliation, pour ne pas se compromettre. Quelques-uns répondirent au novateur par des arguments revêtus de ces formes syllogistiques dont on avait abusé dans les discussions et même dans les conciles précédents {\); mais Luther leur échappait à l'aide d'une plaisanterie, et par son audace exaltait les étudiants, qui lui prodiguaient les applaudissements et couvraient de huées ses contradicteurs. La force anomale est toujours admirée, et entraîne quiconque a besoin de mouvement, ainsi que l'homme qui trouve plus commode de penser par les autres que par lui-même. L'antipathie nationale contre tout ce qui était au delà des Alpes put s'exhaler dans une guerre d'un nouveau genre, et qui n'entraînait ni dépenses, ni dangers, ni dérangement dans les habitudes; les Allemands s'attachèrent donc au nouvel Arminius, et déclamèrent contre un esprit et des délicatesses auxquels ils ne pouvaient atteindre, et contre une culture raffinée dont ils se trouvaient si éloignés.

Luther avance toujours, et, tandis que Léon l'appelle encore à faire pénitence , il publie le traité de la Liberté chrétienne. Tout l'édifice sacerdotal reposait sur la croyance que les bonnes œuvres procurent le salut; Luther, pour le démolir, nie que l'homme puisse coopérer à son propre salut. Il est écrit dans l'Évangile : La foi seule sauve, -nous sommes corruption et péché ; nous ne pouvons rien comme tels.etnous n'avons que ce qui nous est donné par notre divin Sauveur ; il n'y a de mérite et de justice qu'en lui ; par conséquent, les bonnes œuvres de l'homme, qui n'est pas libre de sa volonté, sont inutiles et même nuisibles ; les pénitences, les sacrements, les suffrages pour les morts , les autres œuvres satisfactoires , sont également inutiles.

L'Église, au contraire, enseigne que la foi sans les œuvres est morte, doctrine qui se concilie mieux avec l'idée du mérite et du démérite personnel , de la rétribution divine, et avec cette lumière naturelle de la conscience qui éclaire tout homme venant

(1) Par exemple, au concile de Bàle, on posa cet argument : « Pour présider « à l'Kglise universelle, il faudrait que le pape présidât au chef et aux membres « de toutes les Eglises établies dans l'univers. Or le pape ne préside pas au « chef de l'Eglise romaine, parce qu'il ne peut présider à lui-même ; donc il « ne préside pas à toutes les Églises, qui font l'Église universelle, «

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