‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 290 sur 352 · BIBLE EN LANGUE VULGAIRE · texte numérisé non relu

BIBLE EN LANGUE VULGAIRE

de tout laïque, auquel il donne une Bible en lui disant : Interprète-la selon les ijispirations de Dieu.

Il fallait donc la traduire en langue vulgaire. Dès le premier siècle, on en fit des versions latines ; puis Ulfilas la traduisit pour les Goths, et d'autres pour différents peuples convertis; il n'est peut-être pas une langue qui n'en possédât des versions faites antérieurement à la réforme. Quant à l'Italie, Jean-Baptiste ïavelli de Fusignano en avait fait une sur les instances d'une sœur d'Eugène IV; une autre était due à Jacques de Voragine, évêque de Gênes; celle de Nicolas Malermi, religieux camaldule, fut imprimée à Venise en 1471 (1) et reproduite trente-trois fois; en 1486, on \m]^x\\x\2L Les quatre volumes des Evangiles, traduits en langue vulgaire par frère Guido , avec leurs expositions faites par frère Simon de Coscia. Jacques Passavanti , dans le Miroir de pénitence, se plaint que les traducteurs de la sainte Écriture « l'avilissent de plusieurs manières : les uns la mutilent avec leur parler tronqué, conmie les Français elles Provençaux; les autres lui enlèvent sa clarté avec leur langage obscur, comme les Tudesques , les Hongrois et les Anglais ; ceux-ci , comme les Lombards , la rendent âpre avec leur dialecte grossier et dur ; ceux-là , comme les Napolitains et les habitants du royaume, l'entremêlent de termes ambigus et douteux; quelques-uns, comme les Bomains, la revêtent de rouille avec leur accent rude ; il en est qui lui donnent une forme grossière avec

(1) In kalende agosto. In kalcnde octobrio. Il y en a une autre sans date, et qui peut-être est celle de Voragine. La bibliothèque Marciana vient d'obtenir en don un magnifique exemplaire de rédition de la Bible eu langue vulgaire faite à Venise (Jenson).

Fontanini a démontré que la version de la Bible de Voragine, qui vécut vers la moitié du xiil* siècle, n'existe pas ; mais on connaît une traduction de l'Apocaljpse, avec des explications continuelles, faite en grossier vénitien par frère Frédéric de Renoldo , qui vécut dans le quatorzième siècle ; elle fut imprimée à Venise en 1515 avec le titre : Apocalypsis J. C, lioc est revelatioiie faila a sancto Gioltanni Evaiigelisla cou nova cspositione in Ih/gua voi^are composta per el revereiido tlieologo et angelico spirito frate Federico Veneto ordinis prœdicatortim ; cum clilara dilucidatione a tutli soi passi. Même avant l'édition de Malermi, de 1477, Jérôme Squarzafico fit imprimer : Feiierabilis D. JSicolaus de Malermi sacra Bihlia ex lalino Italiœ reddidit , eos imitatus , qui uulgares antea versioiies, si surit Itoc nomine, et non potins confeccruni. Remarquons, eu passant, qu'Aide Manuce, dans sa lettre qui précède le psautier grec de \k9ô , promettait de publier la Bible entière en latin , en grec , en hébreu , et qu'il avait déjà préparé les caractères hébraïques , desquels on trouve un essai à la bibliothèque de la Sorbonue. (Voir Foscarimi, De.Ua Ittt. Veneziana, livre iv.

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