‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 291 sur 352 · BIBLE EN LANGUE VULGAIRE · texte numérisé non relu

BIBLE EN LANGUE VULGAIRE

leur idiome de la Maremme, de la campagne et des Alpes ; plusieurs , moins malencontreux , comme les Toscans, la gâtent et l'obscurcissent; les Florentins, surtout, avec des expressions affectées et hachées, avec leurs locutions florentines, la rendent ennuyeuse, d'autant plus qu'ils la troublent et l'embarrassent avec leur or, puis , naguère, jamais , cependant^ etc. »

On censurait donc la manière, mais sans condamner le fait. Léon X fit entreprendre à ses frais l'impression d'une nouvelle traduction latine de la Bible, par Santé Pagnini, de Lucques(l), lequel, après la mort de ce pontife, la publia à Lyon en 1527. Pantaleone Giustiniani, qui fut d'abord le frère Augustin de Gênes, puis évêque de Nebbio, en Corse, ayant résolu de la publier en latin, en grec, en hébreu, en arabe et en chaldéen, commença par le Psautier, dédié à Léon X, en 1516, en huit colonnes, une avec le texte hébreu , les autres avec six interprétations et les notes; mais, sur deux mille cinq cents exemplaires, à peine un quart trouva des acheteurs; le reste périt avec lui dans un naufrage, en 1536.

Mais la philologie avait reparu , et la critique , exercée par l'examen des auteurs profanes, s'appliquait aux textes sacrés ; dès lors chacun, dans l'orgueil d'une conquête nouvelle, voulut les interpréter à sa guise. L'illustre Allemand Reuchlin fit plusieurs corrections à laVulgate, et, s'il scandalisa les esprits

(1) Il fit le Thesnurus Ihigiiœ saiiclœ (1529). On doit s'élonner que, dans une époque où les moyens étaient si rares, on entreprit une œuvre dont personne aujourd'hui n'oserait se charger. Le premier chrétien qui professa l'hébreu en Italie fut, à ce qu'il semble, Félix de Prato, Israélite converti, qui, en 1516, publia la traduction latine des Psaumes, et se rendit à Rome en 1518, sur l'invitation de Léon X, A cette époque, l'hébreu était encore enseigné par Agathias Guidacerio de Catane , que François l" appela plus tard au collège des Trois- Langues, où il eut pour successeur Paul Paradisi de Canossa. A Fano, en 1514, un recueil de prières en arabe sortit de l'imprimerie fondée par Jules H (ScHMJR- HER, Bièl. arabica, p. 231-34). Pagnini commença à Venise l'édition originale du Coran (ib., p. 402). En 1513, on avait publié à Rome le Psautier en éthiopien (Le Lokg, édit. Masch., vol. 1, part. Il, p. 14G) ; puis, en 1548, le Nouveau Testament, par les soins de Mariano Victor de Rieli, qui , quatre ans plus tard, donna la première grammaire abyssinienne ( COLOMESII Ital. Oralorcs, ad iiomen). Teseo Ambroise , de la famille des comtes d'Albonese , enseigna à Rologne les langues chaldéenne , syriaque, arménienne, desquelles et de di\ autres il donna une introduction (Pavie, 1539) avec les caractères de quarante alphabets. Les travaux d'exégèse sacrée, à cette époque, sont si nombreux que M'Cree admire la Providence , laquelle faisait aiguiser par les catholiques les armes qui devaient les percer !

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