‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 302 sur 352 · iU janvier · texte numérisé non relu

iU janvier

18 mars.

22 mars.

patriotisme qui ne produit plus d'inspiration, mais des tourments ; ils espéraient dans l'insurrection, dans l'assassinat, dans l'Angleterre, surtout dans les Français, intéressés à nuire à Charles-Quint pour venger leur roi prisoimier ; mais la régente de France (les preuves abondent) recevait les projets et les espérances des Italiens, puis les transmettait à l'empereur pour le convaincre qu'il était menacé d'une conflagration générale, et le rendre ainsi plus facile à traiter. Mais Charles, toujours inflexible, exigea que le roi prisonnier consentît aux conditions qu'il lui avait imposées, c'est-à-dire qu'il renonçât à la Bourgogne, à ses droits sur la Flandre, l'Artois et le royaume de Naples; qu'il épousât Éléonore de Portugal, sœur de Charles; qu'il conférât au connétable de Bourbon ses fiefs confisqués et le duché de Milan, et livrât ses fils comme otage.

L'Italien Mercurino Gattinara, grand chancelier de Charles et le seul parmi ses agents qui montrât un caractère élevé, lui conseillait de tenir François l" toujours enfermé, ou de lui rendre la liberté sans conditions. Charles voyait bien qu'il ne pourrait obtenir tout ce qu'il demandait ; mais peut-être avait-il moins à cœur d'acquérir la Bourgogne que de déshonorer le héros de Marignan, le dernier paladin, en le faisant paraître lâche s'il observait le traité, et menteur s'il le violait. En effet, le roi chevaleresque crut qu'il lui était permis de tromper celui qui le violentait; à peine libre, il réunit à Cognac les grands, qui le dispensent de remplir des engagements qu'on lui a extorqués, d'autant plus qu'ils portent atteinte à l'intégrité du royaume, et votent 2 millions d'or pour renouveler la guerre.

Les deux rois s'accusent réciproquement de félonie et font des préparatifs de guerre. Gattinara rédige une consultation pour démontrer que François P"" possède les sept péchés capitaux, et que dès lors on doit le combattre. Le roi de France, encouragé par Clément VU et les Vénitiens , entre dans une sainte ligue, dont Henri VIII et le pape se déclaraient les protecteurs, et qui avait pour but de délivrer ses fils, d'assurer à Sforza le Milanais, au pape Naples, à l'Italie l'indépendance.

La jalousie excitée par l'insatiable cupidité des Autrichiens, le désordre des finances de Charles- Quint, et le désespoir qui poussait les Italiens à tout entreprendre, après avoir souffert pendant trente ans le honteux supplice infligé à une population désarmée par une soldatesque féroce et perverse, pouvaient faire

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