‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 50 sur 352 · ASSURANCES. ARGENT · texte numérisé non relu

ASSURANCES. ARGENT

res. Néanmoins, comme elles ne liaient que des personnes intéressées dans l'expédition, elles différaient beaucoup de ces spéculations à la fois hasardeuses et précises , où l'on calcule les vents, les avaries, les saisons, les éventualités politiques, guerre et piraterie, pour offrir la réparation de toutes les pertes, moyennant une légère contribution.

On a prétendu que Bruges les connut eni3J0; mais cette opinion n'est appuyée d'aucun document. Or, comme aucune loi maritime du Nord n'en parle, pas même la grande ordonnance hanséatique de 136-4, il est présumable qu'elles commencèrent parmi les Italiens, puisqu'elles sont mentionnées par les statuts de Pise de 1 161(1). En 1300, Pegolotti expose comme ordinaires ces assurances de l'argent et des marchandises, «pour les garantir sur terre et sur mer contre tous risques de gens, de naufrages, de feu, de corsaires,» moyennant une prime de 6 à 15 pour 100; puis le bref du port de Cagliari prévoit les cas du naulegar et du sigurare (frets et assurances).

Mais, alors que l'argent était si rare, le commerce ne pouvait prendre un grand essor. Les mines d'Espagne et de Hongrie étaient les seules qui fournissent de l'or, auquel il faut ajouter une petite quantité de poudre venue de l'Afrique, et quelques paillettes des fleuves italiens ; on n'exploitait pas encore les mines d'argent de Harz; les achats faits dans FInde et la Chine se payaient en monnaie effective, parce que ces régions n'avaient pas besoin des denrées et des produits des fabriques d'Europe; ce n'est que de nos jours que l'Angleterre a pu la remplacer par l'opium et les cotonnades.

Les Romains s'aperçurent de cette lacune, mais ne surent pas la combler; le manque de numéraire, accru par les ravages des invasions, ensuite par les croisades, empêchait les transactions, fort rares il est vrai, dans l'intérieur: en effet, la propriété était enchaînée par les fiefs, les redevances, les droits communaux, la mainmorte et le désir de conserver les possessions des aïeux ; en outre , pour la consommation usuelle, on avait sans cesse recours à l'échange. L'Italie cependant eut toujours plus de numéraire que les autres pays : d'abord, parce que son industrie en attirait chez elle, tandis que les autres nations, qui se conten-

(1) Excipimus prœstantlas de mari, quas mannarii inter sefacere consuevcrunt, et ciedenlias tjuas socii tractores facere consueverunt : verbi gratia quas facîunt in Sicilia, ad moccoùcllum vocalus, vel alias similes. (Ruhr. XLII.)

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