INTERET. USURE. JUIFS
François Piccioli en U27, l'intérêt^ pour le prêt d'un an de la somme de 2,928 livres, est fixé à 878 livres, ce qui fait 30 pour 100 (Pagmm). Le doge Mocenigo, à l'égard des capitaux placés dans le commerce, assigne -40 pour 1 00. Frédéric II, en Sicile, n'autorisa les prêts que de la part des Juifs , et défendit de dépasser le taux de l'i pour 100 (1) : erreur grossière, corrigée par la fraude. Un statut véronais de 1228 fixait 12 1/2* un de Modène de 1270, 20; un de Crémone de 1278 interdisait aux juifs d'exiger sur les gages plus de 6 deniers par livre au mois. Dans le quatorzième siècle, il y a des exemples de 35 pour 100, et d'ordinaire l'arbitrage allait jusqu'à 25. Florence comptait quatre-vingts banques , et le Monte payait de 12 à 15, et jamais au delà de 20; puis, afin de modérer l'usure, cette ville, en 1-430, appela des juifs, qui s'obligeaient à ne pas exiger au delà de 20; quand ils furent expulsés en 1495, on trouva ou du moins on dit qu'ils avaient gagné en cinquante ans 49,792,556 florins.
En Piémont, lorsqu'un homme mourait avec la réputation d'avoir fait l'usure, tout son avoir tombait au fisc; dans ce but, mais sans épargner les rigueurs et les sévices , on apposait les scellés dans la maison, on emprisonnait la veuve et les fils pour les forcer à déclarer si quelque chose avait été caché. Une enquête était ordonnée , et rarement l'accusé en sortait innocent s'il importait au fisc de le trouver coupable; même après qu'il s'était justitié, on ne le réintégrait pas dans ses biens et son honneur; aussi, coupables ou non, tous cherchaient à s'entendre avec
le fisc (CIBRARIO).
Les préjugés contre les juifs les empêchaient d'acquérir des propriétés stables : ils s'adonnèrent donc au commerce et à l'industrie; puis, comme ils n'étaient pas liés par des restrictions cléricales, et qu'ils s'inquiétaient peu, au milieu de leur opprobre, d'une infamie nouvelle, ils faisaient des prêts. Les personnes qui étaient contraintes de leur emprunter leur reprochaient une
(1) Delizie degli ertidili toscani, xix, 97. Le jeu sur la hausse et la baisse est parfaitement décrit par Marchione de Coppo : « Beaucoup trafiquaient sur le Mont (la dette) et disaient : le Mont vaut ;iO pour 100;ye veux te donner, d'aujourd'ltui à un an, ou tu me donneras à moi , 31 pour 100; au exiges-tu pour faire cela? et ils toniliaient d'accord, le marché restant conclu. Si les fonds baissaient, on achetait; s'ils montaient, on vendait, et vhigt fois par an il était fait des opérations différentes. On fit payer 2 florins pour 100 à tout homme (pii vendait des titres. » {Ru6r, 727.)