‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 71 sur 352 · GRANDS PROFITS · texte numérisé non relu

GRANDS PROFITS

défense de fournir des munitions de guerre aux musulmans.

Lorsqu'on voit concentré, pour ainsi dire, dans les mains des Italiens tout le commerce que se partagèrent ensuite les Turcs, les Anglais, les Hollandais, les Français et les Russes, combien les profits devaient être considérables ! D'après Jean Villani, Thaddée Pepoli de Bologne se faisait un revenu de 120,000 llorins en prêtant de l'argent. En 1338, un négociant de Syrie étant arrivé à Portercole avec beaucoup d'étoffes tissues d'or et autrement, des ceintures, des bourses pour femmes, etc., Coluccio Balardi les acheta pour 115,000 florins, et les écoula presque dans un an. Ce négociant tenait une banque à Paris, et Jean Vanno, Toscan comme lui, à Douvres et à Gantorbéry (1). Déjà nous avons vu les Florentins Bardi et les Peruzzi avoir une créance d'un million et demi de sequins sur le roi d'Angleterre, et de 100,000 chacun sur le roi de Sicile.

A Sienne (peuplée de cent mille habitants avant que la peste la réduisît à treize mille, et dans laquelle, selon le témoignage des journaux, il se fit quatre-vingts mariages nobles et cent de bonnes maisons), les Salimbeni adoptèrent pour blason la Fortune et la devise : Per non dormire. Ils exploitaient dans la Maremme des mines d'argent et de cuivre. En 1337, seize mai. sons entretenaient ensemble un trésorier pour administrer leurs revenus, et, pendant plusieurs années, chacune d'elles reçut 100,000 sequins. Un^ impôt sur cette ville de deux pour mille afin de payer le comte Lando, en 1357, produisit 40,000 sequins, somme qui représente une valeur de 20 millions d'alors, égale à 200 d'aujourd'hui.

On prétend que le commerce de charbon fut la source des immenses richesses de Jean de Médicis, quifirentde Gosme, son fils, le premier négociant de l'Europe. On ignore <de quelle nature étaient ses spéculations; mais il est présumable qu'il accrut sa fortune par le commerce asiatique , les prêts et les opérations de banque (2). On dit que cette maison occupait trente

(1) En 1605, pour la première fois, Florence tira du blé d'Angleterre pour 60,000 écus d'or, et deux mille boisseaux du Languedoc. (Mardi, Slorie fiorenline, livre IV.)

(2) En 1499, les Salviati receoient de Philippe d'Autriche, duc de Bourgogue, en gage, pour 4,000 gros florins, trois cent vingt balles de laine d'Angleterre et une fameuse fleur de lis , c'est-à-dire un relicpaaire de dix-neuf onces florentines, avec un crucifix noir, quarante et un rubis balais, trente-six sadhirs, neuf émeraudes, cinquante-cinq rosettes d'or avec quatre perles en form^ de poire, un gros diamant et trente-huit perles.

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