VOYAGEURS ITALIENS
mille personnes dans le trafic et les fabriques. Cosme dépensa environ 400,000 sequins en églises et autres constructions publiques. Laurent^ malgré les bénéfices de son commerce, fut sur le point de faillir, à cause des folles prodigalités de ses facteurs, qui affectaient d'imiter la prodigue magniticence de leur patron ; dès lors il convertit en biens-fonds d'énormes capitaux, opération qui nuisit beaucoup au négoce florentin.
Mais le moment arrivait où les Italiens devaient cesser d'être les uniques facteurs du commerce. Les fabriques établies parles Italiens dans les paysétrangers, quelles que fussent les précautions jalouses dont on les entourait, servaient d'école à leurs rivaux. Les Médicis, au lieu de continuer à tirer la laine brute de l'Angleterre, la firent filer et tisser dans cette île. Lorsque cette famille usurpa la domination, les bannis propagèrent au dehors l'industrie de la Péninsule ; puis, dès que Pierre eut retiré du commerce des capitaux considérables, les Florentins se trouvèrent dans l'impossibilité de soutenir la concurrence des étrangers, qui, eux aussi, avaient accumulé des capitaux et appris à connaître les ressources magiques du crédit. L'extension de l'industrie faisait cesser les privilèges fondés sur l'inactivité des autres peuples, dont la jalousie retourna contre les Italiens les armes qu'eux-mêmes avaient forgées contre les autres; Ferdinand le Catholique d'Espagne frappa d'un droit de 10 pour 100 toutes les marchandises qui seraient importées par les Vénitiens, lesquels furent ainsi les victimes du système exclusif introduit par eux.
Les accroissements de la navigation, dus également aux Italiens, devaient occasionner des dommages plus durables.