‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 74 sur 352 · AUTRES VOYAGEURS ANCIENS · texte numérisé non relu

AUTRES VOYAGEURS ANCIENS

lesquelles confirmèrent ensuite la véridicité d'un livre qui ne ment jamais alors même qu'il se trompe, et qu'on avait cru rempli d'exagération^ au point qu'on l'appella Million.

Personne, en effet, n'eut plus de facilité pour examiner la Chine et le Japon; encore aujourd'hui, son livre reste comme une source d'importantes notions sur les Mongols et leur gouvernement, sur les pays du centre et de l'orient de l'Asie. Quel intérêt ne devait pas exciter chez les contemporains le tableau de la bizarre civilisation des peuples au nom desquels ils tremblaient, et des étranges contrées d'où ils tiraient les pierres précieuses, la porcelaine, les épices, la soie ! Ses descriptions ouvrirent un nouveau champ aux caprices de l'imagination, et la fantaisie greffa les traditions de l'Asie sur les nôtres; du reste, elles donnèrent un puissant essor aux voyages de découvertes du quinzième siècle.

Nicolas Conti parcourut aussi l'Orient, où il resta vingt-cinq ans. Ayant renié sa foi pour sauver sa vie, il en demanda pardon aux genoux d'Eugène IV, qui lui imposa, comme pénitence, de raconter scrupuleusement ses voyages au Florentin Poggio, dont nous avons une relation trop succincte, puisqu'on y trouve à peine les traces du voyageur jusqu'à Java et Ceylan; néanmoins elle offre le portrait fidèle des mœurs indiennes. Caterino Zeno écrivit des commentaires sur le voyage qu'il fit en Perse, comme nous l'avons dit, pour exhorter le roi de ce pays à faire la guerre aux Turcs. Dans le même but, en \A1\ , on envoya, avec des \ ases d'or et des étoffes de Vérone, Josaphat Barbaro sur deux galères, pour que, à travers l'Arménie et le pays des Kurdes, il se rendît à Tébris et à Kassan; mais, en dépit des plus grandes instances, il n'arriva point à sa double destination. Néanmoins, à son retour, comme il était homme d'intelligence et de sens droit , il écrivit une relation , la première qui fit connaître ces pays à l'Europe moderne. Léopold Battoni, envoyé comme ambassadeur, pénétra également dans ces contrées par Trébizonde; et Ambroise Contarini, en iAlA, y arrivait par la Pologne, la Russie, la Colchide, le Phase, la Géorgie, la Mingrélie, l'Arménie. Retournant par la mer Caspienne et trouvant Caffa au pouvoir des Turcs, il remonta de Derbeu jusqu'à Moscou à travers un pays sauvage, et recouvra de l'argent du grand prince pour le compte de sa patrie, où il revint par l'Allemagne, après (]eux ans d'absence : voyage très-hardi à cause des rares connaissances d'alors, surtout quand il fallait braver les menaces de peu-

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