‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 75 sur 352 · AUTRES VOYAGEURS ANCIENS · texte numérisé non relu

AUTRES VOYAGEURS ANCIENS

pies barbares et les soupçons des Turcs. Il nous a laissé une description curieuse (1).

Pierre Quirini , Vénitien et négociant à Candie, s'embarqua pour la Flandre en 14-31; entraîné au delà des Sorlingues par un coup de vent épouvantable, il naufragea, prit terre sur l'extrémité des côtes Scandinaves, et revint par la Suède, la Norwége, l'Angleterre, l'Allemagne; puis il raconta ses disgrâces dans un style émouvant, comme le firent aussi ses compagnons Christophe Fioravante et Nicolas Micbeli. Hiéronyme San Stephano, en l^Oe, se dirigea, pour affaires commerciales, de Gênes vers les Indes, en passant par le Caire et la mer Rouge; il poussa même jusqu'au Pégu, vendit à perte ses marchandises au roi de ce pays, revint à Camboje et se mit au service d'un marchand de Damas. A Ormus, il se joignit à des Arméniens qui se rendaient à Tébris, et, par mer, il arriva dans le Laristan, province de Perse, où les navires expédiés de l'embouchure de l'Euphrate pour l'Inde avaient coutume d'aborder; dans le pays des Azamènes, il attendit les caravanes, et, par Ispahan, Kasbin, Soudanie, il parvint à Tébig, d'où il gagna Alep. Louis Rominotto parcourut l'Asie et les côtes d'Afrique, mais il ne décrit aucune région nouvelle; son travail est moins important que le périple de la mer Rouge et de la mer Indienne, écrit par un anonyme qui, en 1538, assistait avec Soliman au siège du château de Diu, défendu par les Portugais.

En 137-4, Luchino Tarigo et d'autres pauvres aventuriers génois partirent de Caffa avec une fuste armée , remontèrent le Tanaïs jusqu'à Pendroit où il n'est séparé du Volga que par soixante werstes, et traînèrent leur faible embarcation à travers cette langue de terre; après l'avoir jetée sur le grand fleuve , ils descendirent dans la mer Caspienne et s'enrichirent par la course (5). George Interiano, leur concitoyen, vit et décrivit les mœurs des Circassiens, fut le premier qui porta quelques platanes à Venise, et regardait comme probable le passage de l'Océan dans la mer Rouge (3). Boccace vante Andalon du Negro, Génois aussi, pour avoir parcouru presque le monde entier (4). Jean Colonna, ex-

(1) Voir BizzARBO, Hisl. lerum piisicarum.

(2) Graberg de Hemso, Annales de géographie; janvier 1803.

(3) Idem videtnr sentire nos ter Georgius, vir iu peragrando orbe atque indagando terrarum situ diligentissimus , dit Antoine Galatée, qui traite la même question dans l'opuscule De situ eiementorum .

(4) Généalogie des Dieux, livre XV.

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