‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 80 sur 352 · MORT DE COLOMB. CABOT · texte numérisé non relu

MORT DE COLOMB. CABOT

sa famille venait à s'éteindre, il substituait la banque de Saint- George dans l'amiralatde l'Inde et ses autres privilèges, que les rois lui avaient promis inconsidérément sans doute , et dont ils le dépouillèrent lâchement ensuite ; ses fils, en effet , passèrent toute leur vie à revendiquer les titres et le nom de ce grand homme, auquel on refusait la gloire d'avoir le premier aperçu un monde dont la découverte passait naguère pour une monomanie. Enfin ses petits -fils renoncèrent à leurs prétentions moyennant 1,000 doublons par an et le titre de ducs de la Veragua, qui survit encore dans une ligne féminine, réduite à la misère par les derniers événements de l'Espagne.

Les écrivains, autant que les rois, furent ingrats envers Colomb, puisqu'ils ne donnèrent pas son nom à la terre qu'il avait découverte. A la fin du siècle dernier, les Espagnols, contraints d'abandonner aux Français l'île d'Haïti où il avait été enseveli , transportèrent ses restes à la Havane au milieu d'une solennité touchante, à laquelle ne se mêlaient pas de malédictions, comme à la translation des cendres d'autres héros; enfin Bolivar voulut décorer du nom de Colombie la république créée par ses victoires et conservée par sa modération.

Justice tardive ! il ne resta à Colomb que le bonheur d'avoir accompli une grande mission , bonheur que les âmes engourdies au sein d'une insouciante oisiveté ne comprendront jamais.

La soif de l'or, de la gloire, des conquêtes, des conversions, du martyre, poussa tout à coup une foule de gens vers ce nouveau monde, dont le contour fut déterminé après quelques années : mais nous n'avons à faire connaître ici que la part qu'y prirent les Italiens.

Sébastien Cabot , marchand de Venise, en entendant parler des hauts faits de Colomb, sentit naître dans son cœur « un grand désir ou plutôt une ardeur de faire aussi quelque chose de signalé ». Il offrit donc à Henri VII d'Angleterre de se rendre au fabuleux Cathay par une autre voie que celle qu'avait suivie Christophe, c'est-à-dire par le nord-ouest; après en avoir obtenu des lettres patentes en 1496, avec Sébastien son fils, et quatre navires que les négociants de Bristol lui avaient fournis, il toucha au Labrador le 24 juin 1497, c'est-à-dire un an et six jours avant que Colomb découvrît ce continent. Son père étant mort , Sébastien fit un autre voyage dans cette latitude, et navigua, à ce qu'il semble, le long de la cùto depuis la baie d'Hudson jus-

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