‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 84 sur 352 · LITTÉRATURE DES VOYAGES · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE DES VOYAGES

« d'allégresse, et que tu as eu de la peine à retenir tes larmes, « quand ma lettre est allée l'informer de ce monde caché autrei< fois. Peut-il y avoir une nourriture plus suave pour les intel- « ligences d'élite? J'en juge d'après moi, car je sens mon esprit (( s'épanouir de bonheur lorsque je m'entretiens avec des perce sonnes revenues de ces pays. Que les misérables avares ne «songent qu'à entasser des trésors! pour nous, réjouissons « notre esprit dans la contemplation de ces merveilles. Et que « firent de plus les Phéniciens, quand ils réunirent dans des « régions lointaines des peuples errants, et fondèrent d'autres « cités? 11 était réservé à notre temps de voir le champ de nos « idées s'étendre aussi loin, et tant de choses nouvelles appa- « raître sur l'horizon (1). »

Ce Pierre Martyr publia trois décades De rehus oceanis , qu'il donne comme écrites à mesure que les renseignements lui arrivaient (2) ; du reste, on lui faisait un grand mérite d'avoir su dépeindre avec des mots classiques des contrées et des choses nouvelles. De la lettre de Colomb, De hisulis Indioe nuper inventis, le chanoine Julien Dati de Florence, auteur de petits écrits destinés à populariser les découvertes, tira un grossier poème en octaves (3). Fracanzano de Montalboddo publia à Vicence, en 1507, un recueil de ces voyages sous le titre de Monde nouveau et pays nouvellement découverts par Albéric Vespuce de

(1) Epist. 162.

("2) Robertson les emploie dans celte circonstance ; m.iis d'évidents anachionisnies prouvent qu'elles lurent composées longtemps après les faits rapportés. Au-dessus de la porte de l'église de Séville-d'Or, à la Jamaïque, on lisait : Petnis Marljr ab Jiigieria italiens, civis mediolanensis, protonotarius apostolicus hujiis insulœ f abbas , senalus indici consiliariiis, llgneam pritis œdem liane bis igné consumptam latericio et ijuadrato lapide primus a j'undamentis exstruxit.

(3) lies nouvellement déeouvevles pour le compte du roi d'Espagne. Voici la dernière octave :

Questa ha composte de Dati Giuliano A prcgliiera del magno cavalière Messer Giovan Filippo Siciliano, Che fu di Sixto quarto suo soudière.

Et capitano suo et capitano A quelle cose che fur di niestiere.

A laude del Signor si canta e dice Che ci conduca al suo regno l'elice.

Son livre, qu'il termine par quelques phrases dont la prose ne vaut pas mieux que sa poésie, porte cette date : 29 octobre 1495, Florence.

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