‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 89 sur 352 · APERÇU PHILOSOPHIQUE ET LIBÉRAL · texte numérisé non relu

APERÇU PHILOSOPHIQUE ET LIBÉRAL

rêt personnel, l'autorité artificielle de la magistrature à la liberté naturelle de chacun, à un chef servi par des pouvoirs indépendants, ridée de l'État représenté par un homme; en résumé, l'âge catholique fait place à l'âge politique.

La mission providentielle du moyen âge est accomplie, mission qui avait pour but de faire disparaître l'omnipotence de l'État sur les corps et les âmes, de restituer à l'homme l'importance qui d'abord n'était attribuée qu'au citoyen , et de rétablir, avec les nationalités particulières, les familles dans chacune d'elles.

Dans le principe, les familles des vainqueurs constituaient une imparfaite fédération, mais suffisante pour tenir dans la subordination celles des vaincus. Attachée à la possession des terres, la souveraineté se subdivisait entre une foule de petits seigneurs qui gravitaient dans leur propre orbite sans être entraînés dans celle d'un souverain unique. Lorsque les invasions furent terminées, un nouvel ordre de choses, qui tenait de la servitude ancienne et de la liberté moderne, s^était fondé sur les débris de Pempire de Charlemagne; on commença dès lors à parler des langues distinctes , d'où sortait une poésie pour exprimer les croyances, les passions, les sentiments. Les communes agrandirent les familles des vainqueurs, en y introduisant les vaincus comme artisans ou bien comme snu\)\e& inqui lins ôe la cité; puis elles embrassèrent peu à peu la campagne et les serfs, et formèrent pour ainsi dire autant de foyers autour desquels se cristallisèrent les éléments décomposés.

Telle fut la révolution au moyen de laquelle l'Italie, avant toute autre nation, effaça l'empreinte de la barbarie : révolution domestique, où le gouvernement passa des rois aux comtes, des comtes aux évêques, des évêques aux communes, d'abord aristocratiques, puis industrielles, enfin plébéiennes; du reste, les communes recherchaient moins la liberté civile que l'égalité , et voulaient cette égalité, non dans les personnes, mais dans les corps, qui s'étaieiit affranchis au prix de l'or et du sang, sans toutefois se giouper autour d'un pouvoir central. La vue se trouble quand on regarde ce tourbillon de personnes et d'États qui ne forment point un faisceau; en effet, comme ils agissent par sentiment plus que par réfiexion , ils manifestent une vie exubérante, se poussent dans une rapide et perpétuelle mobilité, se contrarient, se renversent, et se combattent pour des motifs inconnus.

Les chroniques donnent un motif à chacun de ces faits, un

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