‹ Histoire des Italiens (volume 5)Chapitre 9 sur 352 · FETES RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

FETES RELIGIEUSES

au milieu de chaque cercle, et secouait ses cornes et le fmobolo. LesIitaniesterminéeSj un archiprêtre s'avançait, conduisant un àne fourni par les serviteurs du palais. Un caniérier soutenait sur la tête de Paninial un plat avec vingt deniers d'argent; l'archiprètre de la cour, après s'être renversé trois fois en arrière, allongeait la main dans ce plat, et tous les sous qu'il pouvait saisir lui appartenaient. Les autres archiprêtres venaient avec le clergé déposer des guirlandes aux pieds du pape; celui de Via Lata ajoutait un renard, qui, n'étant pas attaché, prenait la fuite, et le pape lui donnait un besant et demi. L'archiprétre de Sainte- ]\larie in Aquiro offrait un coq avec une couronne, et recevait un besant et quart; celui de Saint-Eustuche présentait un faon, et la même somme lui était donnée. Les autres n'obtenaient qu'un besant, avec la bénédiction du pontife. Lorsqu'ils étaient rentrés dans leurs églises respectives, les sacristains, suivis chacun d'un prêtre et de deux compagnons, portant l'eau bénite, des branches de laurier et des bonbons, allaient de porte en porte avec l'accoutrement primitif et \q fmobolo; ils bénissaient les maisons, jetaient des feuilles de laurier sur le feu, et distribuaient les bonbons aux enfants en chantant une cantilène en langue barbare qui commençait ainsi : Jarilan jaritan, jajariasti, Raplmyn, jercoyn jajcaiusti, et le maître de la maison leur donnait quelque chose (1).

Les banquets étaient des solennités aristocratiques et populaires. Jean-Galéas Visconti, quand il fut nommé duc de Milan, en donna un magnitique dans la cour de l'Arengo, où se trouve maintenant le palais royal. Selon Corio, on présenta d'abord à chaque convive, pour se laveries mains, de l'eau préparée avec des essences précieuses; puis vinrent les mets, accompagnés de trompettes et d'autres instruments de musique. Le premier service se composa de massepains et de pignons sucrés avec les armes du sérénissime empereur et du nouveau duc, clans des coupes d'or avec du vin blanc; vinrent ensuite des poulets avec une sauce violette, un par assiette, et du pain doré, puis deux grands porcs dorés et deux veaux également dorés. A la suite parurent d'énormes plats d'argent, dont chacun contenait deux morceaux de veau, quatre morceaux de mouton, deux morceaux de sanglier, deux chevreaux entiers, quatre poulets, quatre chapons, un jam-

(1) Voir Du Gange ad vocem, 11 u tiré ce cérémonial d'un manuscrit de ('ambrai.

HIST. DES ITAL. — T. VU, 'i

jg BANQUETS.

bon, deux saucisses, avec un liquide blanc pour potage et du vin

grec.

Après ce service, des plats de même grandeur furent apportés avec quatre morceaux de veau rôti, deux chevreaux entiers, deux lièvres entiers, six gros pigeons,^ quatre volatiles, quatre paons garnis, deux ours dorés, avec du jus de citron et du vin léger; puis on vit paraître d' autres plats d'argent avec quatre faisans garnis dans chacun, qui furent suivis d'un cerf entier doré, d'un daim également doré et de deux chevreuils à la gelée, d'un grand nombre de cailles et de perdrix avec une sauce verte, de pâtés de viande dorés avec des poires cuites, toujours servis dans de grands plats d'argent. Après avoir donné aux convives, pour se laver les mains, de l'eau préparée avec des essences odorantes, on apportait des pigeons sucrés en forme de poissons et argentés, puis du pain argenté et du malvoisie, du poisson à la sauce rouge sur des plats d'argent , des pâtés d'anguilles, et, dans des tasses, des limons au sirop argentés ; venaient ensuite de grands plats d'argent avec des lamproies et de la gelée argentée, d'énormes truites avec une sauce noire et deux esturgeons argentés; enfin on servait de grandes tourtes vertes argentées, des amandes vertes, des pèches, et différentes sucreries à formes variées. Le banquet terminé, on apporta sur la table des vases d'or et d'argent, avec des agrafes, des colliers, des anneaux et plusieurs pièces d'étoffes d'or, de soie, de pourpre, qui furent donnés aux seigneurs selon leiu' rang.

Ce même Corio nous a décrit le banquet qui , vingt ans après, fut donné dans cette cour à l'occasion du mariage de la tille de Galéas Visconti avec Lionnel d'Angleterre : « Cent tables furent disposées dans la grande salle pour les personnages de haut rang, et l'on servit ailleurs les autres convives; les instruments denmsique jouaient sans cesse, au point que l'on n'entendait pas autre chose. Les mets étaient apportés à cheval : au premier service, on vit paraître des gorets dorés, avec deux léopards richement ornés et douze couples de limiers; au second, des lièvres et des brochets, suivis de six couples de lévriers, ornés d'argent, et de six autours; au troisième, du veau et des truites, qui étaient accompagnés du présent de six brodequins, avec bordure de velours, des boucles dorées et des cordons de soie noire; au quatrième, des perdrix, des cailles, des truites dorées et douze éperviers avec des sonnettes d'argent, et douze couples de braques; au cinquième, des canards,

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