FÊTES RELIGIEUSES
Pierre, au lieu (Tfe Venise, de Milan et de Rome ; la fête du patron était donc autant civile que religieuse. Le statut de Modène prescrivait que, le jour de Saint-Géminien, un membre de chaque famille de l'État se rendît à la ville avec un cierge à la main, pour y rester jusqu'à la troisième heure du lendemain; de même, chaque commune dépendante devait y envoyer son étendard, suivi des hommes du village ou du château. A Ferrare, quiconque possédait cent livres était obligé, la veille de Saint- George, de fournir un cierge le matin. Le jour de la naissance de Marie, toutes les communes dépendantes devaient se réunir à Milan avec leur gonfalon ; à la fêle de saint Ambroise, le 2 décembre, on apportait à son autel une grande quantité de fleurs et de feuillage, des raisins murs avec des pampres verts, le tout fait en cire. Toute ville dominatrice avait de ces réunions, et la fête de saint Jean était surtout solennelle à Florence. A Montecatino, lorsque le clergé, pour les litanies de saint Marc, descend à la cure de Nievole, les femmes, comme à l'occasion de la liberté reconquise, continuent à sonner les cloches, que l'on entend dans toute la vallée. Le matin de Pâques, l'officiant bénit plusieurs corbeilles de pain et de viande d'agneau, que l'on distribue ensuite à chacun, comme pour dédommager du jeune du carême (1).
Les fêtes religieuses, comme les sculptures des églises, avaient souvent quelque chose de bouffon. Telle était la cornomanie, reste de quelque solennité païenne, que l'on célébra à Home jusque vers l'an mille. Le samedi après Pâques, quand on devait chanter les litanies au pape, les archiprêtres des dix-huit églises diaconales convoquaient le peuple au son des cloches ; le sacristain se mettait la cotte et une guirlande de fleurs avec des cornes, et sa main portait un //wo6o/o, canne en bronze grosse comme le bras et garnie de clochettes au milieu. On allait alors processionnellement à Saint-Jean de Latran, et. chaque archiprôtre formant cercle avec ses paroissiens, on disait au pontife : « Allons, « des prières; Dieu, pour la prospérité; Marie, mère de Dieu, « allons, des prières! Bonjour, ô patron; ouvrez-nous les portes; « nous venons voir le pape, nous voulons le saluer, lui rendre hoin- « mage et lui chanter les litanies, comme on le faisait aux Césars. « Jàravo, homme bénin, bénin pape qui gouvernes toutes choses « à la place de saint Pierre ; le ciel resplendit, les nuages se dissi- « pent. » Sur ces entrefaites, le sacristain sautait en se roulant
(1) Delizie dc^U crudtli, \\, I0'2.