ÉCRIVAINS DES BEAUX-ARTS
lui-même, venu à Rome enfant, étudia dans cette ville ou à Naples jusqu'à vingt-cinq ans, et, après un séjour de quelques années dans sa patrie^ il revint en Italie pour ne plus en sortir. Pauvre d'abord et domestique du peintre Tassi, il se passionna pour le paysage; parcourant la campagne, il observait sans parler ni dessiner, et devint le meilleur paysagiste ; sans exagération ni manière , il enchante par une puissance sereine et calme. Mignard, qui fut l'imitateur des Carrache et de Pierre de Cortone, est au contraire tout maniéré. Puget, qu'on appelle le Michel- Ange français, laissa beaucoup de travaux à Gènes. D'autres Français firent une tribune et quelques travaux étranges dans la chapelle de Saint-Ignace au Jésus de Rome. Louis XIV, ou plutôt le ministre Colbert , conseillé par Perrault, traducteur de Vitruve, envoya à Rome Desgodetz richement pourvu afin d'y copier les plus beaux édifices ; ces travaux, gravés par Lepeautre, qui avait étudié les artistes italiens du seizième siècle , furent publiés avec une splen^ dide élégance.
Divers auteurs écrivirent sur les beaux-arts, mais pour établir des^ systèmes faux et des théories extravagantes; Bibiena publia un Cours â^ architecture civile et la Direction 'pour les jeunes élèves. Le jésuite François Eschinardi , de Rome, auteur d'une Architecture civile et d'une autre militaire, exposa ses propres expériences, avec des dissertations sur le choc des corps, sur les comètes et sur le percement de l'isthme de Suez, dont la difficulté consistait, non dans la différence supposée du niveau entre les deux mers, mais sur les sables accumulés. Le Siennois Théophile Gallacini (i 564-1641), médecin puis mathématicien, fit un travail important sur les erreurs des architectes', travail resté inédit comme ses autres ouvrages, jusqu'au moment où il fut imprimé à Venise, en 1767 : c'est une critique d'un goût sûr. Jean- Paul Baglioni se fit le continuateur inepte de Vasari ; Jean-Pierre Bellori approuve les anciens, chez lesquels il puise un bon goût ; Philippe Baldinucci divise l'histoire de l'art en siècles, et les siècles en périodes de dix ans , subdivision vicieuse ^ comme le classement en écoles, généralement adopté ; il supplée aux nombreuses omissions de Vasari , et, dans le VoccUmlaire du dessin, il laisse trop apercevoir qu'il n'est pas artiste. Nous avons des histoires partielles des diverses écoles : celle de Venise, par Charles Ridolfi; celle de Modène^ par Vedriani; celle de Gènes, par Soprani; celle de Naples, par Bongiovanni ; celle des travaux faits à Rome, par Passeri.Tous ces écrivains exaltent les contemporains^