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DES ITAL. ~ T. IX

290 LE BAAOOIIS A YXNIOE.

Les monstruosités sculpturales, surtout dans les mausolées^ ne manquèrent pas à Venise. A Saint-Jean-et-PauI^ une femme, en se regardant dans le miroir, voit un squelette qui soutient un écriteau déchiré et roulé, avec l'épitaphe ; ailleurs, Técriteau est porté par un aigle, et dans le n^onument Mocenigo^ par deux Morts noires; au Yalier^ un immense manteau enveloppe trois, statues ample* ment drapées par Baratta. A Saint-Pierre de Castello^ la chapelle Vendremin est très-maniérée^ remplie de Vertus et de Vices, avec une figure qui regarde en cachette du tombeau. Dans le mausolée PesarOy aux Frari^ quatre Maures , dont les vêtements déchirés laissent voir la peau noire, soutiennent la corniche sur leurs épaules; on y voit des Vertus et des Vices, des squelettes qui portent des épigraphes, deux chameaux soutenant un trône , des' anges, des festons, des enfants en bas-relief, fantaisies incorrectes de Longhena , tandis que la sculpture par Bartel est bonne ; la même vanité se retrouve jusque dans Tinscription.

Le Bolonais Camille Mazza fit preuve de talent dans les basreliefs en bronze qui représentent la vie de Saint-Dominique à Saint- . Jean-et-Paul -, dans la chapelle du Rosario^ qui est un type du baroque, il en exécuta d'autres, en marbre^ avec peu de goût, mais une bonne distribution. Vittoria la construisit; le Génois Campagna fit Tautel et quelques statues; le Tintoret, Jacques Palma, François Bassano, André Vicentino, Paul Fiammingo, Léonard Gorona la couvrirent de peintures, et les bois furent sculptés par TinimitableBrustolon.

Alexandre Vittoria de Trente, fort habile dans le stuc, avec lequel il exécuta beaucoup de travaux, est noble et. moelleux dans Texécution, fécond dans les inve^tioo^, maniéré dans le dessin ; son Saint Jérôme^ si loué par Temanza, il le contord d'une manière ignoble , à force ;de rjechercher Tanatomie.; je préfère à ce travail le Saint Sébastien de Saint-tSauveur, et ^n pr^D^^^re tombeau à Saint-Zacharie, sur lequel, par allus^^n à ses nombreux portraits, on écrivit : Quivivens vivq§ duxit de niarmçrevullm* Un autre type du baroque est Téglise des jésuites > que Ton croirait tapissée., et dont la chaire est couverte d'un tapis, tout en marbre, tant le naturalisme avait dépiassé toute mesyre ! 3ur F^iute), la Trinité a pour siège une mappemonde soutenue p^r des ange» qui s'appuient sur des nuages. Les façades des Déchaux, de Saint-Moïse, du Refuge, de Sainte-Marie Zobenigo, gâtées par ce baroque, sont partout à reliefs et à ombres. L'église du Salut, qu'on fit construire par Balthazar Longhena, pour accomplir. w vœu fait durant la

,,.. GRAVURES. , â$y|

peste de i630>et dont les fondement^ posent sur un million cent cinquantc^six mille six cent cinquante-^ept poy1;ce$ > est admirée à rintérieur; maisau dehors elle se fait remarquer par une surabondance d'ornements bizarres , grandioses toutefois et en harmoniie avec les édifices qui Fentourent ; la coupole «est élevée , et sonen^ semble produit un tel effet, qu'il fait pardonner aux détails de mauvais goût. L'autel est tout en marbre ; des anges, dans des attitudes variées , soutiennent le tabernacle, au-dessus duquel se dresse Marie; à sa gauche, se trouve une matrone figurant Venise, qui la prie de sauver le peuple, tandis qu'à droite une vieille hideuse , symbole de la peste , s'enfuit, détachée de la base nébuleuse et poursuivi^ par les insultes d'un petit apge.^ deux saints, d'une dimension beaucoup trop grande, assis sup le marchepied de l'autel, contemplent cette scène. Le palais Rezzonico, àproportions grandioses^ et le Pesaro, un des plus somptueux de l'Italie , sont également de Longhena. Joseph Benoni de Trente j qpi s'ç^c^ cupa^ comme architecte de la république, d'endigueir les lagunes., construisit sur un espace très-étroit la douane maritime, bi^orre et de mauvais.goùt, mais pittoresque et d'une bdite apparence.

Vérone^ en 1718, fit sur le Champ de Mars la foire avec deux iqent soixant<^-drx boutiques, d'un dessin ipeilleur que l'exécution. Le yérpnais LigQzzi, plus correct que. les naturalistes, dont aucun ^e je surpassai^ pour le coloris, s'iéleva pei^-étre au>-dQSSus.de tous les peintres ^ jpresque dans le cloi,tre d'Ognissantî à Florence, sur> tout d^ns le parallèjiede Saint-François et de Stai)3i-Dominique*<

.Dans la. gravure, qui avait beaucoup progressé au deihors, l'Italie fit peu, et les peintres presque seuls s'adonnèrent à ce genre de travail. Nous distinguerons Françoia YiUl^mena d'Assise ; Jean* l^aptisteVanni, qui conserva par des gravures à l'eau-farte beaucoupjd'œuvres de Gorrége; la Florentin Etienne de la •BeUa»,. co»discifjle de Galjot, avec lequel il fit un graind nombre de vignettes p(Ojur des livres ; Jean-Baptiste Falda, de Valduggia, qui exécuta les principales vues de Borne. Jacques Lauro,, après, un travail de viagtrcinq ans, f\xh\\Bi Anttgttx nrbis çplendor (16i2);çes(ÇMat les jaionumej^ts de la gçande cité, médiocres comn^e apt^ mais avec 4es explications en trois langues. Le Romain Pierre Santé- Bartoli sut graver avec un goût délicat des monuments anciens, dont il nous a conservé plusieurs qui périrent ensuite > toutefois, il leur imprime un caractère trop uniforme. Le Florentin Cosimo Sirles, le Napolitain Charles Costanzi, le Siennois François Chingi, dont nous avons une magnifique Vénus en améthyste, du poids de cent

idS ÉGRIYiiNS DES BEAUX-ÀBTS.

quatre-vingt-une livres^ gravèrent sur pierres dures. Maximilien Soldani, sculpteur florentin , fit l'histoire de la reine Christine en vingt médailles^ dont le nombre devait s'élever à cent, d'autres pour Louis XÎV, les magnifiques candélabres en bronze doré dans la Nunziata de Florence^ un ostensoir pour Saint-Laurent.

Le Ferrarais Antoine Gontri inventa un procédé pour transporter les peintures des murs sur la toile. Un certain Jacques Strada, de Mantoue, qui écrivit sur les antiquités et fit servir les médailles à Vétude de Thistoire , fut le premier qui trafiqua en grand d'une marchandise italienne , c'est-à-dire des chefs-d'œuvre de Tart : à Lyon^ il acheta les portefeuilles de Serlio ; à Rome, ceux de Perin de Vaga, parmi lesquels il y en avait de Raphaël; à Mantoue^ les cartons de Jules Romain^ et il les revendit en Allemagne avec de grands bénéfices.

Les arts mêmes étaient donc en décadence dans l'Italie y et le mauvais goût se répandait dans le reste de l'Europe , grâce aux académies instituées par les étrangers à Rome pour former le$ jeunes gens, comme aux artistes de la Péninsule appelés au dehors. A Madrid, Sacchetti, de Turin, construisit le palais de Philippe Y; le Messinois Juvara, celui de la Grâce; le Lombard Bonavia, celui d'Aranjuez. Rodrigue Vélasquez de Séville , venu en Italie avec le général Ambroise Spinola , examine tout et copie beaucoup, quoique déjà célèbre dans son pays ; à Rome , il excite l'étonnement par ses portraits, qui véritablement font illusion, et commande un tableau à chacun des douze peintres qui occupaient alors le premier rang ; apportés en Espagne avec d'autres et des modèles, ces tableaux ornèrent les palais royaux.

Jones, le plus grand architecte anglais , après avoir étudié la peinture en Italie, se proposa d'imiter Palladio; Wren, pour édifier Saint-Paul de Londres, ne trouvait de meilleur modèle que Saint-Pierre. Les architectes et les peintres français se fixèrent sur Michel-Ange et les Carrache. De même qu'il achetait des carrosses à Rome, des armoires marquetées d'ivoire et de pierres à Florence, des damas rouges à. Milan, des miroirs à Ve^ nise, du linge et des dentelles à Gênes, Mazarin empruntait à l'Italie des scènes, des costumes, des acteurs pour ses splendides banquets, outre qu'il en faisait venir des artistes, comme le peintre Grimaldi et Romanelli, qui fit à Paris la fameuse voûte.

Nicolas Poussin, ami de Marini et des meilleurs artistes italiens, vécut presque toujours à Rome, et, au milieu de ces écarts, il mérita d'être appelé le philosophe de la peinture. Claude Lorrain

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