Une selle pour ce clieval
14. Un cheval au protecteur de Tordre, au cardinal de Novare ,
au protonotaire Hermann {Dwerg ; deux au prieur qui introduit les personnes auprès du pape.,
(1) Vniversis et singulis mercatoribus , cujuscumgue nationis et prof exsionis vel sectXy etiam Turcx, Judœi, vel alii infidèles essent , adcivitates, terras , castra et loca Marchias anconitanae , cumfamilia ac mercibus ac bonis eorum quibuscumque vel sine illis, veniendi, aut in eis standi^ manendi, et negotiandi, ac ab illis pro ebrum libito voluntatis abeundi et re-
ÉTAT PONTIFICAL. i5
exclut les judaïsants, c'est-à-dire les infidèles de l'Espagne, et du Portugal. Quelques maisons d'Ancône faisaient tous les ans pour cinq cent mille ducats d'affaires^ et. cette ville voyait arriver des marchandises de tous les pays.
Situé au milieu de lltalie, ce pays est moins exposé aux inva*sions de Tétranger et plus en mesure d'inquiéter ou de tenir en paix ritalie; ses ports ne suffiraient pas à recevoir une flotte qui viendrait l'assaillir^ et la malaria serait nK)rtelle à tout ennemi qui camperait sur ces côtes. Le pape armait douze galères y et pouvait enrôler cinquante mille fantassins et quatre mille cavaliers, outre les soldats que lui devaient ses vassaux ; mais, le gouvernement une fois organisé, il ne soldait que cinq mille hommes, la plupart suisses. La capitale, il est vrai, ne se trouve pas au centre de l'État; les forteresses sont insuffisantes, les voleurs pullulent, et le commerce a peu d'importance ; on néglige la culture du mûrier, et la population^ très-faible, se met au service des autres. Il n'y avait plus de constitutions provinciales, mais des corps privilégiés, comme les nobles, les citoyens, les municipalités, surtout dans les villes, qui, fortes de leur soumission volontaire, faisaient valoir les franchises stipulées. Un grand nombre d'entre elles administraient leur patrimoine, levaient des soldats et des tributs, assignaient des salaires; on appelait libertas ecclesiastica cette relation spéciale de droit public.
Pendant les vacances, fréquentes et prolongées, les cités relevaient la tête, et les anciens seigneurs cherchaient à recouvrer leur domination ; puis les villes et les seigneurs devaient être toujours aux aguets de crainte qu'un parent du pape ou quelque cardinal n'obtînt des droits à leur préjudice, afin de s'en racheter à prix d'argent ou par des remontrances et parfois de vive force; Faenza fêtait chaque année le jour où, en bataille rangée, elle chassa les Suisses de Léon X, et Jési celui où elle s'affranchit de la tyrannie du prolégat. Ancône, au contraire, fut refrénée par des troupes et une forteresse; Pérouse,pour avoir refusé de payer l'impôt du sel, fut interdite et domptée par les armes de Pierre-Louis Farnèse, qui aboht ses anciens privilèges (1).
cedendi, etc. Bulle du 2\ février 1547. Voir le Voyage de Montaigne et les Rapports d^ambassadeurs et de Botero.
(i) ToNDuzzi, Hist. de Faenza, p. 605.
Baldassini, Mémoires historiques de la très-ancienne cité de Jesi; Jesi, 1744, p. 256.