‹ Histoire des Italiens, trChapitre 137 sur 176 · INQUISITION A NAPLES · texte numérisé non relu

INQUISITION A NAPLES

lièrement une union, en considérant comme traître à la patrie quiconque refusera d'en faire partie, et prend les armes sous la conduite de Mormile et de Cararciolo. Ferrant Sansevermo, prince de Salerne, et Placide Sangro, furent députés à Tempereur pour lui faire savoir qu'il n'y avait pas rébellion contre Id dans ce soulèvement causé par une rigueur illégale^ puisque les chapitres du royaume portaient qu'on n'établirait point l'inquisition espagnole. Le peuple resta donc longtemps dans uœ attitude belliqueuse; il se trouva môme des citoyens qui conseillaient de se donner au pape, qui, à l'ancien droit de souveraineté, joignait alors la haine contre les Espagnols, ou bien d'appeler Pierre Strozzi" et les Français qui se trouvaient à Sienne; mais la plupart^ persévérant dans la soumission^ criaient : Empire et Espagne ! Les barons avaient été appelés au château par le vice-roi à titre d^obéissance féodale. Les grandes familles se retirèrent, la populace et les bannis prévalurent, et le plus grand désordre régnait dans cet infortuné pays. Il fallait caresser la multitude par l'exagération du langage, par la vulgarité du costume et des manières ; d'un autre côté, les soldats espagnols saisissaient toutes les occasions de piller, et les deux partis cherchaient des auxiliaires et munissaient les forteresses.

Sur les conseils du pape et de Saint-Charles, on députa vers l'empereur le fameux jurisconsulte Paul d'Arezzo, avec de chaudes suppliques, dans lesquelles on remarque, étrange raison, que, les faux serments étant trop communs à Naples, personne ne serait certain de conserver sa vie et ses biens. L'empereur consentit avec difficulté à donner audience aux envoyés; il ordonna que le peuple déposât les armes dans les mains du viceroi, et la ville, déconragte, obéit, implora miséricorde, maisobtint que les cas d'hérésie seraient jugés par les ecclésiastiques ordinaires. Trente-six personnes, exceptées de l'amnistie, avaient déjà pris la fuite; Mormile, avec d'autres, se réfugia en France, où il fut bien accueilli et traité avec libéralité. L'empereur déclara la ville très-fidèle, en lui imposant 100,000 écus d'amende. Le nouveau pape, Jules 111, défendit, par une bulle, les confiscations pour cas d'iiérésie, et annula celles qu'on avait faites jusqu'alors (1) ; les coupables étaient envoyés à Home pour abjurer et subir les pénitences imposées, et puis ils retournaient chez eux.

(1) GlAN>0>K, liv. XXXH, (11. 5.

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Philippe II avait succédé à Gharies-Quint dans le royaume 'Espagne^ les possessions de Plnde^ de l'Amérique et de l'Ita- ' e; le nom de ce roi représente proverbialement Topposition ODtre l^érésie, c'est-à-dire pour les uns une persévérance géâreuse^ bien qu'inexorable, et pour les autres le type de la tyauanie^ delà férocité^ de Thypocrisie. L^inquisition^ que son ère lui avait reconunandée par son testament, il la fit exercer i^vec inflexibilité de Thomme qui croit accomplir un devoir. Uors se multiplièrent ces théAtrals auto^a-fé , dans lesquels sa solennisait la persécution^ tellement on la croyait juste. Afin ({ae. ses sujets ne fussent pas traités d'une manière différente, il voulait faire à Milan le don funeste du saint-office, organisé à Teepagnole; mais la ville envoya de hauts personnages au roi^ an concile, au pape, qui prenait ombrage de ce tribunal indép^ant de son autorité; on finit par obtenir que la Lombardie, déjà si malheureuse, ne subirait pas cette nouvelle calamité. ; . Les rigueurs et les soupçons redoublaient dans le royaume de Naples. Parmi les individus qui avaient fréquenté Victoire Gotorma et Julie Gonzague, beaucoup comparurent devant le vicaire derarebevêque. Malgré le privilège de Jules 111, Jean-François d'Alois, de Gaserte, et Jean Bernardin de Gargano, d'Âversa, fuient décapités , brûlés , et leurs biens confisqués. Ge supplice remplit la ville de terreur; un grand nombre d'habitants émigrèrent, et le peuple fit demander au vice-roi, duc d^Alcala, s'il avait rintention d'établir l'inquisition espagnole; il l'assura que mte n'était pas son intention. Les Napolitains ne repoussaient pas l'inquisition ordinaire, exercée par les évoques. Dans le Stggio di. Capuana^ il est dit (i) : a Qu'on choisisse des députés «pour aller remercier l'illustrissime archevêque de ses nom- «breuses démonstrations contre les hérétiques et les juifs, et le 1^)sup[dier de faire connaître à sa béatitude le désir qu'a cette

* viUe que ces sortes de personnes soient rigoureusement pu- *ues et extirpées par la main de notre ordinaire, comme il

* convient D'ailleurs, nous l'avons toujours demandé, selon la

* règle des canons et sans interposition de cour séculière ; mais

* que l'on procède saintement dans les choses de religion tan- ^ tum, » Néanmoins, nous verrons ces pays baignés de sang P<Hir cause de religion.

Les {Nrinces trouvèrent dans ^inquisition un instrument favo*

(1) Manuscrits, à Taimée 1571.

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