‹ Histoire des Italiens, trChapitre 136 sur 176 · INQUISITION A NAPLES · texte numérisé non relu

INQUISITION A NAPLES

jique de Mélanchlhon , en exposant les éptlres de saint Paul lans le nouveau sens , et publia même un ouvrage intitulé : Bienfait du Christ. Cité à comparaître devant l'inquisition , il prit la fuite; puis il vint lui-môme volontairement, se rétracta, Dbtint son pardon, se soumit à beaucoup de pénitences, et abjura publiquement dans les cathédrales de Naplcs et de Caserte, en îvÔUant qu^il avait beaucoup de prosélytes, parmi lesquels un grand nombre de femmes.

Le vice-roi Tolède, à qui Charles-Quint avait particulièrement recommandé d'empêcher la diffusion de Thérésie, brûla une masse de livres qui la propageaient, et défendit d'introduire aucun traité de matières théologiques qui n'auraient point Tapprobation du saint-siége; en outre, il proscrivit les académies qui, sous prétexte de littérature ou de philosophie, envahissaient facilement le champ théologique. Puis, sur les instances de Temperetir, qui voyait en Allemagne les désordres causés par la réfonme, il résolut d'introduire dans le royaume l'inquisition espagnole; agissant avec pleine indépendance des évoques et de tonte autorité, sans jamais faire connaître les témoins, cette inquisition ouvrait la voie aux vengeances et aux fausses dépositions, outre qu'elle ajoutait aux peines la confiscation. Les Napolitains 8*y opposent donc, et, comme les paroles sont inutiles, le peuple s'insurge en criant aux armes, arrache les affiches, et remplace les anciens magistrats par d'autres qui lui inspirent plus de con- iw? fiance ; les nobles se mêlent aux plébéiens en les excitant, et les appellent leurs frères. Tolède cita le plébéien Thomas Anello, de Sorrente, et le noble César Mormile, chef du parti soulevé; mais ils forent accompagnés d'une foule si nombreuse, qu'il dut dis - ^uler et les laisser porter en triomphe dans les différentes places, afin d'apaiser le peuple; en attendant, et bien qu'il don- Q41 de bonnes paroles et promît que jamais, lui vivant, cette tyrannie ne serait introduite, il appelait des troupes.

tin léger accident devient une occasion de verser le sang; les ^ïâgnois assaillent le peuple, qui répond par les barricades et ^e tocsin; les rues Tolède et Catalane offrent le spectacle d'une 'HHïcherie; quelques nobles, non comme plus coupables que les autres, mais pour l'exemple , sont jugés sommairement et envoyés au supplice. Tolède alors , persuadé qu^il a frappé les esprits de terreur, se promène hardiment dans la ville , mais per- ^e ne Paccueille par un acte de respect. Le peuple , qui ^^sisteà peine au désir de le mettre en lambeaux, forme régu-

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