‹ Histoire des Italiens, trChapitre 151 sur 176 · PIE T · texte numérisé non relu

PIE T

Philippe II repoussait iui-oiônie cette bulle, regardait Vexeguatur ooauQe néceMaire^ et dut lui écrire pour qu'il ne s'exposât poiai à voir ce que pouvait un roi fort, poussé aux extrémités.

Informé que Mantoue fourmillait d'hérétiques^ il envoya dans œtta vill^ Camille Campeggi» théologien du concile^ qui exerça di nombreuses poursuites, suivies de beaucoup d'emprisonné* monta ; huit individus furent condamnés à faire abjuration pu-* byque à Saint-Dominique. Leurs parents cherchèrent à provoqpAT une émeute pour empêcher la punition; mais, ayant échoué, lia tramèrent contre la vie de l'inquisiteur , et blessèrent deux moines le jour de Noël. Le duc Guillaume, qui s'était déclaré le serviteur de Campeggi, au point de lui promettre qu'il Faiderait comme sbire s'il le fallait, publia un ban sévère contre les per^ tuAateurs ; mais en même temps il demandait au pape de rappeler fion délégué. Pie V, loin d'y consentir, imputa ces désordreç à la tiédeur du duc, et fit partir saint Charles pour Mantoue. Ce nouvel auxiliaire échauffa le zèle de l'inquisition, poursuivit sévèrement les hérétiques, imposa des abjurations, et fit subir même de ces supplices que la libre Amérique inflige aux q^gres encore de nos jours, et que la haute opinion que nous avons de la sainteté de l'Église nous pousse à déplorer.

Cette sévérité ne diminuait pas, dans le saint pape, sa douce simplicité. Avec un compagnon d'enfance, il avait planté une Yigne par amusement, en disant : Personne ne boira du vin de eelU4à; or son vieux compagnon vint lui offrir un petit baril rempli de la liqueur fournie par cette vigne, en lui rappelant ses paroles d'autrefois; mais alors, ajouta-t-il. Votre Sainteté n'était pas encore infaillible. Un jour qu'il voyageait de Milan à Sonçino^ il rencontra un jeune domestique qui, touché de compaslion en le voyant fatigué, lui fit mettre son bissac sur sa bête de somme, et le porta jusqu'au lieu de sa destination ; Pie n'oublia point ce service, et l'ayant fait appeler, il lui donna un emploi dims te pelais^

Ce pontife, sentant sa fin prochaine, visita les sept églises, et E^tsa le saint escalier pour faire ses adieux à ces lieux sacrés, Ca sincérité de sa dévotion fit que, malgré sa rigidité, le peuple l'aima vivant, et le vénéra après sa mort ; Bacon s'étonnait que llîglîse ne comptait point ce grand homme parmi les saints, et Pie Y, en effet, fut le dernier pape canonisé.

Afin de se conformer au système de bascule, on lui donna 1572 pour successeur le Bolonais Ugo Buoncompagni, sous le nom de

40i GUKGOUIE XIII.

i'tr^^^^»r^'. XIII» flfïxiblo et cli'îinent au point de blesser la justice. Vai ïmV' (il; ropinion morale, il dut réprimer ses inclinatîoDs mondiiiiH*K, KJ lûmi qiril eut de la peine à favoriser son propre fib, et ne put rinu pour seK iinveux ; du reste, il remplissait exactement NfH di*voirM cir rlK^f des fidèles, eonférait le chapeau aux plus diKtH*H ri répandait Tinstruction. Selon les décrets du concile de TriMiti*. il riivoya des visiteurs apostoliques, qui vérifiaient les rciinptrs d<*H i^glises, des étid)li$sements pieux et des confréries; hiiiIn ItMir y.(Mo outn^ produisit des mécontentements. Prodigue uutnni qiio I Aui X, tuais ptuir couvrir les déficits laissés perce ptuilifo. il fonda rt dota vingt-trois collèges, et, à l'ouverture de rrlui ilo ttiutos les nations, on prononça des discours en viagtrinq latigurs. Il rtMalilit le collège gennanique , arène de futon nIhIMos : il on iwa un pour lostirecs qui recevaient l'instractioD dans lo lau^age et le rite nationaux ; un pour les Hongn», no |Kuir los lllyi'ions h Lorelo. un pour les Maronites, un autre pov 1rs Anglais. Outre la roronstruotion du collège romun, îl insli' tua ri'lui dos NiH^pliyies, puis il en sema toute l'Allemagne et II Kranoo, sans oublier mt^me le Japon, où il en ouvrit trois. H distribua deux millions trtvus pour venir an secours des êtudati |ViUi\r\'s. et un million pour faire des religieuses ou maiiffè joutios lillos indigentes 1 1 ^

Sur 1rs oonsoiU do oe p;ipe. le cardinal Feniinand de MèiSâ l\nul.i uuo unpriiiHTio de oiiupuuiîo Iau-p.ws .^ritHSfjles. t?t fit ptf* lir |vM!r IKtliK^pio. .Vlo\a:uirio. Au'.xvl'.e. des v;.vair»u?5t?niifts. oiiîro dutrt^s Us KUnvt^.tuis JtMîi-Baw^i^e et Jcr3uie Veiviurfi. ipii cw r.ïpjvr^'rt^::'. di s u;auusiTiis.

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BULLAIRE. LE CALENDRIER. 465

erronée. Une magnifique édition fut faite du Corps du droit romain^ travail achevé sous Grégoire XIQ^ avec de notables améliorations, bien qu^on y trouve encore des erreurs et de fausses décrétâtes. En 4586, parut le premier Bullaire^ dans lequel Laerzio Cberubini plaça chronologiquement les constitutions pontificales depuis Léon P'' jusqu*à Sixte-Quint ; il fut augmenté par aon fils Ange Marie , ensuite par Ange Lantusca et Paul de Rome. Ces collections ne valent pas le Bullarium Magnum de 1727, qui va de Léon le Grand à Benoît XIII, ni le recueil de Qiarles Coquelines fait à Rome de 1739 à 1748, auquel André Barberi, en 1835, ajouta les constitutions jusqu'à Pie YlII.

Gr^oire XIII immortalisa son pontificat parla réforme du caloidrier. Nous avons déjà dit ( Appendice 2, vol. I ] que César, IKHirle corriger, fixa Téquinoxe de printemps au 25 mars, et fit Tinnée de 365 jours 6 heures, c'est-à-dire plus longue que la Irritable de 11 minutes 12 secondes, de telle sorte que Téquinoxe, tous les 129 ans, avance d'un jour. L'Église, qui dut ^en occuper parce que Pâques tombe à la pleine lune qui succède à Téquinoxe de printemps, trouva au concile de Nicée de iS, que cet équinoxe répondait au 23 mars; mais elle ne sut pas ea deviner la cause. En 1257, la précession était de onze jours, 6t, dès cette époque , on parla d'une réforme, souvent tentée, mais sans réussite. Cette question fut agitée dans tous les coudes, mais surtout dans celui de Trente ; enfin Grégoire XIII, Ijant convoqué à Rome les personnages les plus versés dans Mtte àiatière , et notamment le Pérousin Ignace Danti, domini- 'ttin ^ et le jésuite Clavius de Bamberg , fit examiner les dif- %entes propositions; mais la formule véritable fut trouvée ijMT le médecin calabrais Louis Lilio , et complétée par son Aire Antoine. Le pape, en 1577, en envoya une copie à tous les

Vttorité en Italie jusqu'à la fin du onzième siècle, à tel point qu'en 1085, le car- «hiOâioa, depuis Urbain H, en ayant trouvé pour la première fois quelques- ' imh dans on concile allemand, les repoussa avec mépris ; qu'elles furent comifléiB en Allemagne, probablement par Benoit Lévita, clerc de l'archevêque de llfè&ce Autcaire. ,

-. - Quant an fond, les décrétales ne touchèrent pas à un point qui ne fût déjà ^llbii;: elles ont pour but de défendre les droits des primats en face des métroiMitains» c'est-à-dire de soutenir l'indépendance des évéques, au lieu d'appuyer h poBvoir pontifical. L'auteur, qui n'était ni ignorant ni incapable, n'inventa tàn» mais- il recueillit des lambeaux de lettres de papes, des codes de Théodose Bt d'AIaric , de la règle de saint Benoît, du Liber pontificalis et d'autres autorités, respectées même avant 834, époque où il commença son travail.

niST. DES ITAL. — T. VIII. 30

460 LE GALENDRIEB.

princes^ aux républiques, aux académies catholiques; après avoir obtenu leur approlmtion, il public le nouveau calendrier en i582, en supprimant dix jours entre le 5 et le i S octobre. L'année fut fixée à 365 jours^ 5 heures^ 49 nûnutes et i2 secondes^ avec un bisscxte tous les quatre ans ; cette correctioQ rapprochait tellement de la véritable année ( 36S j. B^ 48^5$*) que les minutes excédantes^ après 4^238 ans, ne donnent qu*ua jour.

Il est vrai qu'on aurait pu alors, au lieu du cycle c^ MO mi en adopter un de 355, qui réduisait Terreur de 27 secondes à un dixième de seconde sur la durée effective de Taanée: il eût été même possible^ d'abord, de faire concorder le conimenceqieDt de Tannée avec le solstice, et celui de chaque mois âv^ Tentrée du soleil dans les divers signes du zodiaque^ puisd'assi^er trepte e\ un jours aux mois compris entre Téquinoxe du printemps et celui d'automne^ et trente aux autres, en diminuant le mois de décembre.

Ces lacunes déplaisaient aux protestant? bien napi^. que le rôle du pape^ qui osait se faire juge en fait de calendrier; chacun de s'écrier: C'est un attentat à la libprté dos princes et à Tindépendance des peuples ; il y va de l'honneur et de la dijpité de l'empire germanique; il compromet les libertés gallicanes; c'est une trame des jésuites , un premier pas , et qui sait où 9 nous mènera 1 Comme il est dans les habitudes de ToppositioD parlementaire, on voulait du moins mettre quoique restriction à cette réforme. Les Grisr^ns proposaient de supprimer dni jours au lieu do dix : le juste milieu! Les princes, en effet, n'aceoptiîrent le nouveau calendrier que for-t tard : les protestanti d'AIIemafjme, en 1609; la Hollande, le Danemark et la Suisse, en 1700; l'Angleterre, en 1752, et la Suède l'année suivante, il n'est pas encore introduit chez les Russes et les Grecs, qni se trouvent en retard de treize jours (i). Peu de temps après, dans la congrégation De propagaaiii

(\) Dans l'ôglisft de San-Gaiidioso à Naples, on ronsrrve une fiole du «ang^ sàïut Kl'u'tiïU'^ qui se liquéfiait d'ordinaire le 3 aoilt. Aprô.<t la réforme du et* lendricr, le pliéiioinètie ne se produisit que le 14 ; il en fut de même dusangdc «aint Janvier, le 19 septembre : ce qui prouve que cette réforme avait été açréa* Ideau ciel, him que toute la terre ne l'exil point acceptée. Panrirolo, au rhA'h De clnris Icffum interpretibiiSf raconte que des noyers, Icsrpiels restent mwju*' qu'au jour de la Saint-Jean, pour se couvrir alors de fruits et de fcoill») ''^ vancèrent ce prodige s<-lon le nouveau calendrier.

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