‹ Histoire des Italiens, trChapitre 153 sur 176 · ILLUSTRES PRÉLATS · texte numérisé non relu

ILLUSTRES PRÉLATS

qui rappellent l'élégance de Tîle-Live. Parmi les auditeurs de la rote^ on nomme encore le cardinal IMantica du Frioul, dont les ouvrages firent texte dans les écoles et les tribunaux; Arngone^ moins occupé des livres que des affaires dans lesquelles il resta irréprochable, a Les décisions de Séraphin Olivier^ s dit le cardiifal Bentlviglio^ a sont supérieures à celles de toutes les cours ordinaires, comme il l'emporte lui-même sur les auditeurs de son propre tribunal. x> Ce Bentiviglio ajoute crue, a bien qu'Arrigone (Milanais né à Rome) n'égalât point Mantica par la renommée extérieure des livres imprimés^ il ne lui était pas inférieur par le mérite plus essentiel de la doctriiie» et te surpassait de beaucoup dans Thabilelé des affaires. »

Le servite Félicien Scosta de Capitone s'employa beaucoup contre les huguenots ; puis, sur les instances de saint Charles et par l'autorité de Pie V, promu à l'archevôché d'Avignon, il préserva cette ville des doctrines et des armes des protestants (15ii-77). n serait trop long de citer tous ceux qui, dans les nonciatures^ furent envoyés pour braver ou dissiper les orages de cette époque. Au lieu des poëtes et des soldats d'un siècle antérieur, tel était le cortège dont s*entouraient les pontifes.

Le cardinal Charles Caraffa, nonce apostolique en Allemagne, écrivit la Germania sacra restaurata^ dans laquelle il examine les progrès de la réforme dans les pays allemands, et les agitations qui la suivirent jusqu'à la guerre de Trente ans. Juvénal Àncina de Fossano^ ami^ à Rome^ des hommes les plus recommandables par le savoir et la piété, renonça aux dignités pour se faire oratorien. Après avoir refusé longtemps l'épiscopat, il fut contlaint d'accepter l'évôché dangereux et pauvre de Saluées^ où il put déployer son zèle et sa doctrine, jusqu'au moment où le poison abrégea ses jours. L'église de Gubbio fut réfbrîiiée par le Génois Frédéric Frégose, très-versé dans le grec et l'bébreU; et protecteur de tous les individus qui cultivaient ces langues; enveloppé dans les vicissitudes de sa famille et de sa patrie^ ainsi que dans les guerres contre les Barbaresques, il joua un rôle dans les affaires les plus importantes, fut aimé des personnages les plus honorables^ et recherché des protestants qui le supposèrent partisan de leurs opinions (1).

Louis Lippomano^ évèque de Padoue , après son retour de l'Allemagne en 1553, fît imprimer la Confirmation et rétablisse^

(1) GerdbS, Spécimen Itaîiœ reformatœj p. 262*

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ment de tous les dogmes eathoUques avec la subversion éêtmu les fondements^ motifs et rainons des hérétiques modernes; scm une critique inusitée jusqu'alors^ il recueillit les vies de Minii jusqu'à répoque do Bernard, conservant ainsi beaucoup de précieux récits de Grecs et de Latins. Ludovico Beccadelli, litfénteur insigne , fut l'ami des hommes distingués 9 surtout de Bembo^ de Gontarini^ de Pool y dont il écrivit la vie; secréUire au concile de Trente , administrateur de divers évéchés^ puii évoque lui-même de RagusC; il mourut en odeur de sainteté prévôt de Prato. Charles Bescapé> bamabite milanais^ employé par saint Charles dans beaucoup d'affaires^ puis évoque de Novarre^ où il fonda le séminaire , écrivit plusieurs ouvrages de droit ecclésiastique et d'histoire.

Les nombreux miracles alors proclamés^ et les fréquentes apparitions dont rhistoire a besoin du prolégomène de la foi, prouvent combien le sentiment religieux s'était ravivé. La Vierge apparaît à Caravaggio^ aux Monts dans Rome^ à Nami^ à Todît à Saint-Scvnrin^ dans le val Saint-Bernard du Savonais. Afirescia^ sur le mont Pitone^ elle ordonne à uu berger d'y coostraire une église. L'effigie de Subiaco sue; les chaînes qui anéienikt procession se brisent devant le saint Crucifbi de Côme; nnc Vierge pleure à Tréviglio dans le voisinage; une autre parl^ dans réglise de Saint-Sylvestre; à Saint*Eugène de ConcorezzOf une autre produit des signes miraculeux; une autne est miraeu* leusement découverte à Portovenere. En \ 539^ à Castiglione de^ Stiviere, dans la demeure lk)netti, au moment où Toa fendait un tronc (le noyer^ il s'en détache un éclat sur lequel 00 trouve; finement gravée, une image de la Vierge avec l'enfant Jésus; Va vue qu^elle rend à la maîtresse de la maison lui attire la véoéiation ; puis on la place dans l'église^ où elle devient célèbre p^r de nombreux bienfaits. A Lucques^ en i588^ un soldat qui perdait au jeu lance les dés à une Vierge en blasphémant^ et io^ bras se rompt dans cet acte. Après ce miracle^ les dons afflua'* rent^ et^ dans le cours de six mois, la sainte effigie fut Tobjet if^ deux cent cinquanUi processions, dont les offrandes servirent » construire la Viorgo des Miracles.

En L%0^ un jésuite associait les jeunes étudiants sous le nom de Marie; de Naples à Rome, à Cônes, à Pérouse, cette coDgr^^gatiori se répandit si rapidement que chaque ville la possédait t" liiSi, et Gréf<oire XllI la comblait, dindulgences. Ces confréiû:» sfûritiielles s'élcndirent des c(;oles aux diverses clasies de la

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