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société : les artisans et les noUes, les marchands et les magistrats invoquaient tous Marie dans des formules uniformes. A Rome^on institua Moratoire de l'Amour divin ^ auquel appartenaient Contaritti^ Sadoleto, Ghiberti, Garaffa, qui furent ensuite cardinaux, et Gaétan , Tiene et Lippomano.
A Florence, Hippolyte Gaiantino, fabricant d'étoffes de soie, s^étâit appliqué dus son adolescence à aimer et à secourir les pauvres; avec l'assistance du cardinal Alexandre de Médicis, il fonda la congrégation des Vanchctoni ou de la Doctrine chrétienne, qui dure encore, pour venir surtout en aide aux ouvriers eu soie. Dans cette même ville, il fut établi, sur les instances du mouQe Albert Leoni, une pieuse maison des catéchumènes. A Milan, un prêtre, nommé Castellini de Gastello, organisa la compagnie de la Réforme chrétienne, laquelle n'était, du reste, que la confrérie du catéchisme, et qui prit ensuite le nom de Serviteurs des petits enfants. Le moine Buono de Crémone introduisit dans cette ville, outre la dévotion des Quarante beaf^et Tusage de sonner rag<mie à neuf heures du soir, un asile à âaiute-Yalérie pour les repenties. Nous pourrions ajouter les ^^i^gaiiohs du Bon Jésus, de la Mère de Dieu , de la Bonne Mort et tant d'autres.
Les mômes avaient cessé leur mission politique du moyen
^) et ce n'était que par obéissance qu'ils se chargeaient d'am-
Rasades ou de réconciliations; mais des ordres nouveaux ou des
^res anciens régénérés tendaient à réveiller le sentiment reli-
Sieùx et à rajeunir le monachisme, alors que les protestants Pa-
i^i^sâient. Antérieurement, le Calabrais saint François de Paule
B^ait institué les 'minimes, qui furent appelés en Espagne Pères
^ fo tAct'oirêy parce qu'on attribua les triomphes sur les Maures
'^ teur intercession ; en France, ils s'intitulèrent les Bons hommes,
P^txequé leur fondateni' fut signalé sous le nom de bon homme
^*lt cour de Louis'XI. Les franciscains subirent différentes ré-
f^ttnes; frères déchaux d'abord, mineurs conventuels, de l'é-
^oitei observance; ils Rnirent par être capucins. Cet ordre obtint
^y^xe exemptié 'dé la faculté de pouvoir posséder, que le con-
^ïle de Trente avait accordée même aux ordres mendiants. De
^dme que les jésuites exerçaient leur activité parmi les hautes
^^i^sses de la société, les capucins étaient organisés pour le peu-
P^aa milieu* duqnel ils iù répandaient pour conseiller et prê-
^^^,isaas reeuler' devant les trivialités el les bouffonneries;
ôi on s*abstiendra de les raHler de cette faiblesse, comme
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aussi des éprouves absurdes de leur noviciat et de leurs pratiques minutieuses, si l'on se rappelle qu'ils déployèrent un coarage héroïque durant les pestes d'alors, et que le sang des fuppliciés n^jaiilit toujours sur leur tunique.
Le Milanais Ambroise Stampa-Soncino^ gendre d'Anton de Leyva, abandonna les dignités pour revêtir l'habit de capacio; ayant reçu un soufflet pour avoir repris un individu qui bbtf* phémait dans les rues de Milan , il lui dit , en lui présentant Pautre joue : Frappe y mais ce$se de blasphémer y et ce dévouement corrigea le brutal. Il mourut parmi lesBarbiresques en 1601, après avoir opéré des conversions et racheté des captifs chrétiens. Alphonse III, duc d'Esté, renonce au pouvoir à trente-huit ans, se fait capucin à Merano du Tyrol, où il soigne des pestiférés et convertit des hérétiques. Joseph de Leonessa, envoyé comme missionnaire en Turquie, catéchise à Péra l€s galériens, et les Turcs le suspendent par un pied, puis l'exilent. Rongé par un horrible cancer, et prêt à subir l'opération, il ne voulut pas être attaché, en disant : Donnes^moi le Cruci^; il me tiendra immobile bien plus que loute espèce de liens. Laurent (le IJrindes, professeur à Vérone et à Padoue, se mit à réformer les habitudes des jeunes -étudiants; appelé à ttomepoor s'occuper de la conversion des juifs, il discutait avec les rabbins sans colftre ni personnalit<;s^ les invitant à examiner le texte biblique; puis il exhorta les prîncfis allemands à s'armer contre Mahomet III, et, la croix \i la main, on le vit chevaucher à la tête de l'arméf; dans la bataille du il octobre IGU, dont la victoire fut attribué<î à un miracle de lui; plus tard, on le chargea de former des li{jçuf!S et de remplir des ambassades pendant la guerre (h; Trente ans.
Nous avons mentionné le juif Sixte de Sienne, qui , gagné de bonne heure à l'Kglise et devnnu franciscain, prêcha avec beaucoup d'éclat (;t de fruit; mais, orgueilleux de son mérite, il tomba dans des erreurs qui le firent condamner au feu par le saint office, (ihi.slieii, ému de compassion devant sa jeunesse et son rare savoir, se [>ro[)()sa de le convertir, et , malgré l'amo!U'-proj)re ((ni l'cfuchaînait \\ son opinion, il parvint à le ramener ; a[)rès av(.ir obtenu sa grfirfî de Jules 111, il le fit entrer dans l'ordn; des doujinicains, et l'employa utilement, soit àprfelior, soit il convertir des juifs qui, réunis en grand nombrp à Oémone, propageai(*nt des livres de leur foi. Sixte choisit les ouvragiîs utiles, comme le Talmud et d'autres, puis jeta aux
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nàniihièé (ceux qui né pouvaiient rendrie aucun âervice. Dans sa Kblibthèque sainte y il traita des livres sacrés, de leurs lilterfôrfites^ ël des erreurs qui en dérivaient. Il mourut à Gôiles en i869^ à i'âge de quarante-neuf ans.
ftul GiUsti)1iani avait réformé les camaldudes par la nou-
^Ijlite btibgrégation de Monle-Ck)rona, dite des érémites. Thérèse,
W)H de l'Italie^ réforma les carmélites. François de Sàies tovAh
fesvlsitàtidines; Joseph Galasauzio^ les écoles pieiises; Jeàti de
teo, les fate-bene-fratelli ; Louise de Marillac^ les sœurs de la
<^ité^ (}ui se propagèrent bientôt en Italie. L'Espagnol , frère
tletrë^ canhe déchaiissé, préchant à Naples, recueillit i4,28S
M^; livec lesquels 11 acheta le palais et les jardins du duc de
Ifocera^, dont il fit Tégllsè et le monastère de la Mère de Dieu. Les
tbéi^sienne^ déchaussées achetaient également dans cette ville,
^ prix dé 16^000 ducats, le palais du prince de Tarâia^ qui de-
^t leur monastère de Saint-Joseph. Le palais Cardeciolo fût
^hV^j en hôpital des frères de la charité ; celui des Seripratido
^Hit à faire Péglise des philippins^ la plus somptueuse peut-
*trt de Ndples; les camalduleâ y occupèrent leur délicieuse
Montagne, les capucins la Goncezione^ les dominicains laSânilà^
1^ Paolotti la Stella.
1^ Génois François Âdorno, provincial de Lombardie et directeur spirituel de saint Charles^ fut le premier recteur du collège i^ùitique def Milan. En 1581^ le père Âquaviva^ de l'illustre niaiâron deèp ducs d'Atri, devînt le général de l'ordre, dont la gloire, t^éndant trente ans, fut Tobjet constant de son activité; il écrivit l^nsieurs livres sur les {équités et la religion; on lui attribue lès Monita sécréta^ opuscule absurde, reconnu fatix ttiéme danift tlh Hvre hostile, imprimé quelque temps après contre les jésuites ftiedertiés (i).
(1) De modérais jesuitarum moribus, sous le nonï supposé de Philadelphe, et la bvise indication dlgnatiauopolis, 1673. Le résideiit vénitien à Rome, le 13 avril 1567, c'est-à-dire vin^-fiept ans après l'approbation de la société, écrivait à la Seigueurie : « Sa Sainteté a permis aux jésuites d'avoir 100,000 écus de revenu, butre ce qu'ils possèdent dans cette ville. Le culte divin et la bonne éducation lie la jeunesse sont confia principalement à leurs soins. Ils ont quatre maisons ou palais piincipaux, deux desquels servent pour leur habitation, et contiennent ksiks égUses, oft dbaqne jour accourent beaufconp de persouucs pour se confesser et communier; dans les deux autres, plus vastes, ils maugeiit, et c'est enrôre là que , sous le nom de sémiuaire et de collège gcrmauique , ils élèvent, avec uii ordre singulier, plus de quatre cents jeunes gens dans la religion et les b^es-lettres ; en outre, ils font des leçons publiques sur toutes sortes de pro-
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Louis Gonzague naquit de don Ferrant , troisième prince de Castiglione des Stiviere^ brave condottiere de Philippe II contre les Anglais et les Maures; renonçant aux grandeurs pour se faire jésuite, il devint, quoiqu'il mourût jeune^ un modèle de la pe^ fection intérieure et de la charité qui le poussait, lui prince, ï mendier dans les rues de Rome afin de secourir les malades iodigents. Il avait eu pour directeur spirituel Jérôme Piatti, jésuite milanais d'une rare vertu, qui entraîna beaucoup de persoBoa dans la vie monastique par le Meilleur état de vie du religieux*
La compagnie reçut aussi un grand lustre du Polonais Stanislas Kostka, qui mourut à Rome en 1568^ et de François Batgia, duc de Candie, vice-roi de Catalogne, et grand ami du poète Garcilasse de la Vega; le dernier s'enfuit de Rome, oii il était venu^ dans la crainte que Jules III ne le fit cardinal. Le pèie Pierre Venosta^ de la Valteline^ envoyé par saint I^ce pour rétablir la religion en Sicile, y fut massacré en 1564. A Naples^k père Salmerone prêchait sur les places, et visitait les lil])raiiies publiques pour chercher et brûler les mauviûs livres. Le père Palmia convertit beaucoup d'étudiants à Padoue, parmi lesquels trois frères Gagliardi et Antoine Possevino, qui devinrent, des flambeaux de TÉglise. Le père Landini fut envoyé en mission dans la Lunigiana, la Garfagnana, le Lucquois, à Modène^à Spoleto, à Reggio, où il trouvait le luthéranisme fort répapdOf a des prêtres même atteints de l'erreur, et ce culte, ici plus,lii moins, professé ouvertement (Bartoli). o II apaisa beaucoupde haines, surtout à Careggio dans la Garfagnana; puis, il se rendit dans les îles de Caprée et de Corse, où ses efl'orts furent égalelement couronnés de succès.
Bernardin Realino* de Carpi, cher aux cours pour ses belles manières, aux doctes pour ses connaissances philologiques et légales, laissa les fonctions et les honneurs pour se faire jésuite; sa patience et sa charité lui attirèrent la vénération publique. Le Padouan Achille Gagliardi, auteur d'œuvres spirituelles, que Pon voudrait comparer à V Imitation de Jésus-Christ, dirigeai jeunesse avec zèle et habileté dans les collèges de Turin, de Milan, de Venise et de Brescia; bien qu'il eût plus de soixante ans, il prêchait trois fois par jour.
Comme tous les ordres nouveaux, les jésuites veillaient sur
fessions, mais irenseigiieiit pas les lois. Sa Sainteté les emploie dans l)eaucoiip de choses rt*lati\es à la foi, ce «jui leur a valu auprès de tous uu' grand renom de suxoiret d*habileté. »