‹ Histoire des Italiens, trChapitre 52 sur 176 · ECOLES DE BOLOGNE ET J)£ FERRARE · texte numérisé non relu

ECOLES DE BOLOGNE ET J)£ FERRARE

destie; mais il est faux queFrancia en mourut d'envie^ puisqu'il

vécut jusqu'en 1533. Son saint Sébastien à la Zecca fut le type des Bolonais; d'autres , au contraire^ se formaient sur les nouwiiix modèles, comme Hippolyte Costa ^ qui remplit Mantoue de peintures maniérées; conmie Sabbatini^ aux compositions gndeuses^ mais faible de coloris; comme Horace Sammachini, 80D grand ami^ qui donne à ses saints une e5Lpression de piété digne et tendre, tandis qu'il sut être vigoureux dans la voûte de Siini-Abonde à Crémone. Thomas .Vincidor^ peintre etsculpteur de Charles Y^ qui a laissé d'insignes monuments dans les Flandres^ n'est pas même cité par Vasari^ et Zani le fait étranger; nuis l'Académie de Belgique, dans ses procès-verbaux de 1854^ établissait qu'il était Bolonais.

(kxnme les princes avaient le sentiment du beau, alors même ^rïis manquaient de l'intelligence du bon, la misérable race des Aies d^te fit travailler les artistes à Ferrare. Le marquis Nicolas, outre la grande église votive à Saint-Gothard, construisait Beanregard, dont les trois cent soixante chambres étaient peintes par on certain Jean de Sienne. Dans le palais de Schifanoja, le docBorso fit surtout représenter^ par Pierre de la Francesca^ des oiseaux et des chasses, la moins ignoble de ses passions. Le duc Hercule couvrit de peintures et de sculptures églises et palais.

François Costa peignit la merveilleuse Vierge de Barracano à Bologne^ où il eut pour élève Laurent Costa. Ce fut à Bologne tpese formèrent les artistes ferrarais^ comme Hercule Grandi, eomparé^ par Yasari, aux meilleurs maîtres; Vaccarini^ Ortolaoo^ Gortellini et Cotignola. Garofolo (Benvenuto Tisi) tira des Wfres de Raphaël^ de Léonard de Vinci et de Boccacino beaucoup de grftce^ et des statues antiques, la perfection du modèle; loais il répète les mêmes types, les mêmes draperies^ avec la nrtme nuance de tons. S'il a mérité d'être loué pour l'élégance <^ la suavité^ pour ce fini de miniature qu'on remarque dans ses petites œuvres^ pour l'idéalité religieuse de plusieurs de ses tableaux, dans d'autres, sacrifiant à la mode ou bien aux comoumdes ducales^ il peignit des Vénus et des bacchanales ; il plaça dans le paradis l'Arioste entre sainte Catherine et saint Sébastien^ et peignit l'enfant Jésus s'amusant avec un singe sur les genoux de Marie. Dans sa vieillesse, il fit vœu d'employer tous les dimanches à orner le couvent de Saint-Bernardin^ où deux de ses filles avaient pris le voile; il devint aveugle.

Dans le Jugement universel de la cathédrale^ Philippe Baffico

W) G0RRÉ6E.

sut être grand ot nouveau, même après Michel^Ange. SigîfliH dino Scarsella , son compétiteur, fut surpassé par son fils Bi polyte, gracieux dans les physionomies et lea vêtements, dessin facile. Bastarolo (Joseph-Mazzola), peintre étudié et I01 est moins connu qu'il ne le mérite. Alphonse et Hercule d'Es qui faisaient peindre des nudités mythologiques et les travs d'Hercule, aimaient la verve païenne de Jean-Baptiste Dos paysagiste, et de Dosso Dossi, figuriste et coloriste vanté, fîfii toujours en querelle, bien qu'ils travaillassent toujours ensetnl dans les palais ducaux et ailleurs; au reste, ils ne méritâic pas que TAriostc les rangeât parmi les grands maîtres. 1^91.1524 La forme, la grâce et l'harmonie paraissaient incarnées di Léonard de Vinci, Michel-Ange. Raphaël, et cependant Antof Allegri de Corrogçio occupe à c*oté d^eux une place originale. L documents modernes démentent tout ce qu'en a dit Ymi bien qu'il écrivit vingt ans a peine après la mort de cet arM mais ils ne sont pas assez explicites sur ses actes et son géfli Formé sur les Lombards^, non sur Mantegna^ déjà mort, ifsr dans les lettres et Thistoire, il se fait un style à la fois indépfl dant et gracieux, puissant et hardi, bien qu'on présume qtl n'ait pas quitté Parme, où les rémunérations el les louaogal furent mesurées avec plus de parcinoonie qu'on ne la faisait fl leurs ; mais il n'est pas vrai qu'il languit dans l'hidigeDce (l)*! Vierge de saint Antoine, faite à dix-huit ans, est peut-étieft tableau le plus beau, le plus élégant et le plus pur.

I>ansrapparlementderabbe«se de Saint-Paul, Corr^eretriç avec la libre facilité et la gràc« limpide des anciens, des soto plus que mondaines, dans lesquelles on admire la légèreté d cbevoux, des lèvres féminines, des sourires où Tamour fféf

(I) Il faut cUmct laraii Ict ascodotc» recuâlUrs dans les mes ia paumli (xiiTv^c et le peu d''Ar^il qu'il tir^l i\v m» a-inres. TindxMchi a founi pinixr niatci-itHo que, |xmr U coupcilc 3e SiÛDl-Jean, a\ec les (Mnemeots ajc tt^ À la çT^iTiil;' nef, il rrçut 4*î «^qiiins; pour li ccmpele de la catbédii 1,<V00; pirnr lu f'irrft H mint jÊutt^inr^ !00; pour saint Jén»«ir, SO; poM Uldmu àc la Siiii^ maint esiani à Ilmidr, 4^ et deaî éo» d'or. I^et nooibrei («mirs tradilÏMindk» fur le CMxiple de Corrépr cnt (%é riùrtêei par Tuib ciu» l^uii7iii<oniH AïTô, et, apmi ou\, en k pul>lk- di%£r» docttaieiits. U iaudi <:hai)j*tT le lim* Ju Jcssin hxliquc daiii !« lablicflLtMjue Ambrofieiuie eom rej»r«''S*nlaTjt l.i fftitti.h de Cùnt^r^ <t qui ofTrt ud xieilljtrd, avec une feo mrort jnme . imr filh' v\ iniis i;ârrfiTii> i>u-pi(>ds : car ce peintre, à ^înçt- ;ms (p^uMi («iiHtlasiia Nn'liiû, kçho de Mrife axK, dont il enl «n girçon et tr fiUei.

PAHMIGIANINO. 151

ihmA* Chargé de peindre la coupole de Saint-Jean, il produisit tue merveille^ puisqu'on n'avait pas encore le Jugement de la dupalle Sixtine^ avec laquelle il rivalise par la grandeur d'expfttiiûQ et la hardiesse des attitudes^ surtout dans les apôtres d^ panaches. On peut encore compîii^r aux œuvres de cette dvipelle aon Assomption de la coupole de la cathédrale, compositiûQ méine trop riche, au point que la pureté céleste est obsmàià par le désir de montrer de Tbabileté.

ftms Texpression des sentiments affectueux, le Corrége pos^ lèila qne tendresse que Raphaël ne connut môme pas, bien qu'il Texagère parfois, alors qu'il faudrait de la tranquillité ; du reste, il excite l'admiration des académiciens par des raccourcis de deesous en dessus» et par la perspective de la nature humaine^ dont il rend les contours par des courbes toujours élégantes^ Bénie jusqu'à la mignardise. Mais, soit qu'il représente des sqets tranquilles^ comme les Saintes Familles^ le Repos en inpte et la Nuiîy ou douloureux comme le Christ au jardin et itmiiPilate; soit que, par des œuvres mythologiques, il exprime iniquement la vie extérieure, il excelle toujours, et toujours on ^tapite dans ses tableaux la souveraine intelligence des clairsobecurs, l'harmonieuse fusion de la lumière avec Tombre, l'impeieeptible gradation des teintes, si bien qu'elle fait paraître sobre Ge qui est traité avec une richesse appréciable seulement pour œlui qui tente de l'imiter ; de môme, dès qu'on examine la variété de ses poses et les saines attitudes de ses personnages, on ne croit plus à cette facilité, qui semble tenir de ^improvisateur : témoipige qu'il associait l'imagination à l'érudition, l'élégance à la richesse*

François Mazzola dit le Parmigianino, talent mûr de bonne i^^ztio heure, exagéra la grâce de Corrége jusqu'à l'aiTéterie. Ses toiles l'absorbaient tellement, qu'il ne s'aperçut pas que les bandes du connétable de Bourbon dévastaient Rome, bandes qui le réduisirent à la misère, lui conmie tant d'autres. Il commença i peindre à la Stecoata de Parme; mais, comme il ne finit point sou travail, bien qu'il eût touché l'argent, il dut s'enfuir à Casalttiggiore» où sa mémoire est conservée par des traditions populaires et des tableaux grandioses, bien conçus et très-bien exécutés (i). Obtenant partout des honneurs mais peu d'argent,

(1) Henri Mortara, dans une biographie affectée de ce peintre, croit qu'il se Sût i l'akhimie et gravait sur bois. On prétend reconnaître le type de ses

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