‹ Histoire des jardins anciens et modernesChapitre 4 sur 100 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il serait fort difficile d’établir une classification hiérarchique des arts, et de dire lequel est le plus élevé en dignité et doit prendre le premier rang; lequel doit venir au second rang, et ainsi de suite. Si l’on consultait les artistes sur cette matière délicate, chacun soutiendrait certainement que c’est son art à lui qui est le premier de tous. Ils n’en viendraient sans doute pas aux injures et aux coups, comme les maîtres de M. Jourdain; mais ils auraient beau discuter avec tout le calme imaginable, avec le plus sincère désir de s'éclairer mutuellement : chacun d’eux s’en irait avec la conviction que son art est le plus beau, le plus noble, le plus bienfaisant qu’il y ait au monde. Un aréopage d'hommes éclairés et impartiaux, connaissant et estimant tous les arts sans en pratiquer aucun , serait assurément plus apte qu aucun artiste à prononcer entre eux. Je ne sache pas qu'un tel tribunal ait jamais été constitué, ni qu’aucun critique ait essayé de déterminer la valeur et le mérite respectifs des divers arts. A dire vrai, je ne crois pas que la chose soit

possible.

La classification même par groupes, que l'on admet communément, est loin d être satisfaisante. La catégorie comprenant ce qu’on appelle les « Beaux- Arts j) est, de l'avis unanime, la première de toutes; mais elle a le tort d’être mal définie et mal délimitée; on sait bien que certains arts, réputés les plus beaux de tous, y entrent de plein droit; mais les autres, à quelle catégorie appartiennent-ils? La danse, la comédie, la déclamation, la pantomime sontelles des <r beaux-arts » ? Je ne sais trop. Pour moi, volontiers je les qualifierais simplement de jolis. Il me semble qu’une classe des Jolis-Arts ne ferait pas trop mauvaise figure après celle des beaux-arts. Quoi qu’il en soit, beaux-arts et jolis- arts se confondent dans une autre catégorie : celle des arts de luxe, à côté, ou au-dessous, — ou au-dessus? — de laquelle se placent les arts dits industriels, puis les arts utiles, tous, soit dit en passant, aussi peu définis et aussi vaguement caractérisés les uns que les autres, et dont plusieurs sont bel et bien des arts de luxe.

Parmi tous ces arts, quelle est la place de l’art des jardins? Il n’en a aucune. — C’est, à coup sûr, direz- vous, un art de luxe. — Mon Dieu! comme tous les arts. — Qu’est-ce que l’art? une superfétation, disait un esthéticien de brasserie. — Il avait raison. L’art est le luxe de l’intelligence et du génie, et tout objet d’art est un objet de luxe, — à moins cependant qu’il ne soit en même temps un objet utile, ou même nécessaire. Qu’est-ce, en effet, qu’un objet de luxe? encore une chose qui échappe à peu près à toute définition. D’autre part, si tout objet d’art est un objet de luxe, il y a beaucoup d’objets de luxe qui ne peuvent guère passer pour des objets d’art.

Quand nous serons convenus, — et sur ce point il ne saurait y avoir de dispute, — que l’art des jardins est un art de luxe, nous ne serons donc pas beaucoup plus avancés, et nous pourrons nous demander si l’art des jardins n’est pas en même temps un art utile. A cette question encore la réponse, à ce qu’il me semble, n’est pas douteuse : l’art des jardins est à la fois un art de luxe et un art utile, au même titre que l’architecture, avec cette différence que dans l’architecture c’est l’élément utilité qui domine, tandis que c’est l’élément luxe qui l’emporte dans l’art des jardins. Cependant l’architecture est rattachée officiellement, si j’ose ainsi dire, à la classe des beaux-arts. Elle est représentée comme telle à l’Institut et à l’École des beaux-arts, avec la peinture, la sculpture, la gravure, la composition musicale. L’art des jardins n’est représenté nulle part. L’État entretient à grands frais, sous le nom de Conservatoire de musique et de déclamation, une haute école où il prend soin de former des chanteurs et des chanteuses, des instrumentistes, des comédiens de l’un et de l’autre sexe, voire des danseurs et des danseuses. Cherchez, ou plutôt ne cherchez pas, en France et dans les autres pays où l’on se pique d’encourager, de cultiver les arts, une école d’art des jardins : il n’y en a point. Vous trouverez çà et là quelques écoles d’horticulture; mais l’horticulture n’est point du tout l’art des jardins; ce n’en est même pas une branche : c’en est simplement une auxiliaire. L’horticulture est à peu près à

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l’art des jardins ce que la coupe des pierres est à l’architecture, ou ce que la fabrication des couleurs est à la peinture.

Ce n’est pas tout : non seulement l’art des jardins n’a point de place parmi les arts, mais il n’a pas même de nom, et ceux qui le pratiquent n'en ont pas davantage. Il y a des arts. qui s’appellent la peinture, la sculpture, la gravure, l’architecture, la comédie, la danse, et des artistes qu'on nomme peintres, sculpteurs ou statuaires, graveurs, architectes, comédiens, danseurs. Il y a, dans une autre catégorie, un art qui s'appelle l’orfèvrerie et des artistes qui s'appellent orfèvres; il y a la bijouterie et les bijoutiers, la broderie et les brodeurs, ou brodeuses. — Je pourrais prolonger cette nomenclature. — Il n'y a point de mots pour désigner l’art qui a pour objet la création des jardins et ceux qui exercent cet art : on est obligé de recourir à une expression composée; ce n’est que depuis peu qu’on en a trouvé une pour les artistes en jardins, et elle est impropre : on les appelle des architectes-paysagistes: dénomination qui convient tout au plus aux artistes en jardins depuis que les jardins sont ou ont la prétention d’être des paysages, mais qui n'a plus de sens ou qui est un contresens lorsqu’on parle des artistes d'il y a un siècle et demi ou deux siècles. Le Nôtre n'aurait point accepté la désignation de paysagiste; ce n’était pas non plus un architecte : il ne mit jamais deux pierres l’une sur l'autre ; c’était l’affaire de Mansart ou de Perrault. Qu’était donc le Nôtre? Il s'intitulait modestement jardinier. Il était pourtant bien quelque chose de plus !

Chose curieuse, et qu’on n’a point encore remarquée : l’art des jardins, cet art sans nom et sans place parmi les arts, est de tous le plus vigoureux, le plus florissant, le plus universellement goûté, recherché, et par conséquent cultivé. Je disais, en commençant, qu’il est bien difficile d'établir une classification des arts; aussi n'irai-je point prétendre que l’art des jardins soit le premier de tous : — je ne suis ni architecte, ni paysagiste, ni même jardinier. — Mais on voudra bien considérer que la supériorité n’est d'ordinaire que relative et dépend surtout du point de vue où l'on se place pour comparer entre elles les choses de même ordre. Cela posé, je veux bien que l’art des jardins soit inférieur à d'autres en ce qu'il exige une moindre puissance de cette faculté d'invention, de création, qui constitue le génie; il réclame peut-être aussi une vocation moins caractérisée, des aptitudes moins spéciales, enfin des études préparatoires moins ardues. Cela est soutenable, bien que, comme disent les casuistes, le contraire soit soutenable aussi. Mais ce qu’on ne saurait contester, c'est que l'art des jardins possède des avantages qui lui assurent sur tous les autres une supériorité au moins relative. Et il faut bien que cette supériorité soit considérable pour que, sans nul secours extérieur, il ait acquis dans le monde, dès les temps les plus reculés, l'universelle popularité que l’on sait; pour que seul de tous les arts il ait été partout également a’oûté et recherché des souverains et des sujets, des grands et des petits, des riches et des pauvres; pour que seul il ait été chanté, célébré, enseigné dans toutes les langues en prose et en vers; pour qu'il ait donné

naissance à une <r littérature » composée dïnnombrables volumes; pour que seul enfin il n'ait cessé de se développer au fur et à mesure des progrès de la civilisation.

Qu’on ne m’objecte pas qu’il en est de même de l’architecture. L’architecture, je l’ai déjà fait remarquer, bien qu’elle soit officiellement classée parmi les beaux-arts , appartient plutôt à la catégorie des arts utiles ; on peut même dire qu’elle est un art nécessaire; malgré cela, elle a reçu, elle reçoit encore de la part des princes et des États des encouragements et des faveurs qui n’ont jamais été donnés à l’art des jardins. Et il faut bien s’entendre sur le sens de ces mots d’encouragements et de faveurs. On encourage et l’on favorise un art ou une industrie lorsqu’on fait pour aider à sa conservation, à sa prospérité, des sacrifices qu’on ne fait point pour les autres; lorsqu’on crée pour son usage des institutions spéciales, lorsqu'on l'entoure enfin d’une sollicitude particulière. Eh bien, nul n’ignore qu’en France, — pour ne point parler des autres pays, — les <r beaux-arts » ont été, à toutes les époques et sous tous les régimes, l’objet d’encouragements et de faveurs de cette sorte. Les anciens rois se faisaient gloire de répandre leurs bienfaits sur les artistes comme sur les poètes, dont le talent c ajoutait à l’éclat de leur règne j>. La monarchie constitutionnelle, l’empire et la république n’ont point voulu rester, sous ce rapport, au-dessous de la royauté absolue. Non seulement ces gouvernements ont institué pour l’enseignement artistique de grandes écoles largement dotées, et pour les sujets qui se distinguent dans ces écoles des récompenses exceptionnelles, mais ils se sont fait allouer des crédits spéciaux pour des achats d’œuvres d’art, qui ne sont souvent que des secours honorablement octroyés aux artistes pauvres. Bien plus, l’État et les municipalités subventionnent des théâtres destinés à conserver les traditions de l’art dramatique , de l’art musical et même de la danse.

Nous avons vu que jamais l’art des jardins n’a reçu de semblables encouragements, de semblables faveurs. Cela, je le répète, ne l’a pas empêché d’arriver à un degré de prospérité, et j’ajouterai, de dignité, que tous les autres peuvent lui envier , de leur donner un éclatant exemple d’énergie et d’indépendance. Ce n’est pas sans doute que les gouvernements et les municipalités ne consacrent des sommes importantes à la création et à l’entretien de parcs et de jardins publics, et qu’ils ne contribuent ainsi pour beaucoup à la fortune des artistes en jardins et des horticulteurs; mais ils le font parce que les jardins sont de plus en plus un genre de luxe essentiellement populaire. Ils ne commandent pas un jardin comme ils commandent ou achètent un tableau ou une statue, pour <r encourager » le peintre où le sculpteur: ils commandent un jardin parce que le bien-être de la population le réclame. Ils ont besoin des artistes en jardins ; ceux-ci n’ont pas besoin d'eux : la clientèle ne leur manque point. Ils sont gens qui savent vivre de leur métier sans solliciter ni dons ni grâces. C’est là leur honneur et l’honneur du bel art qu’ils exercent.

Qu'il me soit permis d'attirer sur ces considérations , que je crois nouvelles,

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l'attention des hommes adonnés à l'élude de ce qu'on nomme les questions sociales : ils y trouveront, si je ne me trompe, un puissant argument en faveur de la doctrine des économistes , qui pensent que l’État n'a point à se mêler de «faire fleurir » les arts, les sciences et les lettres, — encore moins d'attirer vers les carrières artistiques, par l'appât de ses libéralités, ceux que leur astre, en naissant, n'a point formés artistes, — et que le progrès des arts ne s'obtient point par les privilèges et les largesses qui se distribuent dans les bureaux d’un ministère. Je me contente d'indiquer ce point de vue sans y insister.

Il ressort, je crois, de ce qui précède que s’il est des arts plus brillants que l’art des jardins, il n’en est point de plus estimables. Pourtant c’est bien un art de luxe; mais les jardins sont une sorte de luxe qui ne ressemble point aux autres; et je m’étonne que M. Henri Baudrillart, qui est un économiste en même temps qu’un moraliste et un esthéticien , n’en ait pas fait ressortir les caractères distinctifs dans sa belle Histoire du luxe l . L’art des jardins a maintenu à travers les âges sa vitalité et sa dignité; il a grandi avec la richesse, les lumières, la moralité des nations, parce qu’il répond à un besoin qui se répand et se développe précisément avec ces éléments essentiels de la civilisation; parce que si les jardins sont un luxe de prince et de grand seigneur, ils sont aussi un luxe de bourgeois et d’artisan, et de plus un luxe populaire, un luxe public; et s’il est vrai que luxe soit synonyme de superflu, on peut bien dire de ce superflu-là qu’il est, dans beaucoup de cas, le nécessaire. C’est, en tout cas, un luxe éminemment sain et bienfaisant, qui n a jamais corrompu ni ruiné personne. Chacun peut le proportionner à ses ressources, et rarement dépasse la mesure. C’est le luxe des honnêtes gens , des <r cœurs sensibles et purs » , comme on disait il y a cent ans; c’est le luxe de la famille. Le jardin privé et, à son défaut, le jardin public sont d’heureux et puissants dérivatifs des cabarets et autres mauvais lieux. Delille a défini les jardins « le luxe de l’agriculture î. Je ne sais trop comment il l’entendait; il me semble qu’il eût dit plus justement « l’agriculture de luxe » ; mais c’eût été ne rien dire. La vérité est que si le jardin est un luxe pour l’agriculteur, pour l’habitant de la campagne, c’en est un bien plus précieux, bien plus désirable pour l’habitant des villes. Ce luxe n’est malheureusement, pour la plupart des citadins, qu’un rêve, comme la propriété; les deux rêves, du reste, sont d’ordinaire inséparables, et n’en font qu’un. Une maison avec un jardin, voilà l’idéal. Et même, si la maison est une maison de campagne, elle n'est plus que l’accessoire : c’est le jardin qui est le principal. On rentre dans la maison le plus tard possible, et le matin on s’en échappe au premier rayon de soleil pour courir, errer ou s'asseoir dans le jardin. C'est le jardin qui devient, tant que durent les beaux jours,

1 Histoire du luxe privé et public depuis Vanliquité jusqu’à nos jours ; 4 vol. in-8°. Paris, 1880, librairie Hachette. Dans cet ouvrage, si complet d’ailleurs et si intéressant, M. Baudrillart parle à peine des jardins et de i art des jardins. Da ds le quatrième volume seulement il consacre quelques pages à la révolution qui, au xvin« siècle, fit abandonner le style symétrique pour le stvle pavsager.

le salon, le boudoir et la salle à manger. C'est l’objet de tous les soins de son heureux possesseur, la joie de tous ses habitants. Si vous allez pour la première fois faire visite à un ami en villégiature dans sa propriété, il vous dispensera probablement de parcourir les appartements de sa maison ou de son château, à moins quïl n’y ait réuni une collection de curiosités ou d’objets d’art dignes d’être montrés; mais à aucun prix il ne manquera de vous faire visiter son jardin, de vous en faire admirer toutes les beautés tant intérieures qu’extérieures. C’est ce qu’on appelle « le tour du propriétaire ».

Point de richesse, point de luxe, point de bien-être sans jardin. A défaut d’un jardin à la campagne, on en veut avoir un dans un faubourg; et si l’on est condamné à vivre dans une de ces grandes casernes où les familles se superposent par étages, c’est le balcon ou la terrasse qui devient un simulacre de jardin. Les moins favorisés se contentent d’une caisse ou de quelques pots de fleurs sur la fenêtre : c’est le jardin légendaire de Jenny l’ouvrière.

On a vu par le monde certains philanthropes, qu’on a nommés utopistes parce qu’ils passaient leur vie à bâtir des châteaux en Espagne, non pour eux, mais pour l’humanité. L’utopie et le château en Espagne sont d’admirables séjours, où l’on jouit de toutes les félicités imaginables, et qui ont seulement le défaut de n’exister en aucun lieu , — en Espagne peut-être moins qu’ailleurs. — Les honnêtes gens dont je parle ont donc construit sur le papier des cités idéales où les hommes, réunis sous les saintes lois de l’égalité et de la fraternité, doivent goûter une félicité parfaite. De vastes jardins savamment dessinés et richement plantés occupent la place d’honneur sur les plans de ces communes modèles, de ces phalanstères, dont les hôtes fortunés les cultiveront en chantant les hymnes de la Nature. C’est là qu’ils se reposeront de leurs travaux, et que, couronnés de fleurs, ils célébreront les fêtes de la famille et de la patrie nouvelle. J’affirmerais volontiers que la perspective de posséder un jardin, même en participation avec quelques centaines d’associés, a gagné aux écoles socialistes de nombreux adeptes parmi les malheureux plébéiens des grandes villes condamnés à vivre dans des logements sans air, sans lumière, sans soleil, et à entretenir furtivement sur le bord de leurs lucarnes un rosier et une giroflée. Si les bonnes gens des petites villes et les paysans ont été moins empressés à se raneer sous la bannière des réformateurs, c’est qu’ayant à eux des jardins qu’ils arrangent à leur guise, et au delà de ces jardins la campagne, ils se soucient médiocrement d’échanger de tels avantages contre les bienfaits de la communauté égalitaire ou de la phalange harmonienne.

Le prestige des jardins est tel, qu’il se fait sentir jusque dans les choses les plus ordinaires de la vie. Combien d’établissements publics ou privés qui, soit dit en passant, ne sont pas sans analogie avec les communautés et les phalanstères: — hospices, couvents, maisons de santé, de retraite ou d’éducation, casinos, pensions bourgeoises, hôtelleries, asiles ouverts à la douleur, à la piété, à la vieillesse, écoles pour l'enfance, lieux de repos pour

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les voyageurs ou de plaisir pour les oisifs et les viveurs de tout étage, et dont le principal mérite est de posséder un jardin !

Mais quoi! lorsque l'heure des adieux suprêmes a sonné, un dernier asile nous attend, et cet asile est encore un jardin : triste jardin, il est vrai, avec sa bigarrure de pierres blanches et de croix noires ombragées par les longs rameaux du saule pleureur et par la cime rigide des cyprès. D'autres arbres au port plus dégagé, au feuillage moins sombre, et les fleurs que des mains pieuses cultivent autour des tombeaux viennent cependant tempérer la mélancolie de cette austère décoration. Le soleil d'ailleurs y projette ses rayons; les oiseaux y chantent au printemps, les papillons y voltigent; les roses, les œillets et les violettes y mêlent leurs effluves embaumées à la senteur résineuse des arbres verts. Et lorsque ceux qui sont demeurés viennent apporter à ceux qui sont partis le tribut de leurs souvenirs et de leurs larmes, cet épanouissement de la vie sur la terre des morts les raffermit et les console. Ils se persuadent que quelque chose des êtres aimés qui dorment là a passé dans la sève des arbres et dans le parfum des fleurs; et le murmure du vent, le chant de l'oiseau, le frémissement de l'insecte leur semblent autant de voix qui disent : « La mort n’est qu’un vain fantôme; la vie est éternelle! »

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