‹ Histoire des JésuitesChapitre 23 sur 35 · VA H1ST0I1B · texte numérisé non relu

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les injures du temps, et Ta consolidée par de si forts appuis, qu'il a montré à la terre que toutes les choses du inonde ne sont pas la dépouille du temps ; mais que la Tertu ou la religion peut être tellement fortifiée, que même le cours des siècles ne semble pas la devoir corrompre, et que ce que Ton dit causer à toutes choses, ou une vieillesse flétrie, ou la mort, promet à la Compagnie on âge toujours vert, florissant ; une jeunesse continuelle qui l'empêchera de ressentir les effets de la révolution des années, le dépérissement et la décadence 1 »

En se donnant à eux-mêmes tous les éloges et les dons imaginables, les Jésuites prétendent ne pas pécher contre l'humilité, pour cette singulière raison , qu'en s'èxaltant, c'est Jésus-Christ qu'ils exaltent. Écoutons-les :

« II ne faut point que Ton soupçonne, ni que Ton craigne que nous ayons entrepris cet ouvrage par vanité, comme si nous avions eu pour but de nous y louer nousmêmes ; la Compagnie est l'ouvrage de Dieu seul, et non pas celui des hommes : nous célébrons l'ouvrage de Dieu. Me commande-t-il pas souvent qu'on le loue en ses ouvrages, et qu'on le relève le plus hautement qu'il est possible? •

Ce procédé, au moyen duquel les Jésuites prétendent pouvoir se louer sans blesser l'humilité, ne serait-il pas une des plus étranges inspirations de l'orgueil?

Tout le monde n'avait pas une aussi haute idée des Jésuites. Pendant leur premier siècle, on commença à les reconnaître dans un portrait peu flatteur connu sous le nom de Prophétie de sainte Hildegarde. On trouve cette pièce dans les Annales ecclésiastiques de Bzovius. Qu'elle soit ou non de sainte Hildegarde, qu'elle soit ou non une prophétie, peu importe. Ce qui est surtout intéressant pour

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l'histoire, c'est qu'on rappliquait aux Jésuites. Nos lecteurs nous sauront gré de la leur faire connaître.

« Il s'élèvera des gens qui s'engraisseront et se nourriront des péchés du peuple ; ils feront profession d'être du nombre des Mendiants ; ils se conduiront comme s'ils n'avaient ni honte ni pudeur; ils s'étudieront à inventeras nouveaux moyens de faire le mal : de sorte que cet Ordre pernicieux sera maudit des sages et de ceux qui seront fidèles à Jésus- Christ. Le diable enracinera dans leurs cœurs quatre vices principaux : la flatterie, dont ils se serviront pour attirer le monde à leur faire de grandes largesses ; l'envie, qui fera qu'ils ne pourront souffrir qu'on fasse du bien aux autres, et non à eux ; l'hypocrisie, qui les portera à user de dissimulation pour plaire aux autres; et la médisance, à laquelle ils auront recours pour se rendre plus recommandables en blâmant tous les autres. Us prêcheront sans cesse aux princes de l'Église sans dévotion, et sans qu'ils puissent produire aucun exemple d'un martyr véritable, afin de s'attirer les louanges des hommes et de séduire les simples. Ils raviront aux véritables pasteurs le droit qu'ils ont d'administrer aux peuples les sacrements. Ils enlèveront les aumônes aux pauvres, aux malheureux et aux infirmes; ils se mêleront pour cela parmi la populace; ils contracteront familiarité avec les femmes et leur apprendront à tromper leurs maris et à leur donner leur bien en cachette. Ils recevront librement toute sorte de biens mal acquis, en promettant de prier Dieu pour ceux qui les leur donneront ; voleurs de grands chemins, larrons, concussionnaires, usuriers, fornicateurs, adultères, hérétiques, schismatiques, apostats, soldats déréglés, marchands qui se parjurent, enfants de veuves, princes qui vivent contre la loi de Dieu, et généralement tous ceux que le démon engage dans une vie molle et li-

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