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QUATRIEME PARTIE

LES MENAGES D'ENFANTS I. — Les petits ustensiles servant de jouets dans l'antiquité.

Depuis la plus haute antiquité, on a eu l'idée de reproduire en diminutif, pour les enfants, les ustensiles de la vie réelle. Depuis que le monde est monde, cette coutume a prévalu, et dans les tombeaux des premiers chrétiens on a découvert, outre une grande variété de jouets, toute une série de ces petits objets que, depuis bien longtemps, on a qualifiés du nom de « ménages ».

Cette coutume de faire des petits ustensiles en métal pour amuser les enfants s'est conservée en France pendant tout le Moyen Age : Dans le savant ouvrage de M. Forgeais, Plombs liistoriés trouvés dans la Seine, il est plus d'une fois question de ces petits meubles en étain que l'on a quelquefois qualifiés d'amulettes ou d'enseignes de pèlerinage, mais qui étaient bien, en réalité, de véritables jouets d'enfants.

II. — Jouets divers fabriqués au Moyen Age avec la même terre que les ménages d'enfants»

On peut faire la même observation pour les jouets en terre qui devaient sortir des mains des mêmes artisans que les ménages d'enfants. Il faut tenir compte, en effet, de l'action prépondérante qu'exerçait l'influence religieuse : tout se rapportait alors aux choses du culte, et c'est une des raisons qui rendent si rares, au Moyen Age, les représentations de la vie civile. Volontiers, on donnait aux enfants, pour les distraire, de pieuses statuettes et le monogramme du Christ se retrouvait même sur les hochets destinés à l'amusement des nouveau-nés.

Nous devons à l'obligeante communication de M. Albert Figdor, les renseignements les plus précis sur ces jouets dont on aurait peine à retrouver des spécimens, même dans nos musées nationaux. Dans les fouilles qui ont été pratiquées à Quarré-les-Tombes, chef-lieu de canton de l'Yonne (1), on a mis à jour des tombeaux d'enfants qui contenaient toute une série de ces objets (2); nous citerons entre autres trois frag-

(1) Arrondissement d'Avallon, dont il n'est distant que de 18 kilomètres.

(2) Ils dépendent maintenant de la collection de M. Albert Figdor.

ments de statuettes représentant l'Enfant-Jésus qui porte, soit le Momie crucifère, soit un emblème qui semble être la colombe personnifiant l'Esprit-Saint. Notons également une curieuse petite pièce qui représente le Fils de la Vierge dans son berceau, la tête appuyée sur un coussin et soutenant de sa main gauche un globe surmonté d'une croix.

Outre ces objets de piété, on a trouvé, au même endroit, quelques sujets en terre qui reutreut plutôt dans le domaine de la fantaisie : telle est cette figure de fou, d'un style vraiment cbarmant et qui, avec son bonnet à grelots, rappelle tout à fait les représentations que l'on rencontre dans les manuscrits du quinzième siècle ; ce petit personnage tient à la main une marotte qui semble être sa vivante image.

Enfin il ne faut pas oublier de mentionner ce cavalier monté sur un cheval à l'allure massive; il porte au bras droit un trou indiquant que ce jouet devait être suspendu au-dessus du berceau de l'enfant qui, pendant tant de siècles, a reposé en paix dans la nécropole de Quarréles-Tombes.

III. — Bibelots, iti m in lois et Bi-imbillcttcs du douzième au dix-huitiéme siècle.

Au douzième siècle, on désignait sous le nom de Beubelct l'ensemble de tous ces petits objets fabriqués en étain qui, à partir du seizième, sont désignés d'une manière courante sous le nom de « bibelots ou bimbelots ».

L'acception de ce mot doit être entendue dans le sens de petit ménage, c'est-à-dire la réunion de vases et ustensiles faits pour amuser les enfants, à l'imitation des pièces de service en usage dans une maison bien montée.

Au dix-septième siècle, daus le Dictionnaire des antiquités de Borel, aux mots « bimbelots, brimbillettes », on donne comme définition: « babioles, jouets d'enfants, d'où vient bimbelotier, marchand de brimbillettes, du latin bimba qui signifie poupée ».

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