‹ Histoire des jouetsChapitre 116 sur 236 · III. — Une crèche de 1744 à l'Exposition de · texte numérisé non relu

III. — Une crèche de 1744 à l'Exposition de

Eu Allemagne, du côté de Nuremberg, on n'a pas manqué de repré-

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senter des Nativités au moyen de personnages en bois. Nous avons été assez heureux pour retrouver, à Nancy, toute une série de ces petits personnages qui ont certes dû sortir des mains de quelque ingénieux artisan

LES PLAlSiliS DE LENKANCE

d'après une vignette du premier Empihe.

allemand. Ces poupées germaniques diffèrent essentiellement des poupées italiennes, en ce qu'elles sont traitées d'une manière beaucoup moins artistique, mais d'une façon qui se rapproche davantage du jouet, ce qui, pour nous, présente un intérêt sensiblement plus considérable. Les pieds et les mains de ces marionnettes religieuses ont un développement qui dénote d'une manière irréfutable leur origine teutonne ; la

tète ne manque certes pas de caractère, mais on ne saurait leur reprocher d'avoir un caractère trop angélique et trop éthéré.

Nous pouvons assigner une date certaine à ces poupées de bois, puisque l'on trouve la date de 1744 gravée d'une manière parfaitement lisible sur la semelle d'un des personnages. Toutes ces poupées sont d'une taille beaucoup plus élevée que leurs congénères napolitaines et elles atteignent toutes, d'une manière à peu près égale, une hauteur de 75 centimètres.

Si nous passons maintenant à la description de la scène, nous voyons saint Joseph et la Vierge Marie agenouillés devant le berceau de. l'Enfant Jésus. Ces deux personnages portent les vêtements de riches bourgeois de l'époque, et tous les détails du costume ont été scrupuleusement exécutés ; il ne manque à l'habit de saint Joseph ni un bouton ni aucun des agréments qui étaient alors à la mode, on lui a même orné la poitrine d'un riche jabot en dentelle et son pantalon, serré au genou, est maintenu par une élégante petite boucle d'acier.

Le costume de la Vierge, qui est d'une grande richesse, est en soie brochée couleur gorge de pigeon et il est recouvert d'une sorte de gaze dorée d'un très heureux effet. Les autres personnages de la scène portent des costumes de fantaisie destinés, dans l'esprit de l'habile couturier qui les a confectionnés, à reproduire les costumes des Rois Mages sur lesquels il ne devait avoir que des données plutôt insuffisantes. Au dernier plan se tiennent les bergers, facilement reconnaissables, à la longue robe de bure et à la peau d'agneau qui recouvre leurs épaules. Tous les personnages de cette scène sont exécutés avec un soin remarquable; au point de vue de la structure intérieure, tous les membres sont articulés au moyen de noix peraiettant de leur faire prendre toutes les positions que l'on juge à propos de leur donner.

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