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LES SOLDATS DE PLOMB

— Les soldats de plomb chez les Romains.

e genre de petits jouets en plomb a été connu des Romains et, quoique les exemples qui sont parvenus jusqu'à nous ne soient pas nombreux, il parait probable, cependant, que dès cette époque on fabriquait, pour l'amusement des enfants, des petites figurines en métal moulé.

Un des plus curieux exemples que l'on en puisse citer, est le petit César à cheval qui fut découvert dans un tombeau de Pesaro. D'autre part, on a trouvé à Rossege en

Carinthie un cavalier de plomb monté sur une terrasse, qui semblerait bien avoir appartenu à la catégorie de ce que nous appelons aujourd'hui les soldats de plomb ; on ne saurait cependant se montrer absolument afïïrmatif sur ces différentes figurines, car il est bien difficile défaillir une distinction entre le cavalier du jeu d'échecs et les soldats à cheval servant à amuser les enfants.

II. — Soldats de plomb et enseignes de pèlerinage an Moyen Age.

Pour le Moyen Age, on cite différents objets qui rentrent dans cette catégorie : telles sont les figures de saint Georges et de saint Martin, la représentation de la fuite en Egypte et autres menus sujets qui sont autant des enseignes de pèlerinage que des jouets proprement dits.

Pour tous ces petits diminutifs en plomb, il nous paraît du reste

CAVALIER EN" PLOMB DU XIII» SIÈCLE (Collection Meyehs.)

rationnel d'admettre la même théorie que M. Paul d'Estrée a développée dans son article sur la fabrication des jouets à bon marché à Notre- Dame de Liesse.

Il est en effet bien évident que dans les lieux de pèlerinage, où les familles ne manquaient pas de venir au grand complet en amenant leurs enfants, les fabricants, ayant pour les parents des représentations d'objets

saints, ne manquaient pas de tenir leur boutique bien achalandée en futilités diverses pour les enfants.

La plus ancienne et la plus incontestable représentation de soldats de plomb que l'on possède est un curieux cavalier qui remonte à la fin du treizième siècle; il faisait autrefois partie du cabinet de feu M. le professeur Serrure et il avait été acquis par le lieutenant général Meyers, qui l'a reproduit dans le catalogue de sa collection, publié à Bruxelles en 1877.

UN CAVALIER DU .MOYEN AGE TRAITE EN SOLDAT DE PLOMB (Collection de M. Victor Gav. — \\\e siècle.)

Cette pièce, que l'on peut considérer comme une représentation à peu près unique des jouets d'enfants du temps de saint Louis, figure un chevalier bardé de fer, courant à bride abattue pour mériter le prix du tournoi. Il est, en effet, évident qu'à cette époque du Moyen Age, pour entretenir chez les enfants le sentiment des nobles traditions chevaleresques, on leur donnait de préférence, comme jouets, des reproductions de ces luttes en champs clos qui étaient le passe-temps favori de leurs parents. Cet apprentissage de la guerre était considéré comme une des plus utiles leçons que l'on puisse inculquer à l'adolescence, et cette manière d'envisager la vie était bien en rapport avec l'esprit des Croisés.

Ce petit soldat de plomb est représenté sous ses deux faces, et toutes les pièces de l'armure et du harnachement sont indiquées par des lignes d'un dessin vigoureux; les étoffes sont reproduites par une sorte de quadrillé que la fonte du plomb a encore accentué davantage. Il mesure 6 centimètres de hauteur et devait, à l'origine, reposer sur une petite terrasse qui se trouve aujourd'hui repliée le long des jambes du cheval.

On peut rapprocher de ce curieux spécimen le petit homme d'armes à cheval qui faisait partie de la collection de M. Victor Gay et publié par lui dans son Glossaire archéologique . C'est un cavalier couvert d'une riche armure, dont la tète est protégée par un casque conique ; de son

bras droit il tient une lance, tandis qu'un large bouclier protège le côté gauche. On remarquera le soin avec lequel est dessinée la terrasse servant à supporter ce petit groupe ; l'artisan a pris soin de la découper de manière à représenter un double ornement quadrilobé, sur lequel reposent les pieds du cheval.

Nous possédons des données absolument certaines sur ces anciens

SOLDATS DE CARTE, d'après une image populaire du début du iièone de Louis XV.

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