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OFFICIERS DES CARDES FRANÇAISES

(Collection de M. François Carnot.)

jeux d'armes qui ont servi à exercer les fils des preux chevaliers du Moyen Age. Il existe, en effet, à Vienne, dans une des vitrines du Musée Impérial, deux jouets d'enfants qui remontent à la seconde moitié du quinzième siècle. Le catalogue (numéros 33 et 44) explique que ces deux petits cavaliers représentent des chevaliers harnachés pour un tournoi ; chacune des pièces, en bronze fondu, est montée sur roulettes et disposée de façon à donner l'illusion d'un jouet véritable : une cordelette de chanvre permettait de lancer les adversaires l'un contre l'autre avec une force telle, que les lances volaient en éclats pour la plus grande joie de la jeune assistance qui regardait ce combat héroïque (I).

III. — Louis XIII et les petits hommes de plomb dressés sur la table percée^

Ces anciens exemples de jouets militaires en étain sont rares, et il faut arriver jusqu'au dix-septième siècle pour trouver des mentions détaillées sur la manière dont étaient établies les petites armées servant à l'amusement des princes. Dans les mémoires d'Héroard, on voit que Louis XIII enfant reçut des jouets en argent qui peuvent être considérés comme les prototypes des soldats de plomb actuels.

(1) Tous les documents contenus dans cet article nous ont été communiqués par M. Albert Figdor; nous sommes heureux de remercier ici cet érudit collectionneur et nous avons reproduit intégralement les renseignements qu'il a si heureusement recueillis pour notre travail.

En 1606, on donne au futur roi de France « un trompette turc à cheval » , puis, quelques jours plus tard, « un cheval noir et un gendarme dessus ». La même année, nous voyons le jeune prince remplir le rôle de grand maître de l'artillerie : « Mené au jardin, il fait attacher son » canon d'argent avec une jarretière et la jarretière au derrière de la » ceinture de son tablier et se promène, la faisant rouler après lui »..

SOLDATS DE CARTE, d'après une image populaire dit début du règne de Louis XV.

ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL ET ÉTAT-MAJOR DES TROUPES D'iNFANTERIE

(Collection de il. Henry D'Allemagne.)

En 1610, nous trouvons, toujours dans le même document, la mention absolument évidente de l'emploi des soldats de plomb pour l'amusement du jeune roi : « 11 envoie quérir ses petits hommes de plomb, en dresse des escadrons sur la table percée ». Puis : « Il s'amuse à mettre en diverses figures de bataillons ses hommes de plomb » .

Une armée de soldats en argent de 50000 écus.

La plus remarquable armée en métal destinée à servir de jouet à un enfant est évidemment ceUe qui fut établie en 1650, pour apprendre à Louis XIV, à peine âgé de 12 ans, l'art de faire manœuvrer les troupes.

Deux artistes de grand talent s'associèrent pour mener à bonne fin cette œuvre considérable; un sculpteur de Nancy, Georges Chassel, créa tous les modèles, cavalerie, infanterie, sans oublier les machines de • guerre, et celte armée en miniature fut exécutée par l'orfèvre N. Merlin, avec un soin et une perfection remarquables.

L'ensemble de ces troupes, ainsi qu'il est dit dans le Voyage de Lister à Pa?is, remplissait une quantité de boîtes et ne coûta pas moins de cinquante mille écus.

C'est probablement à cette armée de soldats en argent qu'il est fait allusion dans la Muse de Cour par Perdon de Subligny; l'auteur nous parle de divers mouvements exécutés par ces braves guerriers qui

n'étaient cependant pas des automates., et il ne faut voir dans cette description qu'une certaine emphase poétique :

On ne s'entretient à Paris

Que d'une machine sans pris

Qui vous vient, dit-on, d'Allemagne;

On dit que par certain ressort

Elle fait voir une campagne,

Des lignes, des fossez, un fort,

Une armée en bataille et lanlost défilée,

Diverses actions de dilférens soldats,

El mesme ordre et mesme embarras

Qu'il se voit dans une mêlée

Que ces soldats d'argent massif, L'un sur un beau cheval qui se montre rétif, L'autre sur un qui court ou sur un qui se cabre,

Tenant avec grâce à la main

Ou le pistolet ou le sabre, Paraissent animez d'un mouvement humain.

Vous ne trouvez plus de délices,

A ce qu'on dit, depuis le jour

Que ces beaux soldats sont en cour,

Que dans leurs petits exercices ;

Tous les courtisans sont charmez De vous voir commander ces nouveaux armez Et de l'ordre qui part déjà de vostre tesLe Pour les faire marcher au combat qui s'apreste.

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