D'APRÈS UNE IMAGE P0PULAII1E DE L'ÉPOQUE
« Grand Poulot », marche à la tète des soldats de bois; il est monté sur un cheval probablement fabriqué à Notre-Dame de Liesse et s'élance à l'assaut de la ville d'Anvers, figurée par de petites maisons en bois peint, telles qu'on eu vendait à cette époque dans les boîtes de jouets qui étaient données aux enfants.
Au-dessus de la tète du duc d'Orléans, le dessinateur a marqué une toise pour bien indiquer que les projectiles venant de la place assiégée passaient au moins à six pieds au-dessus de sa tète. Dans le texte qui accompagne cette pièce satirique, le chroniqueur du journal la Caricature se défend d'avoir voulu tourner en ridicule l'armée, déclarant qu'il a voulu seulement atteindre le gouvernement qu'il ue jugeait pas à la hauteur de la situation.
Les étrangers n'ont pas manqué d'employer ce mode de caricature pour railler les généraux malheureux ; c'est ainsi que les Italiens ont représenté un messager croate sous les traits d'un véritable croquemitaine coiffé de l'aigle à deux tètes et le front garni d'une redoutable paire de cornes ; d'une enjambée formidable, il franchit le détroit et va porter à Radetzky des troupes fraîches sous forme de soldats de bois qu'il a entassés dans ses bottes, dans sa musette, et dont il porte un plein panier sur l'épaule.
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