‹ Histoire des jouetsChapitre 175 sur 236 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Les automates

Les automates ont-ils été connus des anciens? C'est, là un point contestable qu'il est bien difficile de préciser maintenant, car il faut tenir compte de l'amplification que prend toute chose quand elle passe de bouche en bouche. En effet, avant d'être fixée dans les mémoires des écrivains, la tradition n'a, pendant de longues années, d'autre moyen de se transmettre : ainsi, à l'origine, les statues de Dédale arrachèrent à Anacréon cette exclamation : « Allons, cire, tu vas parler. » Les Grecs, émerveillés, s'écrièrent : « Elles vont marcher », et les générations suivantes n'ont pas manqué de dire que ces figures se seraient mises à courir si elles n'avaient été chargées de liens.

Le Dictionnaire des origines cite Archytas de Tarente, vers l'an 408 avant Jésus-Christ, qui parle d'un automate avec un peu plus de vraisemblance : c'était un pigeon qui s'élevait dans l'air et s'y maintenait pendant assez longtemps; arrivé à la fin de sa course, il s'abattait sans effort sur le sol, mais il est fort possible que ce miraculeux oiseau n'ait été qu'un cerf-volant ingénieusement combiné.

I. — La tète parlante eonstruite par Albert le Grand au eommeiieemeiit du treizième sièele.

Au Moyen Age, on cite la fameuse tête parlante qui aurait été construite par Albert le Grand, évêque de Ratisbonne, au treizième siècle; Thomas d'Aquin, disciple de l'illustre savant, considérant cette invention comme une œuvre du démon, la brisa à coups de bâton, et, en voyant ce désastre, le grand docteur s'écria : « Ainsi périt trente années de travail. »

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