DANSEUSE AUTOMATIQUE
COLLECTION DE M. DE BkUCK (XVIIl0 SIÈCLE).
('■choc et mat, on pouvait voir ses lèvres s'agiter et ou entendait une sorte de grincement rauqne qui indiquait la fin de la partie.
In jour, en Allemagne, le mannequin courut un grand danger; il se trouvait daus une ville en concurrence avec un fameux prestidigitateur, dont il était parvenu à accaparer presque, tonte la clientèle. Le faiseur de tours, pour ruiner son rival, entra un jour au moment de la représentation et cria de toutes ses forces : « Au feu! au feu! »; on vit alors l'automate faire des mouvements désespérés et oublier complètement son rôle : l'exhibitenr n'eut que le temps de placer la machine derrière un rideau pour éviter uue catastrophe.
A la suite de cet incident eut lien un procès dans lequel on dut dévoiler devant le juge en quoi consistait la manœuvre de l'automate. Le baron, pour expliquer le mystère, ouvrit à la fois les deux portes du buffet servant de socle à la statue animée, et on put voir, tranquillement assis sur un petit banc à roulettes, un véritable joueur d'échecs qui, au moyen d'un échiquier de voyage, suivait la partie et n'avait d'autre préoccupation que celle d'actionner les leviers destinés à faire mouvoir les pièces de l'échiquier placé à l'extérieur. 11 pouvait se rendre compte de la partie qui se déroulait à la vue du public, au moyen d'une table aimantée indiquant les coups que venait de jouer l'adversaire de l'automate.
Cette machine merveilleuse fut achetée par le grand Frédéric et elle resta à Berlin, où au bout de quelques années elle ne tarda pas à tomber dans l'oubli.
Napoléon, dans un des séjours que la victoire lui fit faire à Berlin, opéra en quelque sorte la résurrection de l'automate et éprouva, dit-on, un vif dépit de n'avoir pu triompher de la machine.
Depuis cette époque, l'automate retrouva son ancienne splendeur et on le produisit de nouveau de ville en ville. Vers 1825, un certain M. Maelzel, s'en étant rendu acquéreur, le montra à Paris et à Londres, où il excita au plus haut point la curiosité publique.