‹ Histoire des jouetsChapitre 198 sur 236 · COLLECTION DE M. HENRY D'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

COLLECTION DE M. HENRY D'ALLEMAGNE

Toutefois, si habile que fût Francizin, il ne put avoir un succès égal à celui de Jean Brioché ou Briocci, qui joignait à sa qualité d'imprésario celle d'arracheur de dents, et il ne semble pas que le cumul de deux professions ait présenté pour lui le moindre inconvénient.

Per te il riy a plus â\e ilanza fax jettt Mar.TO.ot ! LE MONTREUR DE MARIONNETTES AMBULANT

Dans les dépenses de menus plaisirs du roi, on voit qu'en 1669,

Louis XIV fit venir à Saint-Germain-en-Laye le célèbre artiste : on lit,

en effet, dans les registres :

A Jean Brioché, joueur de marionnelles, pourle séjour qu'il a fait à Saint-Germain-en-Laye pendant les mois de septembre, octobre et novembre 1669, pour divertir les enfants de France, 1 365 livres.

Cette mention, ainsi que la suivante, proviennent des papiers de Colbcrt conservés à la Bibliothèque nationale.

Brioché avait été précédé à la cour par un autre maître de marionnettes, François Daitelin, qui avait obtenu, dès 1657, une permission du lieutenant civil pour montrer ses poupées à la foire de Saint-Germain :

A François Pailelin. joueur de marionnettes, pour le paiement de cinquante-six journées qu'il a demeurés à Saint- Germain-en-Laye pour divertir Mgr le Dauphin, à raison de 20 livres par jour, depuis le 17 juillet jusqu'au 15 août 1669, et de la livres par jour, pendant les derniers jours dudlt mois. 820 livres.

Antoine Hamilton, daus une lettre adressée à la fille de Jacques II,

décrivant la l'été patronale de Saint-Germain-en-Laye, raconte qu'il

trouva tons les habitants de cette ville et du Pecq sortant du spectacle :

Blanchisseuses et soubrettes.

Du dimanche dans leurs babils.

Avec les laquais leurs amis (Car blanchisseuses sont coquettes .

Venoienl de voir ajuste prix.

La troupe des marionnettes, Pour trois sols et quelques deniers On leur fit voir, non sans machine.

L'enlèvement de Proserpine.

Le second Brioché. François. Fanchon ou Faulichon, comme l'appelait

familièrement le peuple de

Paris, fut successeur de Jean Brioché et plus célèbre encore que son père, immortalisé par Boileau dans l'épître adressée à Racine (1667) :

Et non loin de la place où Brioché [préside

Cette place était située à L'extrémité nord de la rue Guénégaud alors nouvellement bâtie.

La gloire de Brioché s*est perpétuée pendant tout le dixhuitième siècle, et, dans une sorte de résumé du Mercure galant, intitulé « La nouvelle Bigarure ». nous trouvons, au mois de mars 1754, le compte rendu d'une pièce jouée par les comédiens italiens avant leur départ pour Fontainebleau. Ce spectacle était une petite parodie de Tacte de Pygmalion et était intitulé : Brioché ou l'origine des marionnettes » par Gaubier, ancien valet de chambre du Roi.

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